Bonjour Xavier, un plaisir pour nous de t’avoir chez nous !

Tu es un artiste accompli qui touche à de nombreux domaines, notamment la peinture, la poésie, en plus d’être compositeur-interprète…. As-tu quelques moments pour dormir ? Comment organises-tu ton emploi du temps ?

Bonjour, effectivement j’ai beaucoup d’inspiration et j’en profite pour composer et créer au maximum, je travaille beaucoup, effectivement, mais c’est tellement passionnant. Je travaille d’ailleurs souvent sur plusieurs projets en même temps. Je te rassure, je garde un peu de temps pour dormir et pour la vie de famille. Je travaille à n’importe quel moment de la journée, le matin, l’après-midi, le soir, la nuit. Peu importe du moment que l’inspiration est là, c’est ce qui est génial à notre époque par rapport au siècle précédent, c’est qu’on a accès à son studio 24h/24 7j/7, autant en profiter.

Ton nouvel album sorti le 9 juillet dernier, Earthscapes (chronique à paraître sur Metal Alliance Mag), est complètement “Made in Xavier Boscher”, dans le sens où tu as tout fait de A à Z, y compris, je crois, la pochette. Félicitations, combien de temps cela t’a-t-il pris, de l’écriture à la sortie ?

J’ai effectivement tout fait, seule la pochette a été réalisée en duo avec mon fils Andréa. Généralement, un album prend environ six mois en tout, parfois plus, parfois moins, environ trois mois pour l’écriture et l’enregistrement et deux mois pour le mixage, car je m’y prends à plusieurs fois par perfectionnisme et aussi pour garder assez de recul. Le dernier mois étant généralement dédié à la finalisation, mastering, mise en place, distribution, promotion etc…

Comment travailles-tu l’écriture de tes albums, notamment celui qui vient de sortir ?As-tu un fil conducteur ou prends-tu ta guitare et… c’est parti ?

J’aime beaucoup ouvrir une session, prendre ma guitare et partir de rien, voir où cela me mène. J’accumule beaucoup de matériel car souvent j’évince tel ou tel titre qui ne correspond pas au fil conducteur de l’album, parfois je retravaille un morceau qui pourrait fonctionner et parfois j’en crée de nouveaux pour qu’ils collent à l’ambiance de l’album.

Les pochettes de tes deux derniers albums solos sont très aquatiques, colorées, c’est original et plaisant à l’oeil, d’où te vient cette inspiration ?

J’adore les couleurs et le graphisme, j’ai travaillé avec bon nombre de graphistes par le passé et honnêtement ils ont tous fait du super boulot, mon artiste préféré est Aurélien Maccarelli (https://theartofkingg.wixsite.com/website) mais j’avais besoin de trouver une touche unique pour ma musique et être totalement indépendant sur cette question, pour pouvoir créer des graphismes qui fonctionnent pleinement avec ma musique et surtout en quantité suffisante pour assurer les sorties. Je me suis mis à peindre il y a quelques mois et j’adore ça, il y a un côté organique incroyable. La production musicale ou l’écriture sont tellement focalisées sur ordinateur que ça devient un luxe de pouvoir créer à l’ancienne avec des tubes de peinture, des pinceaux et une toile…

Lorsque j’écoute tes albums studios et notamment ton dernier-né, je ne peux m’empêcher de penser à un certain Satriani, je me fais une idée ou cette légende est une influence musicale majeure ? Peux-tu nous parler de tes influences, que ce soit en tant que musicien ou producteur ?

Oui c’est une influence, c’est un de mes guitaristes préférés, qui a su créer une musique instrumentale à la fois mélodique et technique et il influence beaucoup de guitaristes. Même si c’est un compliment, je trouve cela assez réducteur car si effectivement on peut trouver des ressemblances de mon jeu de guitare avec Satriani, ma musique possède des caractéristiques souvent bien différentes par rapport à la musique de Joe, mes premiers albums solos sont très ambient, mon dixième album Embryogenesis est lui très axé sur un Metal progressif symphonique… Parmi mes autres influences guitaristiques, on peut citer Marty Friedman, Plini, Per Nilsson, John Petrucci, Steve Vai, Buckethead, Paul Masvidal, Steve Lukather, Steve Morse, Shawn Lane, Chuck Schuldiner et tant d’autres. D’autres musiciens m’inspirent énormément même si c’est moins direct comme Miles Davis, Richard Wagner, Giuseppe Verdi, Giacomo Puccini, Prince, Michel Berger, Michael Jackson et beaucoup d’autres. Parmi les producteurs, je suis très fan des mix que font Adam « Nolly » Getgood, Jens Bogren, Andy Sneap ou encore Chris Lord-Alge.

Pour ma part, je t’ai découvert avec Misanthrope, sur l’album Misanthrope Immortel, l’un de mes premiers pas dans le Metal extrême. J’ai littéralement limé l’album et apprécié son côté mélodieux et puissant. Depuis, tu as évolué vers un style plus posé. Quel a été ton parcours musical depuis ?

