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L’album s’ouvre sur une courte intro débouchant sur From the Past Comes the Storms, un titre agressif et dynamique qui, avant même d’avoir montré toute son intensité, donne envie de secouer la tête. Le morceau montre toute l’étendue du talent des frères Cavalera. Il y a un petit solo de guitare qui vient chatouiller les tympans entre deux riffs tout ce qu’il y a de plus « cavaleresque ».
S’ensuit To the Wall, un morceau bien rythmé qui se termine avec un long passage instrumental donnant une impression de chaos. Ce qui change de d’habitude, c’est que le suivant, Escape to the Void, commence par un tout petit solo, comme si les deux formaient une seule et même plage. Pourtant, une fois entamé, Escape to the Void est une bombe explosant directement aux tympans de l’auditeur, lui laissant le temps de profiter d’un solo de guitare endiablé avant d’entendre une réplique du solo à laquelle on rajoute encore un soupçon de puissance.
Le titre suivant, Inquisition Symphony, démarre par une instrumentation longue et angoissante qui se répète en boucle et, à chaque répétition, quelque chose vient s’ajouter jusqu’à ce que l’angoisse devienne de l’émerveillement devant un superbe morceau instrumental de plus de sept minutes. Je dois dire que ce réenregistrement permet de découvrir ou redécouvrir les morceaux de Schizophrenia avec une touche de modernité et un son excellent. Le tout reste dans l’esprit de ce que Sepultura avait fait presque trente ans auparavant.
Screams Behind the Shadows contraste avec la mélodie du titre précédent. Il est supersonique, puissant, très thrash metal. Dans la même optique, Sceptic Schizo détruit tout sur son passage. Les frères Cavalera n’ont rien perdu de leur rage d’antan ni de leur talent, bien au contraire.
Le dernier titre réenregistré est R.I.P. (Rest in Pain). Il est encore plus puissant que les autres, hyper intense, violent, méchant… quel bonheur ! Comme le veut la tradition, initiée à l’occasion des réenregistrements de l’EP Bestial Devastation et de Morbid Visions, il y a une chanson inédite qui clôt l’album. Celle-ci s’appelle Nightmares of Delirium, dont les paroles ont été écrites par Igor Amadeus Cavalera Jr, le fils de Max Cavalera et le bassiste live du groupe. Si je n’avais pas été au courant qu’il s’agissait d’une nouvelle composition, j’aurais cru que c’était une ancienne, réenregistrée comme les autres. Elle ne détonne pas du reste.
Dans l’ensemble, l’album est excellent. Il méritait effectivement un petit coup de jeune. Rien qu’en regardant la pochette, on peut sentir que l’album a perdu vingt ans d’âge, et ce, grâce à l’excellent Eliran Kantor. Le son est d’une super qualité : la basse claque, les guitares sonnent du tonnerre, la batterie est au top (avec Igor Cavalera à la baguette, il ne pouvait en être autrement). La plus grosse différence entre l’ancienne et la nouvelle version se situe au niveau du chant. La voix de Max s’est posée, elle est mieux maîtrisée. Je recommande chaudement l’écoute de ce petit bijou autant aux fans de la première heure qu’aux plus jeunes qui voudraient découvrir ce que faisaient les frères Cavalera dans les années 80.