Ultra Vomit, Sabaton, Iron Maiden, Rotting Christ, Opeth, Helloween, Sepultura, Sylosis, Accept, Ponte del Diavolo, Mourir
Clisson (FR)
Date 19 juin 2026
Chroniqueurs Nelly Lafargue, Jordan Fonvieille, Jérôme Chassin, Emy Ruiz
Photographe Corentin Charbonnier
https://hellfest.fr

La chaleur est déjà bien présente, mais les festivaliers sont au rendez-vous dès le matin pour profiter des nombreuses propositions de cette deuxième journée.

Mourir, Temple – 11h05/11h35

La journée commence sous la Temple avec Mourir, formation de black metal aux accents légèrement dépressifs. Le groupe dévoile un univers sombre, marqué par une sensation de malaise qui, paradoxalement, se transforme rapidement en quelque chose de presque lumineux et fascinant. Mourir balance ses blasts, ses screams et son intensité sans jamais tomber dans la monotonie. Une belle découverte, un show réussi qui donne envie de revoir le groupe rapidement. Pour résumer parfaitement le ressenti à la sortie du concert : « Putain, je me suis pas bougé le cul pour rien. »

Ponte del Diavolo, Temple – 13h35/14h15

Quelques heures plus tard, la Temple accueille Ponte del Diavolo, un groupe difficile à classer mais immédiatement intrigant. La proposition est à part, captivante, qui demande quelques minutes pour entrer dans son univers. Une fois le public embarqué, impossible de rester indifférent. La voix atypique de la chanteuse apporte une véritable identité au groupe, tandis que les basses profondes et les riffs de guitare parfaitement affûtés donnent une efficacité redoutable à l’ensemble.

Une belle surprise, et un concert dont on ressort avec le sentiment d’avoir découvert quelque chose de différent.

Accept, Mainstage 1 – 16h45/17h35

Direction la Mainstage 1 avec les légendes allemandes d’Accept !

Avec près de 50 ans de carrière au compteur, le groupe prouve qu’il possède encore une belle énergie scénique. Les morceaux sont exécutés avec précision, le public répond présent et l’ensemble fonctionne parfaitement. Le groupe réserve également une petite surprise avec l’arrivée du chanteur de Queensrÿche, Todd La Torre, pour partager un morceau avec eux.

Le concert est efficace, sans révolution, mais avec ce qu’il faut de puissance et de professionnalisme. Mention spéciale au guitariste qui ressemble étrangement à Bruce Willis ; une ressemblance qui aura bien fait sourire pendant le set.

Sylosis, Altar – 17h40/18h30

Sous l’Altar, Sylosis propose un set intense, malheureusement, la chaleur écrasante aura raison de nous. En effet, les conditions deviennent difficiles et nous décidons de quitter le concert avant la fin. Dommage, car le groupe semblait avoir les arguments pour offrir une belle prestation.

Sepultura, Mainstage 2 – 17h40/18h30

Un set forcément particulier que celui de Sepultura, venu offrir son concert d’adieu.

Malgré un show en plein soleil et des conditions compliquées, le groupe livre une prestation solide. La voix est au rendez-vous, l’énergie également, et l’émotion est palpable devant cette dernière rencontre avec une formation qui aura marqué l’histoire du metal. Un moment important de cette édition 2026.

Helloween, Mainstage 1 – 18h35/19h55

Première rencontre en live avec Helloween, et clairement pas une déception.

Le groupe propose un véritable gros show de heavy metal, prouvant que l’âge n’empêche absolument pas de mettre une scène à feu et à sang. Les musiciens assurent tous leur rôle à la perfection et Michael Kiske et Andi Deris impressionnent par leur maîtrise vocale. Les aigus sont toujours là, les harmonies fonctionnent à merveille et les solos caractéristiques du groupe sont parfaitement exécutés.

Un des moments les plus attendus arrive avec « Keeper of the Seven Keys », repris avec passion par une foule visiblement conquise.

Un excellent souvenir de cette édition !

Opeth, Mainstage 2 – 20h00/20h55

Avec Opeth, changement d’ambiance. Le groupe met naturellement en avant son nouvel album tout en n’oubliant pas ses classiques, permettant aux fans de différentes périodes de trouver leur bonheur. On retrouve en live toutes la diversité et le génie d’Opeth. Mikael Åkerfeldt est, comme à son habitude, un véritable génie vocal.

Rotting Christ, Temple – 20h35/21h35

Impossible de passer à côté de Rotting Christ sous le Temple. Les Grecs prouvent une nouvelle fois pourquoi ils restent une référence incontournable du black metal mélodique. Dès les premières notes, la communion avec le public est totale. Le groupe enchaîne les morceaux avec une maîtrise impressionnante, porté par une setlist redoutablement efficace mêlant classiques incontournables et titres plus récents. Les hymnes comme « Kata Ton Daimona Eaytoy », « 666 », « Elthe Kyrie » ou encore « Non Serviam » transforment rapidement la Temple en immense chœur, où chaque refrain est repris par un public totalement conquis. Sakis Tolis impressionne toujours autant par son charisme et sa proximité avec les festivaliers. Sans artifices, uniquement grâce à la puissance de leur musique et à leur présence scénique, Rotting Christ réussit une nouvelle fois à captiver toute la Temple.

