Internal Bleeding, Cytotoxin, Cerebral Incubation, Annotations of an Autopsy, Internal Suffering, Hour of Penance, Deadsquad, Jasad, Death Vomit, Human Mass Extermination, Kakothanasy, Suffer.
Andernach (DE)
Date 21 août 2026
Chroniqueur Billy Stocco
Photographe Billy Stocco
https://deathfeast-openair.de

Deathfeast Open Air 2026 — Jour 2

Vendredi 21 août — Petit détour par Coblence

Après une première journée particulièrement longue et une soirée qui s’est forcément un peu prolongée au camping, réveil aux alentours de 8h00. Première mission de la journée : la douche. Pour les festivaliers, le Deathfeast met à disposition les installations du stade de football situé juste à côté du camping. Et autant prévenir ceux qui aiment leur petite intimité : ici, c’est à l’ancienne.

Avant de retourner devant la scène, nous avions décidé de profiter un peu de notre matinée. Une autre chose que j’apprécie beaucoup dans l’organisation du Deathfeast : le fait que les horaires restent humains. Contrairement à certains festivals où les derniers concerts se terminent à trois heures du matin avant de recommencer dès dix heures le lendemain, ici les journées sont organisées de manière à laisser du temps pour souffler. Et pour ceux qui se lèvent tôt, il y a franchement de quoi faire autour du festival.

Si l’on préfère bouger un peu plus loin, Andernach est évidemment juste à côté, Coblence est également facilement accessible en voiture. Une très jolie ville où l’on découvre de nombreux bâtiments et monuments historiques. Mais l’un des endroits les plus marquants reste évidemment le Deutsches Eck, le célèbre point de rencontre entre le Rhin et la Moselle. Un sacré changement d’ambiance après la brutalité de la veille : quelques heures à se promener tranquillement dans Coblence avant de retrouver les blast beats, les growls et le pit.

13h45 – 14h15 | Suffer

À 13h45, ce sont donc les Britanniques de Suffer qui ont la responsabilité de réveiller le Deathfeast pour cette deuxième journée. Côté météo, le grand soleil de la veille a laissé place à un ciel plus voilé, mais la température reste agréable, des conditions finalement parfaites pour retourner dans le pit. À peine la journée commencée, ce dernier est déjà grand ouvert. Quelques gars semblent même avoir décidé d’en faire leur propre terrain de démonstration. Chacun leur tour, ils viennent au centre pour s’affronter à coups de mouvements, de pirouettes et de figures, presque comme une petite parade improvisée.

Pendant ce temps, Suffer se charge de remettre tout le monde dans le bain avec trente minutes particulièrement efficaces. Le groupe profite notamment de son passage au Deathfeast pour défendre des morceaux très récents. La setlist débute avec For We Are Wretched, avant d’enchaîner Pendulum of Vengeance, Self Immolation et Soul From Flesh. Ces trois derniers titres permettent notamment de mettre en avant Soul From Flesh, leur nouvel EP sorti le 7 août, soit seulement deux semaines avant leur passage à Andernach.

La deuxième partie du set repart ensuite vers Slither, Rotten, avant de terminer avec Gasman. Une setlist courte mais qui pioche donc aussi bien dans leurs dernières compositions que dans des morceaux plus anciens, Slither et Gasman figurant déjà sur l’EP Heavy Silence sorti en 2020.

Cependant, mon meilleur souvenir de Suffer arrivera en dehors de la scène. Avant le festival, je les avais contactés sur les réseaux sociaux pour savoir s’ils possédaient des médiators pour ma collection. Malheureusement, ils n’en avaient pas. Une fois sur place, l’un des membres s’en souvenait, et comme s’il devait réellement se faire pardonner de ne pas avoir de médiator à me donner, il m’a tout simplement offert une casquette du groupe. Des amours, ces Britanniques. Encore un bel exemple de cette proximité entre musiciens et festivaliers qui, depuis notre arrivée, fait clairement partie du charme du Deathfeast.

La deuxième journée est lancée, le pit aussi.

14h30 – 15h00 | Kakothanasy

À 14h30, petite fierté nationale puisque les Suisses de Kakothanasy débarquent sur scène et se préparent à nous livrer un show impeccable. Direction Lausanne pour ce trio de brutal death composé de Lionel Testaz à la guitare, Léo Zrehen à la basse et Florent Duployer à la batterie.

