Gojira, Machine Head, Kanonenfieber, The Halo Effect, Obituary, Suffocation, Gaerea, Gutalax, Harakiri for the Sky, Cult of Luna, Sólstafir,...
Dinkelsbühl (DE)
Date du 13 au 16 août 2025
Chroniqueur Nathan Bonzon
Photographe François Feleki (sauf VRTX, Antrisch, Machine Head et Gaerea par Nathan Bonzon)
https://www.summer-breeze.de/en/

Le Summer Breeze est un festival open air qui prend place dans les environs de la charmante ville de Dinkelsbühl, un très joli bourg médiéval au sud de l’Allemagne. Créé en 1997, ce grand rassemblement propose chaque année une affiche très variée, proposant des concerts pour tous les goûts dans la sphère metal/punk/hard rock. Joignez-vous à moi pour une récapitulation de l’édition 2025, une des meilleures en date, avec photos à l’appui !

Jour 1 – mercredi 13 août

Nous sommes arrivés au camping du festival le mercredi matin. Le temps d’installer le campement, de manger quelque chose et de se reposer un petit peu, le premier concert du festival n’allait pas tarder à commencer. Et honnêtement, j’aurais adoré écrire un paragraphe émouvant sur ce premier concert, racontant la nostalgie et l’excitation qui se mêle en moi, la joie d’être de retour à ce si beau festival, mais je ne pourrai pas : parce que le premier concert, c’était Gutalax. Mais existe-t-il une meilleure manière d’ouvrir un festival de 4 jours qu’avec Gutalax, le groupe de goregrind tchèque dont l’inspiration lyrique se résume aux matières fécales ? Je ne crois pas, mais qu’est-ce que c’était incroyable ! Bien qu’à 16 h de l’après-midi, il fasse déjà une chaleur d’enfer (quasiment 35 degrés), cela n’a pas empêché le public allemand de s’amasser à la Main Stage pour admirer ce premier groupe. Les fans scandaient le nom « GUTALAX » au moins trente minutes avant le début du show. Le moshpit fut déjà extrêmement animé, rythmé par la voix grenouillesque du chanteur, Martin Matoušek. Les fans, dont la majorité sont déguisés comme le groupe, ont apporté avec eux des cargaisons de papier toilette et de brosses WC qu’ils lancent dans le public (ou sur la scène), ou brandissent fièrement. Je crois n’avoir jamais expérimenté un tel champ de bataille de ma vie, je dédie donc une petite pensée à l’équipe de nettoyage du festival. Je crois que ça a été le groupe le plus débile que j’aie jamais vu de ma vie et c’était fabuleux.

Après ce premier concert pour se mettre en jambes, on rebrancha les neurones et on fila à la Wera Tool Rebel Stage pour voir Coffin Feeder, le side projet de Sven de Caluwé (chanteur d’Aborted) et de membres de Leng Tch’e. Malheureusement, quelques problèmes techniques retardèrent le concert de 10 minutes. Les musiciens, bien que frustrés par ce petit couac, délivrèrent tout de même une superbe performance, mélangeant deathcore, grind et death metal classique, le tout dans un package inspiré des films d’horreur et d’action des années 80. Profitant d’un album sorti en début d’année, le groupe proposa de nouveaux morceaux tels que The Destroyer, Porkchop Express et Let Off some Steam, ainsi que des classiques comme Plug it in et Stereo Homicide.

Ensuite, je me dépêchai d’aller voir un petit bout de Hellripper, groupe écossais très sympa. Son mélange de speed/black avec de petites touches de rock’n’roll enflamme la T-Stage et son décor forestier. Le public, à la demande du chanteur et guitariste James McBain, tournait sans s’arrêter dans de furieux circle pits. Malheureusement, je ne pus regarder que quelques morceaux, car un autre groupe s’apprêtait à jouer sur la Main Stage.

Ce groupe, c’est The Halo Effect, formé par de vieux amis ayant tous joué dans In Flames à un moment de leur carrière. Animés par un amour inconditionnel pour le Gothenburg metal, le supergroupe propose un melodeath puissant, nostalgique et quasi joyeux. Tout comme le deuxième concert de la journée, celui-ci débuta également avec quelques problèmes techniques. Après 15 minutes de retard, les Suédois parvinrent tout de même à conquérir le public, bien que le mix ne soit pas complètement parfait, les basses étant un peu trop fortes. Cela n’arrêta pas Mikael Stanne (aussi chanteur de Dark Tranquillity, Cemetery Skyline et Grand Cadaver) qui, comme toujours, était très heureux d’être là et semblait si ému ! The Halo Effect joua, entre autres, des morceaux du dernier album March Of The Unheard comme Detonate, What We Become et Feel What I Believe, et termina bien sûr le set avec Shadowminds, son gros hit. Même après la fin, le public continuait à chanter et applaudir, ce fut très beau !

Je retournai alors à la Wera Tool pour découvrir Múr, que je n’avais jamais vu en live. Je fus complètement envoûté : son post metal progressif, ultra lourd et atmosphérique, vous prend par les tripes et les retourne dans tous les sens, j’en eus des frissons. Le chanteur, qui joue également de la keytar en live (un synthétiseur qui est joué comme une guitare), alterne facilement entre des growls ultra graves et une voix claire angélique qui transporta le public dans une autre dimension. Le batteur, quant à lui, tape hyper fort, et les guitaristes jouent de gros riffs, lourds et sludgy. Les Islandais finirent leur concert avec Holskefla, durant lequel Kári Haraldsson posa sa keytar pour être plus mobile et interagir davantage avec le public, une véritable claque ! Bien qu’il n’ait sorti qu’un album à ce jour, Múr est un groupe qu’il faut surveiller de très près.

