Après une courte nuit, le réveil est difficile mais le Hellfest n’attend pas. Dès 10 h 30, les premières notes résonnent déjà sur les Mainstages et malgré la chaleur qui s’annonce encore écrasante, les festivaliers sont nombreux à venir profiter de cette troisième journée.
Une journée qui va offrir son lot de découvertes, de moments suspendus et de grands concerts.
Loco Muerte, Mainstage 2 – 10 h 30/11 h 00
Ce sont les Français de Loco Muerte qui ouvrent les hostilités. Malgré l’horaire matinal, le public est déjà bien présent devant la Mainstage 2. Le groupe ne tarde pas à mettre le feu ; il ne dispose que de trente minutes de set, mais les rend totalement explosives ! Les fameux crocodiles gonflables distribués par le groupe deviennent rapidement les stars du pit : certains festivaliers les utilisent pour slamer, d’autres les embarquent dans les circle pits. Comme si cela ne suffisait pas, deux courageux débarquent même en costumes de dinosaures gonflables pour participer à la fête !
Un début de journée complètement fou, avec une Mainstage 2 remplie. C’était énergique et joyeux, et on attaque avec un show dans les pattes qui fait encore plus grimper la température…
Dope Spell, Mainstage 1 – 11 h 05/11 h 35
Suite à l’annulation de Tom Morello, c’est Dope Spell qui récupère le créneau de la Mainstage 1, entraînant un décalage d’une heure pour les concerts suivants. Le groupe, déjà aperçu quelques jours auparavant sur la Hellstage, se retrouve catapulté sur une scène beaucoup plus grande. Malgré une voix légèrement fatiguée, l’énergie est bien présente et on sent les musiciens heureux d’être là. Les spectateurs sont encore peu nombreux, suite au passage explosif de Loco Muerte, mais le groupe profite pleinement de cette opportunité inattendue.
Après ce début de journée intense, une pause s’impose pour tenter de survivre à la chaleur.
Non Est Deus, Temple – 13 h 55/14 h 35
Retour sous la Temple pour assister à la messe noire célébrée par Non Est Deus. La mise en scène attire immédiatement le regard : un pape maléfique (et je ne parle pas de Léon XIV, ni de Palpatine) vient délivrer son sermon au milieu d’un déluge de riffs rapides et puissants. Le groupe allemand frappe fort mais ne se limite jamais à une pure et simple brutalité. Derrière les blasts et les screams, une vraie dimension mélodique apparaît et donne une profondeur supplémentaire aux morceaux. Le meneur Noise, immergé dans son personnage, pousse encore plus loin l’expérience avec une prestation physique impressionnante.
Lorsque les cloches résonnent pour annoncer la fin de la cérémonie, une chose est certaine : cette messe-là était particulièrement réussie.
1914, Temple – 15 h 25/16 h 05
Toujours sous la Temple, 1914 nous plonge dans l’univers sombre de la Première Guerre mondiale. Avec un telle décor et l’ambiance allant avec, on pourrait s’attendre à un black metal brutal dans la lignée de Marduk… et effectivement, ça blast sévèrement ! Ceci dit, le groupe propose bien plus que ça : les passages mélodiques apportent une véritable émotion et la communication du chanteur avec le public, notamment autour de la guerre en Ukraine, donne une dimension humaine supplémentaire au concert. Une découverte marquante.
Gaerea, Temple – 16 h 55/17 h 40
Nouvelle découverte avec Gaerea, et certainement l’une des belles surprises de cette édition.
Le groupe possède une identité immédiatement reconnaissable, entre post-black et metal alternatif. Le chanteur embarque le public dans son univers dès les premières secondes avec un chant profond, parfois presque mélodique tout en restant dans le scream ; une approche particulière qui fonctionne parfaitement. Alors que la chaleur devient difficilement supportable, un léger courant d’air vient traverser la Temple et rend ce moment encore plus agréable.
Une vraie réussite, un groupe à revoir sans hésitation !
God Is an Astronaut, Valley – 17 h 45/18 h 30
Direction ensuite la Valley pour un changement radical d’atmosphère avec God Is An Astronaut.
Après plusieurs concerts intenses, le groupe offre une véritable parenthèse de calme et de sérénité. On ferme les yeux, on se laisse porter par cette musique envoûtante et on profite simplement du moment. Les rayons du soleil réchauffent le corps tandis que les compositions transportent l’esprit.
Un instant de bonheur qui rappelle que le Hellfest sait aussi offrir des moments de contemplation.
Enhancer, Mainstage 2 – 18 h 35/19 h 25
Après cette pause bienvenue, retour à une énorme dose d’émotion avec Enhancer. Après presque seize ans d’absence, le groupe revient enfin sur scène au Hellfest et l’enthousiasme de ses membres se ressent immédiatement. Dès le premier morceau, tous les musiciens sont réunis autour du batteur avec de grands sourires : ils sont heureux d’être là, et le public le ressent. Le chanteur descend ensuite rapidement au milieu de la foule, provoquant un immense circle pit autour de lui.
La suite réserve quelques surprises. Tout d’abord, le chanteur de The ARRS, Nicolas Laurent, rejoint le groupe pour un morceau, dix ans après son dernier passage au Hellfest, et annonce également le retour du groupe prévu pour 2027.