Le public est immédiatement très réceptif et Kakothanasy déroule une prestation carrée, brutale et parfaitement maîtrisée. L’une des particularités intéressantes en live vient justement de ces voix partagées entre les deux musiciens : le guitariste et le bassiste alternent notamment au chant avec des voix légèrement différentes, ce qui apporte du contraste et évite une certaine monotonie malgré la brutalité constante de leur musique.

Personnellement, je connais déjà les gars, alors forcément, ça fait aussi plaisir de voir un groupe suisse recevoir un tel accueil en Allemagne. Mais c’est surtout après le concert que nous allons réellement mesurer à quel point leur passage a fonctionné. Une fois le set terminé, énormément de monde prend directement la direction de leur stand de merchandising. En voyant la file qui commence à se former, je vais retrouver les gars pour les prévenir : « Courage les mecs, vous avez vu la queue à votre stand ? » Leur première réaction résume assez bien leur surprise : « T’es sûr que c’est pour nous ? » Oui, c’était bien pour eux. Je les recroiserai un peu plus tard et ils me confirmeront qu’ils n’avaient jamais connu une telle situation après un concert, le public avait littéralement pris d’assaut leur merch au point qu’ils n’avaient pratiquement plus rien à vendre.

Une belle réussite pour Kakothanasy et, je l’avoue, une petite fierté suisse au milieu de cette affiche internationale.

15h15 – 15h45 | Human Mass Extermination

À 15h15, direction le Costa Rica avec Human Mass Extermination, formation de slamming brutal death metal originaire de Cartago. Ils sont cinq sur scène : Bryan Sanchez au chant, Roger Aguilar et Diego Quesada aux guitares, Gabriel Villalobos à la basse et Jean Carlo Peña à la batterie, et difficile de ne pas remarquer Bryan. Casquette vissée sur la tête, lunettes vert fluo sur le nez, le chanteur fait le show avec une voix complètement folle. Il arpente constamment la scène, tournant d’un côté à l’autre comme un lion en cage, pendant que les quatre autres musiciens donnent absolument tout derrière lui.

Musicalement, c’est lourd, très lourd. Certains passages ont ce groove caractéristique du slam qui donne presque automatiquement envie de suivre le rythme avec tout le corps : tête et buste partent d’avant en arrière pendant que les riffs vous écrasent. Pour deux morceaux, j’ai décidé de changer complètement de point de vue : direction l’arrière de la scène. Voir Human Mass Extermination depuis cet endroit permet de ressentir le concert d’une manière totalement différente, on se retrouve derrière les musiciens, avec le public en face, au plus près des amplis et de la batterie. Et avec un groupe qui dégage une énergie pareille, l’expérience devient encore plus impressionnante, je me retrouve littéralement au milieu de l’énergie qu’ils envoient vers le public, une véritable déflagration.

Pour un groupe venu de l’autre côté de l’Atlantique, leur présence illustre encore parfaitement cette diversité internationale qui fait tout le charme du Deathfeast. Leur passage à Andernach faisait d’ailleurs partie de leur tournée européenne 2026. À 15h45, les cinq Costariciens quittent la scène après trente minutes particulièrement massives.

16h00 – 16h30 | Death Vomit

16h00, direction l’Indonésie avec Death Vomit, trio originaire de Yogyakarta et actif depuis 1995. Avec plus de trente ans d’existence derrière lui, le groupe fait clairement partie des vétérans de cette deuxième journée. Dès leur arrivée sur scène, le trio affiche une présence assez sobre : longues chevelures impeccablement raides, pas besoin d’artifices ni d’en faire des tonnes. Ici, c’est surtout la musique qui parle.

Musicalement, on revient vers quelque chose de beaucoup plus old school. Un death metal brutal, direct et efficace, qui tranche avec certaines formations plus orientées slam ou aux sonorités beaucoup plus modernes entendues depuis le début du festival. En trente minutes, Death Vomit va droit à l’essentiel avec seulement cinq morceaux, en ouvrant sur The Undead, avant d’enchaîner In War for Deliverance, Ancient Spell of Evil et Decadence of Life, pour finalement terminer avec Where the Devil Blessed. Une setlist courte, mais particulièrement solide, avec notamment trois morceaux issus de Dominion Over Creation.