Cette première soirée continua sur la même scène avec les Français d’Aephanemer. Armés de leur death mélodique/symphonique teinté de black, les Toulousains firent démonstration de leur pur talent musical, je ne m’attendais pas à ça en live ! Les riffs lead de Martin Hamiche, quasi néoclassiques, forment la base des morceaux ultra épiques et mélodiques sur lesquels Marion Bascoul pose sa voix, à la fois perçante et opératique. Les orchestrations symphoniques ressortaient plutôt bien en live et le mix sur la Wera était, cette fois, vraiment excellent.

Puis je me rendis sur la Campsite Circus Stage, où VRTX, un groupe inconnu jusqu’à maintenant, devait jouer de 1h à 2h du matin. Sur internet, aucune information n’était disponible, on savait seulement qu’il était composé de 5 membres, jouait du metal extrême et venait des côtes de l’Atlantique Nord. Alors, en amont du festival, j’ai fait mon investigation. Eh bien, après maintes recherches, j’avais trouvé de qui il s’agissait. Au moment où le groupe monte sur scène, le chanteur, masqué, annonça : « We are Gaerea« . J’avais raison ! Vous n’imaginez pas dans quel état je fus, Gaerea étant mon groupe préféré depuis quasiment 2 ans. Les Portugais jouèrent donc un set spécial composé de perles rares et de morceaux qu’ils n’avaient plus joué depuis des années : Santificato, Pray to Your False God, Absent, Null, Urge, Conspiranoia, Void of Numbness et Wilted Flower. C’était magique. Les voir, habillés tout en blanc (ils sont d’habitude en noir), sur une minuscule scène, jouer des morceaux aussi rares fut véritablement une expérience hors du commun.

Après cette expérience transcendantale, rendez-vous à la Wera Tool pour le dernier concert de cette première journée, j’ai nommé Sunken. Il s’agit d’un groupe danois de black atmosphérique, et il n’existe pas de meilleur contexte pour un groupe de ce genre qu’une petite scène à 2h du matin. Il y avait tellement de fumée artificielle qu’on ne voyait même pas le batteur, mais je peux vous assurer qu’il jouait bien. Le show en général était vraiment très impressionnant, les parties rapides étaient vraiment fulgurantes, rythmées par des blast beats et des riffs tremolo, alors que les parties lentes étaient atmosphériques et dronesques. Les Danois ont joué 4 morceaux pour un show de 40 minutes et ont complètement conquis le public allemand.

Jour 2 – jeudi 14 août

Après un premier jour déjà bien rempli, on remit ça de plus belle ! Le jeudi commença à la T-Stage avec Allt, groupe suédois assez jeune mais sacrément prometteur. Malgré un soleil de plomb, leur metalcore progressif attira une grande foule qui fut comme captivée par le talent des 5 jeunes hommes. Le chanteur, doté d’une voix des plus polyvalentes, incita déjà l’audience à lancer des circle pits sur les morceaux plus heavy comme The Orphan Breed ou The Deep Blue Silent, alors que son chant clair, sur des titres davantage mélodiques tels que Paralyzed, passa vraiment bien en live.

Le metalcore c’est bien beau, mais trêve de plaisanteries car Benighted jouait juste après. Les Auvergnats, légendes du brutal death/deathgrind français, ont complètement retourné la T-Stage. Les ayant déjà vus deux fois avec leur ancien batteur Kévin Paradis (qui est de nos jours réputé comme un des meilleurs batteurs au monde), j’étais un peu dubitatif à l’idée de les revoir avec Siebe Hermans, batteur de Coffin Feeder, qui joue en live le temps que le groupe ne trouve de remplaçant permanent. Eh bien, je fus grandement surpris ! Le jeune homme de 23 ans s’est montré plus qu’à la hauteur, et bien que cela fut un sacré challenge, il joua comme si de rien n’était. Benighted ouvrit le show avec Scars, issu de son dernier album Ekbom et qui détruit tout sur son passage. Le reste de leur set passa également par de vieux classiques comme Carnivore Sublime, Experience Your Flesh, ou encore Let the Blood Spill Between My Broken Teeth qui clôtura le show. Brutal à souhait !

Après cet interlude mouvementé, on resta sur la même scène mais avec quelque chose de plus tranquille : Between the Buried and Me. Les américains, fleurons du metal prog, délivrèrent un show qui alterna entre passages de prog rock, de shoegaze psychédélique à de gros riffs et screams de metal. Leurs morceaux, plutôt longs, constituent de vrais voyages musicaux, comme The Coma Machine avec lequel ils débutèrent leur concert. J’aurais bien voulu rester plus longtemps, mais je devais me rendre à la Wera Tool pour le prochain concert.