Merci, effectivement Misanthrope Immortel a été un véritable tremplin, enregistrer à l’époque aux fameux Fredman Studios à Göteborg avec l’un des meilleurs producteurs de Metal fut un vrai accomplissement. J’ai ensuite quitté le groupe car je m’y sentais trop à l’étroit niveau création et j’avais envie de créer mes propres projets. J’ai ensuite commencé à travailler mes premiers titres dans mon home-studio pour sortir mes premiers albums solos, entretemps j’avais également créé un projet Metal Prog symphonique qui s’appelle Nebuleyes, qui n’est plus actif aujourd’hui et pour lequel j’avais écrit et réalisé trois albums et un EP. J’ai également travaillé pour d’autres artistes en tant que compositeur et producteur.

Tu as aussi ton propre label plutôt éclectique, Orfeo’ Lab, avec lequel tu produis des artistes très divers. Comment organises-tu tes collaborations ?

J’ai créé ma structure Orfeo’lab en 2009 pour pouvoir produire d’autres artistes avec lesquels je travaillais lors de mon virage Pop au début des années 2010. Je suis revenu depuis quelques années à la musique instrumentale qui est le style qui me procure le plus de sensations et je travaille de moins en moins en tant que producteur par choix. Earthscapes est d’ailleurs la centième sortie du label.

Oui on ressent un grand investissement, j’ai été impressionné par le contenu de ton site ( https://www.xavierboscher.com/). Tu composes pour la plupart des artistes que tu produis, j’ai écouté le très reposant  La Terre Promise, avec Elena Ravelli (paru le 19 mars 2021), peux-tu nous en dire plus ?

Oui il s’agissait d’une chanson que j’avais composée en 2014 qui devait sortir avec un autre texte et une autre chanteuse, le parolier n’aimait pas la chanson et s’est opposé à la sortie. J’ai donc refait le texte et trouvé une autre chanteuse (car la précédente n’était plus disponible) et nous avons pu sortir le titre en ce début d’année. Cependant, je ne compose plus de chansons depuis quelques temps, c’était une manière de sortir une chanson qui me tenait à coeur et que je ne voulais pas laisser dans les tiroirs. J’ai horreur de ça. Pour moi un artiste doit tout sortir, à ce propos, je ne comprends pas les groupes qui enregistrent cent titres pour n’en garder que dix, je pense que c’est aux mélomanes de faire le tri, pas à l’artiste.

Ton côté prolifique me fait irrésistiblement te comparer à Devin Townsend (rire). Tu as sorti un nouveau single le 3 septembre 2021, le très cosmique et jazzy Lighthouse, qui tranche complètement avec Earthscapes… Est-ce ta manière de nous présenter un album à venir ? Je suis conquis.

Merci pour la comparaison, Lighthouse est un titre one-shot car il n’entrait pas dans la trame de la tétralogie sur les éléments que je suis en train de réaliser. Waterscapes est sorti fin 2020 et Earthscapes en Juillet 2021, il y aura Firescapes en cette fin d’année et Skyscapes l’année prochaine, ces albums sont déjà écrits et enregistrés. J’ai également un EP, Ichor, qui est prévu pour la mi-octobre. Toutes ces sorties sont dans une veine plutôt Rock/Metal instrumental ou progressif. En revanche, j’ai à l’avenir de sérieuses envies d’explorer de nombreux styles et d’expérimenter encore plus et effectivement, Lighthouseen est un avant-gout.

Aurons-nous le plaisir de te voir sur scène prochainement ?

J’espère oui, j’aimerais beaucoup, c’est assez difficile à mettre en place (encore plus avec ce maudit Covid), en tout cas c’est dans les tuyaux… je ne sais pas si j’arriverais à trouver le temps et la logistique pour faire une tournée, mais j’aimerais arriver à faire quelques dates dans un avenir assez proche. J’ai très envie aussi d’aller jouer dans les églises (dans un registre plus ambient cela va de soi), je trouve que pour les artistes peu connus, il y a peu d’endroits pour se produire alors qu’il y a une église dans chaque village, ces lieux sont magnifiques et ont des acoustiques exceptionnelles, il n’y a pas de lieux plus artistiques que les églises. Des artistes s’y produisent de plus en plus, j’espère que ce phénomène va s’accentuer.

Adepte des concerts en église (surtout en musique sacrée), je suis complètement d’accord, l’acoustique envoute, c’est magique. Je te souhaite tout le succès possible dans cette voie.

Tu as rejoint une formation Metal Indus récemment, peux-tu nous en dire quelques mots ?

Oui j’ai rencontré Lethal Technology il y a quelque temps, c’est un groupe suisse de Metal industriel progressif (sorte de mix entre Fear Factory et Dream Theater avec des voix growlées et du chant lyrique féminin), j’adore ce qu’ils font et j’ai pris beaucoup de plaisir à enregistrer l’album qui devrait faire parler de lui prochainement. Il est en cours de mixage, j’ai hâte de le partager avec le monde entier.

Merci beaucoup Xavier, nous suivrons tes sorties à venir et en attendant une prochaine rencontre, prends soin de toi !

Merci !