Bonsoir, et merci d’être avec nous pour parler du nouvel album de Fallen Sanctuary qui sort le 18 septembre ! Comment vous sentez-vous vis-à-vis de cette sortie imminente ?
C’est fantastique ! Nous avons travaillé très dur pour ce nouveau chapitre de l’histoire de Fallen Sanctuary […] En ce moment, les premières personnes à avoir commandé l’album le reçoivent, et chaque jour, on reçoit des commentaires et des messages très positifs de leur part. Du coup, recevoir autant de compliments, c’est sûrement le meilleur moment, surtout après ces années à travailler d’arrache-pied sur cet album. C’est plutôt cool !
J’en profite pour donner mon propre retour : j’ai beaucoup aimé le premier album, et j’ai aussi adoré celui-ci !
Merci !
Première question : pourrais-tu récapituler l’histoire de la formation du groupe, comment vous vous êtes connus avec Georg Neuhauser et avec les autres membres — notamment votre nouveau batteur qui vous a rejoint cette année ?
Avec Georg, on s’est rencontrés il y a environ dix ans. Ce jour-là — je n’aurais jamais cru dire ça un jour —, j’aidais un ami à organiser un concert en Italie, dont Serenity était la tête d’affiche. Suite à cette soirée, on est restés en contact un petit moment, puis quand, avec Temperance, on a sorti Of Jupiter and Moon (extrait de l’album du même titre sorti en 2018, ndlr), il a beaucoup apprécié le morceau, du coup il m’a recontacté pour me demander si cela nous intéressait de jouer en première partie de Serenity pour une tournée au Royaume-Uni. Plus tard, on s’est vu proposer d’ouvrir de nouveau pour Serenity, cette fois-ci pour une tournée européenne… On a partagé beaucoup de moments très fun, ce qui nous a permis de bâtir une amitié solide. Par la suite, Georg m’a demandé d’écrire des morceaux avec lui ; à l’époque, c’était pour un autre projet, ensuite ça a été pour Serenity aussi. Puis en 2020, la pandémie est arrivée, ce qui nous a empêché de repartir en tournée — pour lui, avec Serenity, pour moi, avec Temperance… Du coup, pendant que nous étions chez nous, nous nous sommes mis à écrire du nouveau matériau, plus orienté power metal, étant donné qu’on est tous les deux de grands fans du genre dans sa période des années 2000… c’est comme ça que nous en sommes venus à fonder Fallen Sanctuary.
En ce qui concerne les autres membres du groupe, je connais Gabriele Gozzi, qui officie à la basse et aux chœurs, depuis plus de dix ans ; entre autres, c’est lui qui remplace Michele Guaitoli, le chanteur de Temperance, en cas d’indisponibilité. On a donc joué sur plein de dates ensemble, et Gabriele est selon moi un des meilleurs chanteurs en Europe, donc un membre de choix pour Fallen Sanctuary. Et notre nouveau batteur, c’est Dario Capacci, qui est un ami de longue date. C’est aussi le batteur de Trick or Treat, et c’est un gars génial en plus d’être un super batteur !
Votre premier album, Terranova, était sorti chez AFM Records, tandis que ce deuxième est autoproduit et a été financé grâce à une campagne de préventes. J’ai donc deux questions : d’une part, pourquoi avoir fait le choix de l’indépendance, d’autre part, comment le public a-t-il répondu à cette campagne ?
Comme tu viens de le dire, pour le premier album, on était chez AFM Records, mais malheureusement, le label a fermé. En vérité, après avoir appris la nouvelle, d’autres labels nous ont proposé des contrats, mais finalement, avec Georg, nous avons décidé de prendre les choses en main nous-mêmes. C’est une première dans nos carrières, étant donné qu’avec Serenity et Temperance, nous sommes signés chez Napalm Records ; avec Fallen Sanctuary, on a été chez AFM Records ; par le passé, avec Temperance, on a été signé chez Scarlet Records. De mon côté, j’ai aussi travaillé avec Frontiers Records… mais cette fois, on s’est dit que c’était le bon moment pour se lancer de notre côté.
Au niveau de la campagne de financement participatif, je dois avouer que nous avons été extrêmement surpris par l’engouement qu’elle a suscité, parce qu’on ne sait jamais comment ça va se passer ! Ceci dit, depuis la sortie du premier album de Fallen Sanctuary, on a reçu des retours très positifs d’un peu partout dans le monde : d’Europe, des États-Unis, du Japon aussi… ce qui fait que de nombreuses personnes se sont montrées totalement prêtes à nous apporter leur soutien en participant à la campagne de financement. Grâce à elles, l’objectif a été atteint en seulement un jour, et même dépassé. Ça a été fantastique !
