Utilize The Remains
Meaningless Existence
Genre slam/brutal death metal
Pays Nouvelle-Zélande
Label Slam Worlwide
Date de sortie 18/08/2026

Site Internet

Formé en 2021 en Nouvelle-Zélande, Utilize The Remains revient avec Meaningless Existence, son deuxième album, dont la sortie est annoncée pour le 18 août 2026 via Slam Worldwide. Après une première démo de trois titres en 2021 puis l’album Psychotic Abyss en 2023, le groupe poursuit son chemin dans un slamming brutal death metal particulièrement massif, auquel viennent se greffer quelques éléments de deathcore.

En cinq années d’existence, les Néo-Zélandais ont déjà eu l’occasion de partager la scène avec une jolie collection de poids lourds, parmi lesquels Obituary, Psycroptic, Dying Fetus, Devourment, Immolation, Analepsy, Kraanium ou encore Disentomb. Le groupe a également franchi un cap en 2024 avec une tournée au Royaume-Uni et en Europe, comprenant notamment un passage par le célèbre festival Obscene Extreme en République tchèque.

Le line-up actuel réunit Dan Ferguson au chant et à la guitare, Ngā Reid à la basse, James Vanner à la batterie et Levi Sheehan à la guitare. Certains de ces noms ne sont d’ailleurs pas inconnus des amateurs de brutal death : Levi Sheehan officie également chez Organectomy, tandis que Dan Ferguson possède lui aussi des liens avec la formation néo-zélandaise. Autant dire que derrière Utilize The Remains se trouvent des musiciens qui connaissent parfaitement les codes du genre.

Visuellement, Meaningless Existence frappe aussi très fort. Le groupe a de nouveau confié son artwork à Eli Quinn, déjà responsable de celui de Psychotic Abyss. Un choix particulièrement réussi tant cette pochette bleutée, organique et presque apocalyptique colle parfaitement à l’univers du disque. Le mixage et le mastering ont quant à eux été confiés à Mychal Soto de Peelingflesh, là encore déjà présent sur le précédent album.

Mais passons à ce qui nous intéresse vraiment. Sealed Fate prend d’abord son temps pour installer son atmosphère. Quelques sonorités résonnent au loin, presque comme un écho, avant qu’un larsen de guitare ne vienne annoncer la suite. Le riff commence à se dessiner et, soudainement, tout nous tombe dessus : batterie, guitares et chant déboulent simultanément. C’est lourd, carré et surtout parfaitement maîtrisé. Utilize The Remains ne cherche pas à partir dans toutes les directions et préfère s’appuyer sur des fondations extrêmement solides. Les variations de tempo permettent au morceau de respirer entre accélérations et passages plus pesants, tandis que Dan Ferguson impressionne immédiatement par la profondeur et la puissance de son chant. Une excellente mise en bouche.

Necrotic Chambers of Decay ne change pas radicalement la formule. Les guitares restent énormes et le morceau poursuit le travail de démolition commencé quelques minutes auparavant. Là encore, le chant constitue l’une des grandes forces de Utilize The Remains : profond, massif et constamment présent sans venir étouffer le reste de l’instrumentation.

Avec Devouring Neuropathy, le groupe reste dans cette continuité tout en jouant davantage avec les contretemps. Les guitares se montrent également plus criardes par instants, apportant quelques variations à une formule qui commence déjà à afficher très clairement ses intentions. On comprend rapidement que Meaningless Existence ne sera pas un album cherchant à réinventer son style à chaque piste, mais plutôt à construire un énorme bloc sonore cohérent.

Biochemical Emptiness accueille ensuite Josh Bain. La construction reste proche des morceaux précédents, mais l’arrivée du second chanteur vers la dernière partie apporte davantage de profondeur. Les deux voix semblent parfois fonctionner presque comme des chœurs, se superposant pour épaissir encore un morceau qui n’en avait pourtant pas spécialement besoin.

Encoded Within vient casser légèrement la mécanique avec une nouvelle introduction. Une guitare relativement calme ouvre le morceau avant une montée en puissance progressive. Et lorsque la batterie finit par exploser, c’est une véritable pluie de caisse claire qui s’abat sur l’auditeur, comme un nuage de sauterelles dévorant tout sur son passage. L’image est peut-être étrange, mais elle correspond assez bien à cette sensation de voir quelque chose arriver en masse avant de tout recouvrir.

Sur Vicious Redemption, Utilize The Remains accueille cette fois Vin Henley-Minchington de Plague Of The Fallen. Quelques breakdowns viennent ponctuer le morceau. Ils restent relativement sages lorsqu’on a l’habitude des énormes cassures du deathcore moderne, mais fonctionnent parfaitement dans le contexte plus brutal death de l’album. Le seul petit regret vient peut-être du fait que les deux voix ne soient pas toujours évidentes à distinguer, ce qui rend le featuring légèrement moins marquant qu’espéré.

Flesh Ripped From Bone fait partie des morceaux qui ressortent davantage à mes oreilles, notamment grâce à son démarrage plus original. Et c’est peut-être à ce moment que se dessine également la principale limite de Meaningless Existence. Arrivé dans sa seconde moitié, l’album a désormais dévoilé l’essentiel de ses cartes. Les compositions sont solides, l’exécution ne souffre pratiquement d’aucun reproche, mais les morceaux ont tendance à se fondre les uns dans les autres.

Ce constat accompagne également Sadistic Manipulation et Keep Them All Docile. Ce n’est pas nécessairement un défaut : Meaningless Existence fonctionne particulièrement bien lorsqu’on le considère comme un ensemble plutôt que comme une succession de morceaux cherchant chacun à posséder son gimmick. On lance le disque et on se laisse emporter par cette masse de guitares, de batterie et de vocaux abyssaux. Simplement, ceux qui recherchent une surprise à chaque piste risquent de rester un peu sur leur faim.

Heureusement, Into Eternal Oblivion termine l’album sur une très bonne note. Le morceau fait partie de mes favoris, notamment grâce à un passage situé vers son milieu où un petit breakdown vient rencontrer un très joli riff de guitare. Rien de révolutionnaire sur le papier, mais l’association fonctionne parfaitement et donne au dernier titre suffisamment de personnalité pour conclure l’album comme il se doit.

Au final, Meaningless Existence ne cherche pas à révolutionner le slamming brutal death metal, et il serait difficile de prétendre le contraire. Utilize The Remains connaît ses forces et s’appuie dessus pendant dix morceaux. La contrepartie est une certaine homogénéité qui rend parfois les titres difficiles à distinguer les uns des autres, mais la qualité d’exécution est bien là : des guitares massives, une batterie qui cogne, quelques breakdowns bien placés et surtout une performance vocale impressionnante.

Ajoutons à cela une pochette particulièrement réussie, qui mérite clairement une mention spéciale, et on obtient un deuxième album extrêmement solide. Peut-être pas celui qui bouleversera les codes du genre, mais certainement un disque que les amateurs de slam et de brutal death devraient prendre plaisir à remettre régulièrement. Et personnellement, après plusieurs écoutes, je n’ai aucun problème à imaginer le relancer encore quelques fois.

Clip de Devouring Neuropathy ici !