Retour à la violence pure avec Hideous Divinity, les maîtres italiens du brutal/tech death. Les circle pits, que le chanteur demandait incessamment au public, remplirent l’air de la Wera Tool Rebel Stage d’une poussière qui se dissipait difficilement (la scène étant couverte d’une tente). Le jeu du batteur, rapide et précis, est particulièrement remarquable sur des morceaux tels que Chestburst (d’ailleurs inspiré par le film Alien) et The Numinous One. Durant le dernier morceau du set, Mysterium Tremendum, le chanteur, complètement déjanté, se rendit dans le public et finit le concert au milieu au milieu d’un géant circle pit.

Sur la T-Stage, les américains de Rivers of Nihil nous proposèrent un set vraiment envoûtant, profitant de l’occasion pour jouer de nombreux morceaux de leur dernier album, tels qu’American Death, Dustman, Water & Time ou encore House of Light et son incroyable refrain. Durant celui-ci, les voix claires du guitariste Andy Thomas et du batteur Jared Klein se joignent en chœur dans une harmonie rare. L’autre particularité, c’est que sur certains titres, le groupe est accompagné par le saxophoniste Patrick Corona. Ce savant mélange de refrains catchy, de saxophone et d’instrus progressives donna une dimension ultra planante à ce show. Je les avais déjà vus en 2023 et n’avait pas été totalement conquis, mais leur passage au Summer Breeze 2025 m’a assurément fait changer d’avis.

Bon, il se faisait tard et la faim s’installait gentiment. Je passai donc prendre de quoi manger à un des nombreux stands présents sur le festival et me rendis ensuite à la Wera Tool pour voir un petit bout de Firtan. Vêtus d’habits déchirés et couverts de corpse paint, les membres du groupe montèrent sur scène et délivrèrent une prestation vraiment intéressante. Leur black mélodique, agrémenté de touches de post metal et de prog, est accompagné par une joueuse de violon. Cela rendait bizarrement bien en live et se mariait à perfection avec les riffs tremolo plus typiques du black metal. Du peu de morceaux que j’ai pu écouter, j’ai surtout apprécié Nacht Verweil, issu de leur opus Okeanos de 2018.

Bien que ce fut sympa, je devais désormais courir jusqu’à la Main Stage car un concert d’anthologie allait bientôt s’y tenir et il fallait absolument être le plus proche de la scène. Je me faufilai à travers le public durant la fin de Within Temptation, grand nom du metal symphonique moderne. Bien que ce genre de musique ne soit pas ma tasse de thé, le public avait l’air de grandement apprécier la prestation des Néerlandais et le décor de scène impressionnant.

Dès la fin de Within Temptation, je tentai de trouver une place à la barrière pour le headliner de cette seconde journée, j’ai nommé Gojira. Je réussis à être au deuxième rang, c’est mieux que rien, car c’est un groupe qu’il faut voir le plus près possible. La dernière fois que les Français avaient joué au Summer Breeze était en 2006 sur la plus petite scène, et ils sont là en 2025, 19 ans plus tard, en tant que tête d’affiche. Que dire sur ce concert incroyable ? Leur son était immense, le show super précis et les visuels vraiment magnifiques. Je m’attendais à être impressionné par le jeu de Mario Duplantier, et je l’ai bien sûr été, mais je ne pensais pas être autant estomaqué par la voix de son frère Joe. Il arrive autant à délivrer des growls et des screams aigus qu’une voix claire plus mélodique, le tout en jouant des riffs relativement complexes. Pour ce qui est du décor, on a eu droit à des vidéos qui tournaient sur un immense écran au fond de la scène et qui complétaient les morceaux, il y avait également du feu, de la fumée et même d’immense jets d’étincelles. Gojira délivrèrent une setlist très variée, en jouant quelques morceaux plus récents, mais surtout des perles rares issues de certains de leurs albums plus vieux. Les moments forts du show ont été, pour moi, les morceaux From the Sky, Another World, Backbone, L’enfant sauvage ainsi que The Gift of Guilt. Ce morceau, avec ses quasi 2 minutes de tapping à la fin, clôtura ce magnifique set qui fut assurément un de mes préférés du festival.

On campa à la Main pour le concert de Cult of Luna. Tard durant la nuit, les maîtres absolus du sludge/post metal ont véritablement envoûté le Summer Breeze. Riffs lancinants, batterie lourde, screams pleins d’émotion, le tout contribua à mettre en place une atmosphère que j’ai rarement vécue à un concert. Les morceaux de Cult of Luna contiennent des parties ambiantes de build-up, avec des riffs dronesques et répétitifs, avant d’exploser en une frénésie douce-amère, bizarrement joyeuse. En live, le groupe est constitué de 2 batteurs jouant des rythmes différents, ce qui permet de dédoubler la potentiel de la musique. Parfois, un des deux quittait sa batterie pour jouer d’autres instruments, tels qu’un tambourin ou même carrément de la guitare sur le dernier morceau du set, Blood upon Stone qui me pris par les tripes. C’était donc une énorme claque en concert, mais je tiens à faire mon vieux rabat-joie et râler sur les fans de Kanonenfieber qui occupaient la barrière durant tout Cult of Luna mais sans prêter aucune attention au groupe. La plupart ne daignait même pas de le regarder et scrollaient sur leur téléphone durant le set, je trouve donc qu’ils auraient pu montrer un chouilla plus de respect pour ce groupe vraiment talentueux !