Pas besoin de courir dans tous les sens : après trois décennies d’existence, la machine est parfaitement rodée. C’est lourd, incisif et sans fioritures. Une nouvelle fois, le Deathfeast nous fait voyager : quinze minutes après le Costa Rica, nous voilà en Indonésie.

16h45 – 17h15 | Jasad

Pas besoin de changer de pays : à 16h45, l’Indonésie reste à l’honneur avec Jasad. Pour moi, ce sera l’une des grosses surprises de cette deuxième journée. J’avais pris le temps d’écouter le groupe sur album avant le festival, mais je n’avais absolument pas suivi les changements récents autour de son line-up. Je découvre donc en les voyant monter sur scène que le micro est désormais tenu par Popo Puji Apriantikasari, qui officie également au chant de Demons Damn et de Soul of Slamming.

Popo avait d’abord rejoint Jasad en mai 2024 pour assurer le chant pendant la mise en retrait du frontman historique Man Jasad, contraint de prendre du repos pour des raisons de santé. Elle est aujourd’hui référencée comme membre au chant du groupe. Et quel choix ! Cette dernière est dotée d’une voix incroyable.

Ce qui me frappe immédiatement, c’est justement le contraste entre ce qui sort de ses cordes vocales et son attitude sur scène. Pas de fioritures, pas de personnage surjoué ni de look qui semble vouloir crier « regardez-moi ». Une femme simple, beaucoup de classe, une présence naturelle… puis elle ouvre la bouche et une voix monstrueuse en sort. Personnellement, ce concert a été un véritable coup de cœur. Devant la scène, je ne suis visiblement pas le seul à apprécier : le pit est en feu. Jasad déroule son brutal death avec toute l’expérience accumulée depuis des décennies, et cette configuration avec Popo au chant fonctionne redoutablement bien.

Un autre détail attire alors mon attention : Popo porte un t-shirt Extreme Vocal Alliance. Il s’agit en effet d’une structure qui agit comme un espace d’apprentissage et de partage entre vocalistes extrêmes. Derrière cette organisation, dont Popo fait partie des mentors, se cache une belle partie de la scène underground indonésienne, on y retrouve véritablement toute une communauté. Et quand on entend la maîtrise vocale de Popo avec Jasad, on comprend assez rapidement pourquoi elle est impliquée dans un projet pareil.

J’étais venu voir Jasad en connaissant leur musique, je suis reparti en ayant découvert une chanteuse qui m’a franchement bluffé.

17h30 – 18h00 | Internal Suffering

Direction la Colombie avec Internal Suffering. Quelques gouttes commencent à se faire sentir, mais pour l’instant, rien de bien méchant. Juste de quoi nous rappeler que la météo allemande peut encore décider de venir mettre son grain de sel dans cette deuxième journée. Avec Internal Suffering, on retrouve surtout une sonorité qui sent davantage le brutal death à l’ancienne. Et ce n’est finalement pas très étonnant : le groupe existe sous ce nom depuis 1996 et approche donc les trente années d’existence.

Pas besoin ici de chercher quelque chose de particulièrement moderne. Ça joue vite, lourd et brutal, avec cette sensation de retrouver une formation issue d’une autre génération. Trente minutes efficaces, sans forcément être le concert sur lequel j’aurai le plus d’anecdotes à raconter. Je n’ai malheureusement pas récupéré leur setlist exacte du Deathfeast, donc je préfère ne pas inventer les morceaux joués. Parmi les titres que le groupe a régulièrement interprétés en concert, on retrouve toutefois Chaotic Matrix, Choronzonic Force Domination, Summon the Gods of Chaos, Vatican Bombardment, Cyclonic Void of Power ou encore Unmercyful Extermination.

Le pedigree de certains membres colle parfaitement à ce côté vétéran de la scène. Le batteur Wilson Henao est également passé par Masacre et Carnivore Diprosopus ; le guitariste Andrés Mauricio Gallón est lié notamment à Mindly Rotten et Acerbated, tandis que le bassiste Andrés García a également joué dans Goretrade. Un passage sans grande folie à raconter de mon côté, mais solide, brutal et parfaitement à sa place au Deathfeast.