Mais le moment totalement inattendu arrive avec l’entrée de JoeyStarr pour interpréter Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?. Une apparition qui surprend tout le monde et déclenche une énorme réaction du public ! L’émotion atteint son paroxysme avec United Nowhere, durant lequel le chanteur, le bassiste et le batteur de Pleymo rejoignent Enhancer sur scène pour une interprétation collective de ce titre culte.
Pour beaucoup, ce show d’Enhancer restera un moment absolument inoubliable. Le final rassemble tous les invités sur scène dans une véritable explosion de joie. Un concert généreux et rempli d’émotion.
Septicflesh, Altar – 19 h 30/20 h 30
Direction ensuite l’Altar pour retrouver Septicflesh, et quelle claque !
Le groupe livre un concert tout simplement incroyable, porté par une setlist exceptionnelle. Le retour en live de Virtues of the Beast est un véritable cadeau pour les fans, accompagné bien sûr de nombreux classiques qui font toujours mouche. On apprécierait évidemment encore davantage la présence de Sotiris Vayenas sur scène, tant son identité vocale et son charisme apportent une dimension supplémentaire au groupe. Cela étant, son absence n’empêche absolument pas le concert de rester intense, puissant et parfaitement maîtrisé. Les arrangements orchestraux, la lourdeur des riffs et l’atmosphère unique de Septicflesh fonctionnent à merveille sous l’Altar.
Cerise sur le gâteau : Seth Anton annonce un concert orchestral en France en 2027. Une annonce qui donne déjà envie d’y être — car oui… on y sera !
A Perfect Circle, Mainstage 1 – 20 h 35/21 h 45
Après l’intensité de Septicflesh, A Perfect Circle propose un set plus posé. Le groupe délivre une prestation maîtrisée et élégante, fidèle à son univers. Comme toujours avec Maynard James Keenan, la communication avec le public reste limitée, laissant toute la place à la musique. Les fans de longue date remarqueront toutefois des tempos légèrement ralentis par rapport aux versions habituelles. La belle surprise vient du retour de « TalkTalk » en live, morceau qui n’avait pas été joué depuis plusieurs années.
Un moment suspendu entre deux tempêtes.
Amenra, Valley – 21 h 40/22 h 40
La Valley accueille ensuite l’un des concerts les plus attendus de la journée avec Amenra. Après une première rencontre frustrante en 2023 faute d’avoir vu le concert complet, impossible de manquer cette occasion… l’on fait bien, car quelle prestation ! Dès les premières minutes, les frissons se font ressentir. Le chanteur Colin H. Van Eeckhout semble littéralement vider toute sa douleur dans ses screams d’une profondeur impressionnante. Le doom/sludge du groupe est monumental : la basse, les guitares, l’atmosphère générale… tout fonctionne parfaitement.
Même les patates brûlantes de chez Mémé Patate n’arrivent pas à détourner l’attention. Un concert magnifique, malheureusement beaucoup trop court.
Megadeth, Mainstage 2 – 21 h 50/23 h 05
Le suite nous mène de nouveau vers la Mainstage 2 où se produit Megadeth. Si les éternels débats sur la voix de Dave Mustaine ont toujours cours, sur scène, le constat est simple : le groupe assure. L’énergie est bien présente, la setlist ravit les fans et Megadeth démontre une nouvelle fois sa capacité à ne jamais décevoir. Dirk Verbeuren est toujours impressionnant derrière les fûts et Teemu Mäntysaari transmet une passion communicative.
Un excellent concert d’adieu !
Limp Bizkit, Mainstage 1 – 23 h 10/00 h 30
Place ensuite à Limp Bizkit pour un immense moment de communion. Face à un public déjà conquis avant même le début du concert, le groupe ne tarde pas à donner à ce dernier ce qu’il est venu chercher : des tubes puissants, une énergie folle et un show généreux. Fred Durst est toujours aussi drôle et efficace, tandis que Wes Borland impressionne autant par son costume totalement déjanté que par son jeu de guitare toujours aussi précis. Les petites séquences humoristiques entre les morceaux rendent le spectacle encore plus agréable. Un rapide hommage à Sam Rivers, décédé quelques mois plus tôt des suites d’une maladie, est évidement rendu.
Comme souvent avec Limp Bizkit en live, les Américains sont là pour faire plaisir à leur public, et ça fonctionne parfaitement.
Behemoth, Mainstage 2 – 00 h 35/01 h 50
Pour terminer cette troisième journée, place à Behemoth. Suite à l’annulation de Volbeat, le groupe récupère une place sur la Mainstage 2 et transforme cette opportunité en véritable démonstration. Après Limp Bizkit, les Mainstages se vident légèrement, permettant à ceux qui restent de souffler un peu… jusqu’à ce que les flammes viennent littéralement nous rappeler que Behemoth n’est pas là pour faire dans la dentelle ! Pas de doute, le spectacle est impressionnant. La scène est parfaitement occupée, les effets pyrotechniques donnent une dimension infernale au show et l’exécution des morceaux est irréprochable. Même la fatigue générale n’empêche pas de se relever sur des titres comme Blow Your Trumpets Gabriel. Une conclusion magistrale pour une journée déjà exceptionnelle.
Le Hellfest 2026 continue de tenir toutes ses promesses. Merci au festival pour l’accueil.
Toutes les magnifiques photos que vous voyez sont signées Corentin Charbonnier, merci à lui !