Après ce petit interlude, il était temps pour Kanonenfieber de monter sur la Main Stage. Suite à une montée en popularité stratosphérique notamment due à leur dernier album Die Urkatastrophe, le projet de blackened death orchestré par le talentueux Noise s’est retrouvé sous le feu des projecteurs. Théâtralité, musique mélodique mais puissante à la fois et un concept intéressant (explorant l’histoire de la Première Guerre Mondiale) sont la recette de ce succès. Les Allemands, originaires de non loin de Dinkelsbühl d’ailleurs, sont d’autant plus populaires ici et leur venue grandement attendue depuis un premier passage en 2023. Costumes de soldats, décors rappelant l’horreur des tranchées, pyrotechnie, pétards, fumée, ce fut un show grandiose comme j’en ai rarement vu. Noise, leader et mastermind derrière le groupe, semble fait pour la scène : toutes ses mimiques, ses gestes et sa voix transcrivent une imposante figure de général terriblement froid. En live, ses vocalises sonnent même mieux que sur les versions studio, particulièrement sur les titres Sturmtrupp et Der Maulwurf. Le show se termine sur l’émouvant Ausblutungsschlacht, durant lequel Noise, vêtu d’un masque de crâne et représentant la Mort, réclama un par un la vie de ses camarades. A la fin du morceau, le général se tint droit, silencieux, regardant le public, puis tira sa révérence et quitta la scène.

Ensuite, j’ai hésité à aller dormir (car il était tout de même plus de 2h du matin), mais j’ai finalement décidé d’aller voir Mantar sur la T-Stage. Les Allemands clôturèrent cette deuxième journée avec leur blackened sludge teinté de crust punk, et je ne m’attendais pas à autant aimer ça en live. C’est gras, lourd, et ça tape super fort. Le groupe n’est composé de seulement 2 membres, 1 guitariste chanteur et 1 batteur qui fait des backing vocals de temps en temps. Entre les 2, la prestation fut ultra fluide, ils étaient comme en symbiose. Leur set passa par des morceaux de leur nouvel album Post Apocalyptic Depression comme Cosmic Abortion ou Halsgericht, ou des classiques tels que Hang ‘Em Low (So the Rats Can Get ‘Em), Age of the Absurd ou Era Borealis.

Jour 3 – vendredi 15 août

Troisième jour, et la fatigue commençait à sérieusement se sentir. En effet, se coucher à 4h du matin chaque nuit, ça n’aide pas. Alors on serra les dents et on commença cette belle journée à la T-Stage à 13h avec Lik. Originaires du Danemark, le groupe propose un death bien classique aux sonorités scandinaves : des guitares fuzzy avec énormément de distorsion, des touches de punk et un petit peu de mélodie. De quoi bien se réveiller ! Leur set contenait non seulement des morceaux plutôt rapides et thrashy comme Deceased et Le Morte Homme, mais aussi d’autres plus lents, tels que Morgue Rat, pendant lequel le chanteur demanda au public de faire un circle pit où, au lieu de courir, les gens déambulent comme des zombies. Je n’avais jamais vu ça !

Ce jour là également, on enchaîna plusieurs concerts à la T-Stage, et c’était alors au tour d’Angelmaker. Breakdown après breakdown, les Canadiens, vétérans de la scène deathcore, délivrèrent un set de haute qualité. Car il ne s’agit pas seulement de breakdowns débiles, leur musique comprend également des riffs, de vrais riffs ! Parfois typés death metal ou davantage black metal, ils rendent les couplets et refrains super dynamiques. On retrouve même des parties plus caractéristiques du metalcore/hardcore avec des moments en two step par exemple, ce que j’apprécie toujours chez un groupe de deathcore. Forts de la récente addition d’Ian Bearer (ex-Rings Of Saturn) en plus du chanteur fondateur Casey Tyson-Pearce, leur dynamique sur scène était excellente, se répondant de couplet à couplet ou chantant à l’unisson, l’un avec des growls et l’autre avec des screams plus aigus. Le groupe en a notamment profité pour jouer ses tout nouveaux morceaux Relinquished et Silken Hands, ainsi que le légendaire Leech pour clore le show.

Après 2 groupes plutôt violents, on calma un peu le jeu avec Evergrey. Toujours sur la même scène mais avec une ambiance complètement différente, les maestros suédois envoûtèrent le public du Summer avec leur metal prog étonnamment lourd en live. Le chanteur guitariste Tom S. Englund (quasi sosie de Glen Benton d’ailleurs) est doté d’une voix vraiment impressionnante. Celle-ci, à la fois mélodique, douce, mais aussi forte, porte les refrains d’Evergrey dans les airs. Justement, ce concert était si beau que les cieux se sont ouverts et qu’il s’est mis à pleuvoir à grosses gouttes, après 2 jours de canicule ! Malgré cela, le groupe semblait heureux d’être ici, pour jouer devant autant de fans. Au début, cette averse était plutôt agréable, mais au bout d’un moment ça commençait à mouiller. Ca tombait bien, je comptais de toute façon me rendre sous la tente de la Wera Tool Rebel Stage pour le concert de Nattverd.