Dans une édition marquée par une chaleur accablante, ce concert fait incontestablement partie des grands moments de la journée. Intense, fédérateur et profondément habité, il rappelle pourquoi le groupe est devenu une valeur sûre du Hellfest et pourquoi chacun de ses passages est attendu avec autant d’impatience.

Iron Maiden, Mainstage 1 – 21h00/23h10

Le moment que beaucoup attendaient arrive enfin : Iron Maiden investit la Mainstage 1. Étrangement, le public ne s’est pas amassé des heures en avance… en revanche, on peut vous garantir que dès le début du show, il était bien présent ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la légende britannique n’a pas déçu. Personnellement, on avait un peu peur suite à leur dernière prestation au Hellfest en 2023, où la DA (comme diraient les « jeunes », nous on aurait simplement dit « la scénographie ») était très en décalage, la voix pas toujours à son top niveau et la setlist discutable. Cette année, le show est parfaitement travaillé, les décors et les écrans géants accompagnent magnifiquement les morceaux, offrant une véritable immersion dans l’univers du groupe.

Pour beaucoup de fans présents, c’est un moment hors du temps. Bruce Dickinson est impressionnant, toujours aussi charismatique, capable d’assurer aussi bien les titres récents que ceux des grandes périodes historiques du groupe. Iron Maiden enchaîne les classiques avec une énergie incroyable et lorsque retentit « Powerslave », le public comprend qu’il assiste à un moment privilégié. Mais le sommet émotionnel reste probablement The Rime of the Ancient Mariner, durant lequel les images diffusées sur les écrans, la mise en scène et la puissance du morceau créent un moment véritablement majestueux. Seventh Son of a Seventh Son est également un grand moment, tandis que Steve Harris démontre une nouvelle fois qu’il reste un pilier absolu du groupe.

Puis vient le moment de jouer Fear of the Dark. La foule entière des Mainstages devient un chœur géant. Les frissons sont garantis, les voix s’élèvent partout autour de Clisson : un moment qui restera certainement comme l’un des grands souvenirs du Hellfest 2026.

Sabaton, Mainstage 2 – 23h15/00h45

Après Iron Maiden, place au grand spectacle avec Sabaton, des fidèles du festival. Le groupe ne fait pas les choses à moitié : pyrotechnie, effets visuels, mise en scène et même un char sur lequel le batteur, Hannes Van Dahl, prend place et qui semble s’élever à plusieurs reprises pendant le concert. L’aspect spectaculaire monte encore d’un cran avec l’arrivée d’un acteur incarnant Napoléon lors de I, Emperor. Le moment devient presque surréaliste lorsque « Napoléon » débarque sur scène et demande au public de chanter La Marseillaise. Face à la puissance de la réaction du public, l’acteur semble presque déstabilisé, quittant quelques secondes son rôle avant que le morceau ne reprenne.

Autre élément marquant : la présence d’un chœur de six chanteurs qui accompagne le groupe sur une partie du concert et apporte une dimension supplémentaire aux morceaux.

Un show spectaculaire, exactement dans l’esprit de Sabaton.

Ultra Vomit, Mainstage 1 – 00h50/02h30 environ

Pour terminer cette deuxième journée, direction la Mainstage 1 avec Ultra Vomit, qui profite de l’occasion pour enregistrer son futur DVD live. Forcément, avec eux, impossible de savoir à quoi s’attendre ! Le concert démarre par un immense Évier Metal repris par tout le public, avant de poursuivre sur un enchaînement de morceaux absurdes entrecoupés de nombreux échanges avec la foule, le tout baignant dans un humour permanent.

La traditionnelle minute Manard réserve également son lot de surprises, avec un hommage à Ozzy Osbourne pour le moins… particulier sur le plan vocal. Une catastrophe assumée qui provoque évidemment les rires du public !

Le groupe plaisante beaucoup sur son arrivée enfin en Mainstage 1, après avoir longtemps occupé la Mainstage 2. Ce running gag se poursuit jusqu’à la fin : lors de la photo finale avec le fameux compte à rebours « 3, 2, 1 », les feux d’artifice sont finalement tirés… sur la Mainstage 2. Erreur technique ? Blague volontaire pour immortaliser le moment sur le DVD ? La réponse arrivera certainement à la sortie du live.

Une chose est sûre : Ultra Vomit aura conclu cette deuxième journée avec son humour habituel et une bonne dose de chaos organisé.

Encore merci à toute l’équipe du Hellfest pour son accueil.

Toutes les magnifiques photos que vous voyez sont signées Corentin Charbonnier, merci à lui !