Stillbirth, Destruction, Coffin Feeder, Wolfheart, Brutal Shincter, Whiplash, Before the Dawn, Demonical, Ante Inferno, Asagraum, Abduction, Enforcer, Hats Barn, Crisix, Räum, Pestifer
La Ferme du Biéreau, Louvain-la-Neuve (BE)
Date 4 novembre 2023
Chroniqueur Oli de Wacken
Photographe Paul Collin
https://www.facebook.com/massdeathtructionfestival

Il revient l’honneur aux Liégeois de Pestifer, valeur sûre du death metal technique belge, d’ouvrir ce Mass Death’ 2023, devant un public déjà conséquent. Forts de trois albums et d’un récent EP, Defeat of the Nemesis, paru en avril 2023, ils n’ont eu aucun mal à satisfaire une assistance de connaisseurs.

Liège est décidément à la fête, puisqu’à Pestifer succède un nouveau venu dans la sphère métallique de la Cité Ardente, Räum, qui montre une belle maturité sur scène et dont le post-black-metal solide et intense nous délivre une belle claque. Il est clair que des prestations scéniques telles que celle d’aujourd’hui, soutenant l’album Cursed by the Crown, ne peuvent que très vite ouvrir des portes à ce groupe déjà prometteur.

Il est remarquable qu’au Mass Death’, tous les sets — à l’exception, évidemment, de celui de la tête d’affiche, plus long — présentent des durées à peu près similaires d’environ quarante-cinq minutes, plutôt que croissantes en fonction de l’horaire. Cette volonté manifeste est louable et appréciable, mais peut s’avérer frustrante par moments. Cela est le cas à l’occasion du concert de Crisix, valeur jadis montante, aujourd’hui clairement établie, de la vague rétro-thrash, qui met tout le monde d’accord, mais qui semble passer tellement vite qu’on n’a pas le temps de dire « ouf » ni d’en profiter.

En ce qui concerne la suite, prenez le paragraphe précédent, remplacez le nom de Crisix par celui d’Enforcer et « thrash » par « heavy », et vous obtenez ce que je n’ai ainsi pas besoin d’écrire.

Fantastique groupe qu’est Before the Dawn ! Nous vous en parlions il y a quelque temps dans notre interview. L’album Stormbringers, dont il était notamment question, est dans les bacs, et deux extraits en seront joués : Downhearted et Chains. Before the Dawn possède deux atouts majeurs : tout d’abord, son death mélodique développe des ambiances souvent éloignées de celles que l’on retrouve dans les standards habituels d’un genre parfois générique et encore et toujours revisité. On peut avoir l’impression, par moments, de voyager dans le cosmos… mais plutôt aux alentours d’un trou noir inquiétant que dans la lumière bienfaisante d’étoiles étincelantes. Ensuite, la voix du nouveau vocaliste, Paavo Laapotti, émet des sons quasi-féminins durant les passages en chant clair, procurant à l’ensemble une touche étonnante qui renforce encore l’identité musicale du groupe et procure un plaisir d’écoute inoubliable. L’un des meilleurs concerts du fest !

Côté déception, car il faut bien qu’il y en ait une, parlons de Wolfheart. Le mixage sonore est horrible, en ce sens que les guitares sont inaudibles pendant la majeure partie du concert. L’une des deux se « réveillera » quand même sur le tard, mais le mal est fait. Ce préjudice sonore empêche la musique des Finlandais de prendre toute son ampleur et le spectateur, son plaisir. Wolfheart était privé d’un guitariste et de son batteur, absents temporairement pour raisons de santé et tous deux remplacés au pied levé ; ceci explique-t-il cela ?

Ce qui caractérise le Mass Death’, c’est aussi la place accordée au grindcore sur l’affiche. Troisième combo liégeois à l’affiche, Brutal Sphincter nous emballe avec son death/grind potache mais très bien exécuté, et on se marre un peu lorsque Major Diarrhea — à moins qu’il ne s’agisse de GG Stalin ? —, en tout cas l’un des deux vocalistes, nous demande de démarrer un circle pit, non pas dans, mais autour du parterre. C’est ainsi que l’on se retrouve avec tous les gueux, immobiles, au centre de la salle, pendant que les joyeux drilles tournent autour. Poilant.

Place à Destruction, qui remplit à merveille son rôle de tête d’affiche. En effet, si le groupe enchaîne les sorties discographiques sans plus beaucoup d’éclat, force est de constater qu’il demeure une sacrée machine de guerre sur les planches. Les titres les plus récents comme les classiques des 80’s passent sans problème, qui plus est Schmier a eu deux excellentes idées en 2019 : refaire de Destruction un quatuor, ce qui étoffe considérablement le son en live, et recruter le guitariste lead Damir Eskić, dont les capacités techniques ainsi que la présence scénique offrent de réelles plus-values.

Voici qui clôt notre Mass Deathtruction 2023, au bilan plus que positif, car nous devrons faire l’impasse sur le concert de Stillbirth proposé en after-party.

Räum

 

Crisix

Hats Barn

Enforcer

Abduction

Asagraum

Ante Inferno

Demonical

Before the Dawn

Whiplash

Brutal Sphincter

Wolfheart

Coffin Feeder

Destruction