Ici encore, on changea drastiquement d’ambiance. Nattverd, c’est du bon gros black norvégien, et ils étaient pas là pour niaiser. Cependant, de petits problèmes techniques sévirent de nouveau sur la Wera et le début du concert fut donc retardé. Une fois que les problèmes furent réglés, ça envoya du lourd. Rien que visuellement, c’était déjà très stylé : corpse paint, crucifix retournés en guise de colliers, gantelets de pics et attitude glaciale. Si le groupe ne se démarque pas forcément en terme de physique par rapport au reste des groupes de black, musicalement, c’est vraiment intéressant. On retrouve les habituels blast beats et riffs en trémolo, mais le tout est exécuté avec une certaine sensibilité nordique qui parvient à déceler les mélodies et quand/où les mettre, cependant sans en abuser. Les titres Det Stormer I Norge et son début sur les chapeaux de roues, ou encore Iskalde Horn, issu du nouvel album Tidloes naadesloes, furent particulièrement frappants en live. Leur dernier morceau, Naar Taaken Fortaerer Alt, contient même du piano sur la fin, ce qui rendit ce moment presque émouvant.

Maintenant que la pluie avait cessé et après avoir bien profité de l’abri de la Wera Tool, je courus en direction de la Campsite Circus Stage en espérant voir la fin du set de Dogbite. Il s’agit d’un petit groupe allemand originaire de Leipzig, fort de seulement 1 EP et se décrivant comme du « heavy hardcore », et bon sang il ne mentaient pas ! Honnêtement, je n’ai aucune idée des morceaux qu’ils ont joués car j’ai passé tout le reste du concert dans le pit, mais ils ont en tout cas dû jouer les titres DXB, VICIOUS CYCLE et R.T.D. Je pense n’avoir jamais autant moshé de ma vie jusqu’à ce moment, et qu’est-ce que c’était bien ! Se défouler comme ça après trois jours de festival, il n’y a rien de mieux. Le public également était ultra motivé et là pour voir du hardcore, c’était super cool à voir. Un autre jeune groupe très talentueux à surveiller de près !

Ensuite, on fit un petit aller-retour dans la zone du festival (la Campsite Circus Stage se trouvant au milieu du camping) pour choper quelque chose à manger et voir un bout du set de Destinity, des Français qui proposent du très bon melodeath. Ayant sorti tout récemment leur dernier opus Ascension, le groupe profita pour jouer de nouveaux morceaux comme Final Fiction et le titre éponyme de l’album. Je tiens également à faire remarquer leurs riffs, mélodiques mais brutaux à la fois, exécutés en live avec une précision de maître.

Puisque la scène du camping commençait à me manquer, j’y retournai pour le concert de Dagger Threat, de l’excellent metallic hardcore venu d’Allemagne, de Hambourg plus précisément. Pour être honnête, j’ai encore plus moshé que pendant Dogbite donc je ne me souviens seulement de 404, Crooked Mirror et becoming. La particularité de ce groupe est qu’ils mélangent les sonorités dures du hardcore des années 2000, la froideur de l’industriel et le groove du nu metal, et c’est une concoction qui fonctionne à merveille. Au moment où le guitariste commanda au public de littéralement « tabasser son meilleur pote ou la personne à côté de soi », ce fut le pur chaos dans le pit qui devait faire minimum 10 mètres sur 10 mètres, j’avoue avoir eu peur pour ma vie peur quelque fois ! Finalement, après un set déjà très violent et mouvementé, le chanteur, véritable armoire à glace, annonça qu’ils allaient terminer le concert par une reprise d’un classique de nu metal, et vous n’imaginez pas ma réaction quand ils commencèrent à jouer Surfacing de Slipknot, le reste du public n’en revenait pas non plus. Tout le monde criait en cœur le refrain du morceau, l’atmosphère était juste incroyable.

Je suis resté au camping pour voir Antrisch, un des groupes que j’attendais le plus cette année. Il s’agit d’un groupe bavarois dont le concept lyrique et visuel se résume aux voyages et aux expéditions. Pour le dire simplement, c’était une masterclass en black atmosphérique. Leur set long de quasiment 1 heure couvrit leurs deux sorties en date, l’EP Expedition I : Dissonanzgrat et l’album Expedition II : Die Passage. Le tout premier morceau, I Festgefroren, débuta avec une longue intro ambiante, avant que le chanteur, vêtu tel un capitaine de navire, n’arrive sur scène en poussant un cri des plus perçants, accompagné d’une explosion de blast beats. Le groupe continua dans sa lancée et joua en entier leur seul album, dédié aux voyages en haute mer, en passant notamment par les impressionnants II Wahnrationen et IIIII Exodus, puis termina le set avec 3 titres issus de leur premier EP, consacré aux premières ascensions des Alpes. Avec ce changement de thème intervint un changement de costumes : le groupe troqua ses uniformes de marins pour des vêtements d’alpinistes, le chanteur portant un pull en laine, des lunettes, un piolet, ainsi qu’une corde. Celui-ci n’interagit quasiment pas avec le public et sa prestance sur scène était bizarrement sereine, froide, tel un fantôme. Le concert se finit sur III Stirnschlag alors que de faux flocons de neige recouvraient la scène et le public. On était bien en mi-août au sud de l’Allemagne, mais j’ai ressenti le froid de la mer du Nord comme si j’y avais été transporté.