18h15 – 18h45 | Deadsquad

À 18h15, troisième et dernier représentant indonésien de la journée avec DeadSquad. Et petite précision intéressante : DeadSquad, Jasad et Death Vomit ne se retrouvent pas par hasard tous les trois au Deathfeast. Les trois groupes voyagent ensemble en Europe dans le cadre d’une tournée, avec plusieurs dates communes. Pour DeadSquad, j’ai déjà un petit point de repère : leur guitariste était déjà présent au Deathfeast l’année précédente, et ça fait plaisir de le retrouver ici.

Sur scène, pas grand-chose à redire : c’est carré, précis et franchement très bon. DeadSquad possède une approche un peu différente des deux formations indonésiennes qui viennent de les précéder, et cette succession de trois groupes du même pays permet justement de constater à quel point une même scène nationale peut proposer des identités différentes. Et détail assez fou quand on connaît les galères traversées par les trois groupes quelques jours auparavant : Death Vomit, Jasad et DeadSquad ont réussi à être présents à Andernach et à assurer leurs trois concerts. Rien que pour ça, leur passage au Deathfeast avait une petite saveur supplémentaire.

Malheureusement, je vais devoir sacrifier les dernières minutes du concert. Depuis quelque temps, le ciel devient de plus en plus menaçant. Quelques gouttes étaient déjà tombées pendant Internal Suffering et, cette fois, mon instinct me dit qu’il serait peut-être judicieux d’aller récupérer ma veste de pluie à la tente avant que les choses ne se gâtent vraiment, je quitte donc DeadSquad légèrement avant la fin. Pour une fois, excellente décision, parce que quelques minutes plus tard, entre la fin de DeadSquad et l’arrivée de Hour of Penance, le ciel va finalement décider de nous tomber dessus pour de bon.

19h00 – 19h30 | Hour of Penance

Place aux Italiens de Hour of Penance, et personnellement, j’avais une petite revanche à prendre. Je devais déjà avoir l’occasion de les voir en Suisse, mais le concert avait finalement été annulé. Autant dire que leur présence au Deathfeast faisait partie des passages que je ne voulais surtout pas manquer.

Forcément, la pluie vient un peu gâcher la fête. Certains cherchent rapidement de quoi s’abriter, d’autres sortent les vestes et les ponchos, mais une bonne partie du public décide simplement de rester devant la scène. Sous l’averse, les Italiens ne vont pas faire dans la dentelle. Hour of Penance existe depuis 1999 et possède derrière lui plus de vingt-cinq ans de technical/brutal death metal. Ça se ressent immédiatement : le son est massif, précis et particulièrement puissant.

Pas besoin d’une énorme mise en scène. Les Italiens envoient leur death metal avec une efficacité redoutable et nous livrent une très bonne prestation, malgré des conditions météo qui auraient facilement pu refroidir l’ambiance. D’autant que le groupe est alors en pleine période de création : quelques semaines avant le Deathfeast, Hour of Penance était entré en studio pour enregistrer son dixième album, successeur de Devotion sorti en 2024.

Au final, j’aurai attendu un peu plus longtemps que prévu pour enfin voir Hour of Penance, il aura simplement fallu aller jusqu’en Allemagne… et accepter de les voir sous une bonne rincée.

19h45 – 20h30 | Cytotoxin

À 19h45, les Allemands de Cytotoxin entrent en scène pour 45 minutes, comme si le groupe avait négocié directement avec la météo, la pluie commence enfin à se calmer. Après la rincée que nous venons de prendre, difficile de ne pas sourire : on pourrait presque croire que Cytotoxin vient vérifier si la pluie qui vient de nous tomber dessus n’était pas radioactive.

L’introduction retentit et nous plonge immédiatement dans l’univers si particulier de Cytotoxin. On entend le crépitement caractéristique d’un compteur Geiger, cet appareil utilisé pour détecter la radioactivité. Les musiciens apparaissent alors masqués, renforçant encore cette ambiance de zone contaminée. Grimo, au chant, retire rapidement son masque pour prendre possession de la scène, tandis que les autres membres conservent les leurs encore un bon moment.

A partir de là, le show démarre vraiment. Grimo ne tient pas en place. Il grimpe à plusieurs reprises sur la barrière, descend directement au contact du public et passe son temps à pousser le pit toujours un peu plus loin.