On quitta le froid du Grand Nord pour rejoindre le climat tropical de la Floride, plus précisément à Gibsonton, d’où sont originaires Obituary. Bien que je sois arrivé vers la fin du concert et que je ne sois pas un immense fan de la voix particulière de John Tardy, je fus obligé de reconnaître le statut de légende de ce groupe. Ils finirent leur show avec le très attendu Slowly We Rot, issu de leur tout premier album du même nom, sorti en 1989 et qui consolida leur position comme pionniers du death metal tel qu’on le connait. Autant dire que je fus tout de même impressionné de voir ce groupe en live.

Après la fin d’Obituary, je me faufilai jusqu’à la barrière car Harakiri for the Sky jouait juste après. J’avais déjà vu les Autrichiens en concert plus tôt cette année, et c’est à chaque fois incroyable. Matthias Sollak, principal compositeur du groupe, joue des riffs mélancoliques, mélodiques et sacrément efficaces qui vous restent dans la tête à tout jamais. Par-dessus, Michael Kogler, avec sa voix véritablement torturée, parle dans ses textes vraiment sombres de relations perdues, de suicide, de désespoir. A chaque fois, il met tellement d’émotion dans sa prestation qu’on ne peut s’empêcher de verser une larme. Les moments forts du set ont été pour moi Without You I’m Just a Sad Song, Fire, Walk With Me et Funeral Dreams, tous 3 des morceaux qui semblent chargés émotionnellement pour Michael. Celui-ci a fini le dernier morceau, Keep Me Longing, à la barrière, quasiment dans le public, avant de partir en backstage sans passer par la scène. Le post-black reste un de mes sous-genres de metal préférés et ce groupe en est la preuve.

Toujours à la T-Stage, Non Est Deus clôture cette troisième journée. Il s’agit d’un des 3 groupes de Noise, leader de Kanonenfieber (son troisième étant LeiÞa, de l’excellent black avec un penchant dépressif). Avec ce projet, dont le nom signifie « Dieu n’existe pas », il exprime un fort sentiment anti-ecclésiastique et remet en question l’interprétation abusive et tronquée des saintes écritures. Les membres du groupe (les mêmes qui accompagnent Kanonenfieber en live, bien qu’il manque cette fois le bassiste), étaient tous vêtus de longues toges et de cagoules blanches. Sur la scène, on retrouvait en guise de décor plusieurs crucifix en bois ainsi qu’un autel. Le concert commença avec le grandiose Save Us et son discours d’interlude impressionnant, avant de continuer avec Hiob et Flagellation. Durant ce dernier, Noise, tel un fanatique religieux, se frappait le dos à l’aide d’un petit fouet, le tout en déambulant frénétiquement le long de la scène. Plus loin dans le set, le leader du groupe baptisa ses camarades avant de jeter sur le public de l’eau bénite, il faut dire qu’il a le goût du théâtral. Musicalement, c’est sacrément différent de ses autres projets. Alors que Kanonenfieber se résume à un blackened death assez rigide et militaire (littéralement), Non Est Deus est une bouffée d’air frais avec son black un peu mélodique et déjanté. La voix est aigue et presque terrifiante, les riffs de guitare sont en tremolo la plupart du temps et la batterie blast très souvent, avec de petits accents sur les cymbales qui rendent le tout très fluide. C’est aussi intéressant de voir Noise évoluer dans un autre environnement que celui pour lequel il est connu, et jouer un autre « personnage ».

Jour 4 – samedi 16 août

Quatrième et dernière journée, déjà ! On débuta à 12h20 à la Wera Tool Rebel Stage avec Kōya. Les Danois, dont c’était le premier concert en dehors de leur pays d’origine, proposent un mix très cool de hardcore et de sludge, le tout avec de petites touches de black. On a affaire à des riffs bien lourds et de gros breakdowns, mais ceux-ci ne sont pas forcés, le tout semblant très fluide et naturel. Forts de seulement 1 EP et 1 single, Kōya délivrèrent un set dynamique et vraiment cool, avec des titres tels que Mountain, Effigy et le très groovy Pig Wine.

Direction la Main Stage pour voir Annisokay, étoile montante de la scène post-hardcore. Le groupe est constitué de 2 chanteurs, Christoph Wieczorek à la voix claire et à la guitare ainsi que Rudi Schwarzer aux screams/growls, doté d’une voix plus hardcore. Cela permet d’avoir sur scène une dynamique assez fluide, les couplets étant souvent criés et les refrains chantés. Bien qu’il soit seulement 13h et qu’il fasse déjà sacrément chaud, le public s’est déplacé en masse pour voir Annisokay jouer au Summer Breeze pour la première fois. Il y eut énormément de crowdsurfers, trop pour en compter, et un immense wall of death sur le breakdown du morceau Human, même les musiciens n’en revenaient pas.

Je profitai d’une petite pause pour me reposer et prendre à manger, avant de repartir de plus belle avec Extermination Dismemberment. Changement drastique d’ambiance : les Biélorusses ont complètement oblitéré la Wera Tool avec leur slam ultra lourd, étant probablement le groupe le plus heavy du festival. La recette : de gros chugs, un jeu de batterie lent et une voix grave comme sortie des enfers. Dans le pit, c’était la bagarre. Etant lessivé suite aux concerts du jour précédent, je me retiens de rejoindre ce beau monde et préfère observer depuis la barrière. Le slam d’Extermination Dismemberment alterne entre des couplets assez rapides, rythmés par des blast beats et des riffs plutôt classiques de brutal death, et des moments beaucoup plus lents typiques du slam, avec de gros chugs à la guitare et des breakdowns soutenus par des bass drops, ces derniers étant un des éléments qui firent connaître le groupe, comme sur le morceau Omnivore et ses multiples breaks.

Je me rendis ensuite à la T-Stage pour voir la deuxième moitié du concert d’Omnium Gatherum, vétérans du melodeath finlandais. Leur musique, combinée aux synthétiseurs ainsi qu’à l’humeur en live du chanteur Jukka Pelkonen, sonne presque joyeuse, surtout avec des morceaux comme The Last Hero et My Pain (qu’ils jouèrent pour la première fois), tous 2 issus de leur nouvel album qui sort en novembre de cette année. Le set remonta le temps jusqu’en 2011 avec Soul Journeys de l’opus New World Shadows. Même si je ne connaissais pas très bien la discographie d’Omnium Gatherum, j’ai beaucoup apprécié l’énergie que le groupe délivrait sur scène, ça changeait des groupes statiques dont on a l’habitude.

Je restai sur cette scène pour un groupe totalement différent : Suffocation. Communément qualifiés comme inventeurs du brutal/tech death et du riff de slam, les New-Yorkais ont délivré une véritable masterclass. Revigoré par la venue en 2019 d’un nouveau chanteur, Ricky Myers, mais toujours sous l’égide des membres de longue date Terrance Hobbs et Derek Boyer, le groupe se fit une deuxième jeunesse avec Hymns from the Apocrypha, le dernier album en date sorti en 2023 et dont furent joués 3 morceaux (Seraphim Enslavement, Perpetual Deception ainsi que le titre éponyme). Cependant, Suffocation proposa un set assez old-school, avec des classiques comme Pierced from Within, Effigy of the Forgotten et le légendaire Infecting the Crypts. Ricky Myers présenta ainsi une des chansons : « Ok ce prochain morceau parle de trouver l’amour et de vivre heureux pour le reste de votre vie. Mais non je déconne, on s’en fout. Ce morceau parle de tuer des gens et il s’appelle Thrones of Blood« . J’avoue avoir beaucoup ri. Mais trêve de plaisanteries, Suffocation est un groupe très précis en live, je fus grandement impressionné par le jeu de Terrance Hobbs et ses solos de shredder. Très heureux d’avoir pu voir un tel groupe de légende !

Après avoir pris de quoi manger, je me mis en place à la scène du camping pour le concert de Ancst. Excellent projet solo de blackened metalcore originaire de Berlin et orchestré par le multi-instrumentiste Tom Schmidt, ce set était un de mes plus attendus de tout le festival après la sortie de leur EP Dominion en avril, et qui restera certainement une de mes sorties préférées de l’année. Et bien qu’il manquait malheureusement un batteur sur scène (celui-ci étant réduit à des backing tracks préenregistrées), le groupe n’a pas lésiné, c’était énervé et ultra énergique. Le set fut ouvert avec Kill Your Inner Cop, ce qui donna le ton pour le reste du show. Pour vous représenter ce à quoi ressemble la musique de Ancst, imaginez des riffs de melodeath suédois, une voix de black metal ainsi que des breakdowns de hardcore, le tout mélangé dans une marmite de crust/grind. Bien que le moshpit soit un peu endormi ce jour-là, le public a quand même pu se défouler sur Dominion et Moloch, qui sont certains de mes morceaux préférés du groupe. Le groupe porte également un message politique très fort et Tom Schmidt pris plusieurs fois la parole entre les chansons pour faire un petit discours, ce qui enjoua encore plus le public du Summer Breeze.

Puis, je me dépêchai de courir jusqu’à la Main Stage pour ne pas manquer le début de Machine Head, une des 4 têtes d’affiche de ce festival. Il y avait tellement de monde que je n’ai pu accéder qu’à la seconde barrière, depuis là on voyait bien la scène dans son ensemble, même si c’était un peu loin. La bande à Rob Flynn, accompagnée pendant cette tournée par Vogg (guitariste de Decapitated et ancien membre de Machine Head), ouvrit le concert avec Imperium, qui donna le ton pour l’heure et demie à venir. C’est heavy et mélodique à fois, avec de bons riffs un peu thrashy et des breakdowns étonnamment lourds. le mix du son était tout simplement parfait, et d’où j’étais, on entendait bien tous les instruments ainsi que la voix qui joue un rôle important. Entre les morceaux, Robb Flynn prit plaisir à parler au public, à raconter des blagues et à lancer sa bière dans l’audience pour que quelqu’un la rattrape (et ils ont réussi), cela mit directement en place une ambiance bon enfant avant de poursuivre le concert. Le set continue avec des morceaux plus récents comme Choke on the Ashes of Your Hate, Is There Anybody Out There, ou encore une floppée de chansons issues du dernier album Unatoned, tels qu’Outsider, Bonescraper et Not Long for this World. Cependant, comme d’habitude, le groupe apprécie (et le public aussi) rejouer de vieux classiques : Ten Ton Hammer, Bulldozer, Locust ou encore From This Day. Le show se termina en beauté en enchaînant Davidian et son gros breakdown ainsi que le grandiose Halo, on eut même droit à des feux d’artifices ! Je m’attendais à ce que ce soit impressionnant, mais je fus époustouflé !