Le thème nucléaire ne sert d’ailleurs pas simplement de décoration. Chez Cytotoxin, tout le spectacle est construit autour de cet univers inspiré de Tchernobyl et de ses conséquences. À plusieurs reprises, Grimo sort notamment un panneau de signalisation indiquant le sens d’un rond-point. Pas besoin de longues explications, il le montre au public et tout le monde comprend immédiatement le message : il faut tourner. Le circle pit repart alors de plus belle.

Plus tard, il descend carrément dans le public avec un bidon marqué du symbole nucléaire. Le chanteur se retrouve au milieu des festivaliers, bidon en main, avant que celui-ci ne finisse complètement écrasé vers la scène. Vu de l’extérieur, tout semble complètement chaotique, mais en observant le groupe, on comprend rapidement que tout est millimétré : les accessoires, les déplacements, les interactions avec le public et la manière de relancer constamment le pit… Cytotoxin construit véritablement un show autour de son identité.

Côté musique, le groupe arrive au Deathfeast avec Biographyte, son cinquième album, sorti en avril 2025. Un disque qui poursuit justement tout ce concept autour de Tchernobyl en consacrant ses morceaux à différents lieux et événements liés à la catastrophe.

Je n’ai malheureusement pas récupéré la setlist exacte de leur passage à Andernach — elle n’est d’ailleurs toujours pas renseignée sur la page du festival — donc inutile d’inventer une liste de morceaux.

On sait en revanche quels titres constituaient la base de leurs concerts autour de cette période. Hope Terminator, Condemnesia et Biographyte représentent le dernier album, tandis que Nuklearth, Atomb, Chaos Cascade, Sector Zero, Outearthed, Radiatus Generis et Chernopolis permettent au groupe de replonger dans ses albums précédents. Ce sont notamment ces morceaux que l’on retrouve dans leurs setlists récentes, et avec Cytotoxin, ces titres prennent encore une autre dimension en live.

À 20h30, la zone est finalement évacuée. Bonne nouvelle : après analyse, la pluie allemande ne semblait finalement pas si radioactive que ça.

20h45 – 21h30 | Annotations of an Autopsy

À 20h45, place aux Britanniques d’Annotations of an Autopsy. Le groupe n’était d’ailleurs pas prévu sur l’affiche originale, ce dernier fait en effet partie des deux formations appelées en remplacement après les annulations de Vulvodynia et Extermination Dismemberment, aux côtés de Coffin Feeder que nous avions vu la veille. Leur présence à Andernach est d’autant plus particulière qu’il s’agit de leur unique concert européen de 2026.

Malheureusement, la météo décide une nouvelle fois de s’inviter à la fête, et cette fois, elle ne fait pas semblant. Dès le début du concert, il pleut des cordes ; je décide donc de faire rapidement mes quelques photos devant la scène avant de profiter d’un petit privilège lié à l’accréditation : direction l’arrière de la scène pour me mettre à l’abri. Je dois avouer que je me sens presque un peu mal en regardant tous les festivaliers continuer à prendre la pluie de plein fouet, mais puisque l’occasion de rester au sec se présente, autant en profiter.

Je regarde ainsi les premiers morceaux depuis l’arrière de la scène, et soudain… plus rien. Au bout du deuxième ou troisième morceau, le son se coupe, les lumières s’éteignent et l’ensemble de la scène se retrouve plongé dans le noir. Difficile de savoir précisément ce qui s’est passé, mais il s’agit très probablement d’un problème lié à la pluie.

Pendant près d’une dizaine de minutes, le concert est complètement interrompu. Enfin, le son revient, mais pas la lumière. Et plutôt que d’attendre davantage, Annotations of an Autopsy décide de reprendre le concert dans le noir, une première pour moi ! On distingue à peine les musiciens sur scène, mais eux continuent comme si de rien n’était. Le public, lui aussi, joue le jeu et certaines personnes sortent même leur téléphone pour essayer d’éclairer la scène. Une réaction spontanée, presque un pied de nez à la panne, qui résume plutôt bien l’ambiance du Deathfeast : il pleut des cordes, la scène tombe en panne, mais personne n’a envie que le concert s’arrête.