Malheureusement, je me sentis obligé de louper le set de Cytotoxin afin d’être sûr d’avoir la barrière pour le concert de Gaerea. Après quasiment 1h30 d’attente, les Portugais montent enfin sur la T-Stage, et devant un public massif. Contrairement à leur prestation de mercredi en tant que VRTX, les membres du groupe sont cette fois vêtus tout de noir, le visage couvert de leurs habituels masques. Le show s’ouvre sur The Poet’s Ballet, un long morceau qui débute tout tranquillement, avant d’exploser en une frénésie mélancolique. Le talent de Gaerea réside en son habileté à équilibrer la colère, le calme et la tristesse, sur des morceaux qui restent toutefois cohérents et magnifiques. Les musiciens poursuivirent leur prestation en jouant de nombreux morceaux de Coma, le dernier album sorti en 2024 (et qui était d’ailleurs mon album préféré de cette année-là), comme Unknown, Hope Shatters et World Ablaze. Nous avons même eu la chance de voir, pour la toute première fois en live, le nouveau single Submerged. Même s’il change un tout petit peu du style habituel du groupe, le morceau retient une base de post-black mais en y rajoutant des passages plus mélodiques et progressifs qui, en live, font franchement planer. Malheureusement, le set ne dura que 60 minutes et touchait bientôt à sa fin. Après le très beau Wilted Flower, le groupe quitta la scène avant de revenir pour clore le concert avec Laude, devenu depuis 2022 l’hymne du groupe. En bref, je n’ai pas vraiment les mots pour expliquer à quel point c’était incroyable d’enfin voir mon groupe préféré en live. Tout au long du concert, je fus non seulement happé par la musique, mais surtout par l’attitude du chanteur et sa corporalité. Celui-ci se contorsionnait, dansait, déambulait sur la scène d’une manière envoûtante, comme possédé et torturé par ses propres paroles. Ce fut certainement mon set préféré du festival (et possiblement que j’aie jamais vu).

Entre la fin de Gaerea et le début de Cypecore, je pris la décision, par curiosité, d’aller voir Imperial Triumphant sur la Wera Tool. En me préparant pour le festival, je n’étais pas un grand fan des morceaux version studio, c’était trop spécial, trop expérimental à mon goût. Cependant, je me suis finalement laissé happer par le show et il se trouve que j’ai beaucoup apprécié ! En gros, la musique d’Imperial Triumphant, c’est un étrange mix de death technique et avant-gardiste, de black metal, de jazz fusion et de musique de films des années 1950-60. Bizarre n’est-ce pas ? Ce fut tellement bizarre que cela en devenait impressionnant, un vrai spectacle ! Visuellement, les membres du groupe sont vêtus de longues robes noires et leur visage couvert de masques dorés ressemblant à des sortes de divinités. Cependant, ce n’est pas que du visuel, car les musiciens qui composent le groupe sont tous ultra talentueux : le batteur arrivait aussi bien à jouer des blasts de black metal que des polyrythmes de jazz ; le bassiste, lui, fit un solo de basse long de quasi 2 minutes, employant le corps d’un trombone pour jouer les notes ; et quand au guitariste (qui est également chanteur), celui-ci utilisait des techniques que je n’avais jamais vues de ma vie, par exemple en utilisant sa whammy bar tout en jouant un riff tremolo, avec la même main. Une très bonne surprise !

Finalement, je retournai à la T-Stage une dernière fois (déjà ?), pour le tout dernier concert du festival. Cette année, Cypecore eut l’honneur de clôturer le Summer Breeze. A 2h15 du matin, avec une attitude martiale et portant des costumes quasi cybernétiques, les Allemands montèrent sur la scène et ouvrirent le show avec Neoteric Gods, morceau bien heavy tiré de leur dernier album Make Me Real. Le chanteur, doté d’un growl super grave, se tenait sur le devant de la scène tel le commandant d’une unité et en imposait vraiment. Le set continua avec des titres comme The Alliance, My Confession ou encore The Hills Have Eyes, avant de se clore sur The Void. La T-Stage a subi un véritable assaut, assiégée par le melodeath/metalcore futuriste délivré par le groupe, rien de mieux qu’un concert bien énergique pour finir un festival !

Je quittai l’enceinte du festival avec nostalgie, mais en me réjouissant tout de même pour l’année prochaine qui s’annonce déjà légendaire. Le Summer Breeze Open Air est un de nos festivals préférés ici à Metal Alliance, et pour de bonnes raisons : une organisation bien huilée qui s’améliore d’édition en édition, un cadre plutôt sympa, une affiche d’enfer qui offre quelque chose pour les tous les goûts (que ce soit du death, black, hardcore, grind, punk, …), une sécurité au top (grâce aux fameux Grabenschlampen, postés à la barrière prêts à rattraper les crowdsurfers et toujours aussi sympathiques) et un public chaleureux. Comment ne pas vouloir revenir à chaque fois ?

Un grand merci à tout le monde impliqué dans la réalisation de ce superbe festival.

Concerts préférés : Gaerea, VRTX, Non Est Deus, Gojira, Dagger Threat, Benighted, Harakiri For The Sky, Múr, Gutalax, Sunken, Antrisch, Dogbite, Kanonenfieber, Cult Of Luna, Ancst, Suffocation.