Quelques minutes plus tard, on aperçoit enfin du mouvement au-dessus de la scène. Les lumières reviennent progressivement et nous laissent découvrir deux techniciens perchés sur une échelle, en train d’intervenir sur les câbles. Il faut d’ailleurs souligner la réactivité de toute l’équipe du Deathfeast. Malgré la pluie battante et un problème suffisamment important pour plonger la scène dans le noir, tout est remis en ordre et le concert peut reprendre normalement. Annotations of an Autopsy peut alors terminer son set dans des conditions presque normales — si l’on oublie évidemment la quantité de flotte qui est tombée sur Andernach. Leur passage au Deathfeast 2026 aura finalement été tout sauf ordinaire.

21h45 – 22h30 | Cerebral Incubation

À 21h45, direction Las Vegas avec Cerebral Incubation. Et là, on attaque clairement l’un des très gros noms attendus de cette édition. Le Deathfeast avait d’ailleurs présenté leur venue comme leur unique concert européen de 2026. Dès l’arrivée du chanteur sur scène, difficile de regarder ailleurs. Dreadlocks, carrure impressionnante et surtout une présence complètement folle, le bonhomme ne tient littéralement pas en place. Il se penche brutalement vers l’avant, se redresse, repart, finit régulièrement quasiment au sol… Il vit chaque seconde du concert avec une intensité assez hallucinante. Et vocalement, c’est tout aussi impressionnant. Ses pig squeals, notamment les plus aigus, transpercent littéralement le mix et donnent immédiatement envie au public de bouger.

Le reste du groupe ne se contente évidemment pas de regarder : derrière lui, Cerebral Incubation déroule son slam death metal massif, avec cette lourdeur qui a fait sa réputation depuis sa formation en 2007.

Pour les morceaux, je préfère ne pas inventer : la setlist du Deathfeast est bien référencée en ligne, mais les titres n’y sont pas encore renseignés. Parmi leurs morceaux régulièrement joués récemment, on retrouve notamment Bubbling Rectal Cum Fart, Gargling Gelatinous Menstruation, Infatuated Acroposthion ou encore Fermented Cranial Inebriating Fluids.

Leur passage ne s’arrêtera finalement pas aux 45 minutes passées sur scène. En effet, le groupe reste au Deathfeast le lendemain — ce que l’organisation avait d’ailleurs annoncé — et nous aurons l’occasion de croiser ses membres à maintes reprises dans le festival. À chaque fois, même constat : souriants, accessibles et visiblement heureux d’être là et de profiter du festival avec tout le monde.

Une énorme prestation, une présence scénique incroyable et clairement l’un des concerts qui aura marqué cette deuxième journée.

23h00 – 00h00 | Internal Bleeding

Pour terminer cette deuxième journée, le Deathfeast accueille un morceau important de l’histoire du slam : Internal Bleeding. Les Américains disposent d’une heure pour clôturer ce vendredi et, après une journée déjà particulièrement chargée, on termine sur quelque chose de plus old school, sans avoir besoin d’en faire des tonnes. Internal Bleeding, c’est l’efficacité avant tout : un son massif, direct, avec cette manière plus ancienne d’aborder le slam qui rappelle aussi tout ce que le genre doit à des formations comme celle-ci.

La setlist récupérée sur place permet de conserver une belle trace de ce dernier concert. On y retrouve notamment Time to Die, Four Aces Shooter, Evidence in the Delirium, Pantheon, Pigfuckers, Final Justice, Corrupting Influence, Surrounded From Inside, Focus, Driven to Conquer ou encore The Pageantry of Savagery.

Après toutes les formations et toutes les nationalités croisées depuis le début de la journée, terminer avec un groupe aussi important dans l’histoire du style (étant souvent crédités comme son inventeur) a quelque chose d’assez logique. Pas besoin d’artifices : c’est lourd, old school et terriblement efficace. Franchement, une très bonne manière de conclure cette deuxième journée.

À minuit, les dernières notes résonnent et cette fois, contrairement à la veille, aucune envie de prolonger la fête au camping car la journée a été longue. Nous attendons donc la fin d’Internal Bleeding avant de reprendre tranquillement la direction de la tente.

Demain matin, il faudra être prêt. Le troisième et dernier jour du Deathfeast nous attend.