Bravo pour cela ! Si je me souviens bien, l’écriture de ce deuxième album était déjà achevée lorsque le premier est sorti. Pourquoi ne pas l’avoir sorti plus tôt, dans ce cas ?
Au départ, on avait dans l’idée de le sortir à peu près deux ans après Terranova — en 2024, donc. Cependant, au vu de tout le boulot qui nous attendait avec Temperance et Serenity — les tournées, les concerts, les festivals — et nos vies personnelles aussi, on n’a pas trouvé le temps de le faire comme on l’avait prévu. Effectivement, l’écriture des morceaux est finie depuis quelques années, mais les textes, on ne les a écrits que cette année, en vrai, parce qu’en début d’année, on s’est dit « Allez, il est temps de s’y mettre ! ». On s’y est donc mis, et on en a profité pour finaliser les arrangements dans la foulée. Et c’est enfin le moment de le sortir !
« The Gathering of Dreams représente un grand pas en avant pour Fallen Sanctuary.«
La première chose qui frappe à l’écoute de The Gathering of Dreams, c’est son ambition : il est très massif, avec un usage proéminent d’orchestrations et de chœurs… on peut dire que vous y avez mis beaucoup de moyens et de vos personnes !
Pour commencer : merci ! Nous étions déjà très satisfaits du premier album, mais, étant donné qu’on travaille de plus en plus ensemble, des années plus tard, nous nous sommes améliorés, en tant que compositeurs, mais aussi en tant que musiciens et chanteurs. Nous essayons toujours de faire de notre mieux et, comme je le dis dans chaque interview, à chaque nouvel album, on essaie de placer la barre encore plus haut, autrement ça n’aurait pas de sens d’en sortir un. Nous pensons sincèrement que The Gathering of Dreams est un album formidable et qu’il représente un grand pas en avant pour Fallen Sanctuary. (rires) On s’est aussi bien éclaté à choisir les singles, parce qu’on se disait à chaque fois qu’il fallait qu’on en sorte dix, vu qu’on adore tous les morceaux de l’album !
Je dirais aussi que cet album est probablement encore plus orienté power metal comparé au premier. On y a inclus encore plus d’influences : de l’AOR, du rock… mais dans tous les cas, ça reste du metal mélodique. Nous sommes très satisfaits du résultat !
Qui sont les choristes et comment les avez-vous recrutés ?
Aux chœurs, en plus de Gabriele Gozzi et moi-même, ce sont deux jeunes femmes qui sont deux bonnes copines à nous. L’une d’elles chante à l’occasion dans un groupe de reprises dans lequel je joue aussi, en Italie ; quant à l’autre, c’est une amie de longue date qui vient de la région où j’ai grandi. On a passé un après-midi ensemble pour mettre les chœurs en boîte : on a mis un million de voix par-ci, un million de chœurs par-là… on s’est éclaté ! Selon moi, ça donne quelque chose de très épique dans le mix final.
Musicalement parlant, Fallen Sanctuary revendique des influences telles Helloween, Angra, Rhapsody of Fire et le rock suédois mais, pour ma part, j’entends aussi beaucoup de Sonata Arctica dans les parties vocales — notamment sur le morceau éponyme — et de Stratovarius, en particulier sur le titre Shadows of Love, qui ressemble à Hunting High and Low — comme c’est le cas pour beaucoup de morceaux de power metal, j’ai remarqué. Ces groupes représentent-ils aussi des influences pour vous ?
Tu as tout à fait raison ! Quand j’étais ado, j’étais un grand fan de Stratovarius — ce qui est toujours le cas aujourd’hui, d’ailleurs. Aussi, s’il y a un groupe qu’on a en commun, Georg et moi, c’est Sonata Arctica à ses débuts — par là, j’entends Ecliptica, Silence, Winterheart’s Guild… On adore ce style, et je les ai vus des millions de fois aussi. Pour Stratovarius, je suis aussi très fan des albums sortis dans la période des années 90, mais encore aujourd’hui, ça reste un groupe extraordinaire, je dirais même un groupe culte.
Il y a aussi le morceau Dawn with no Return qui est un peu particulier étant donné qu’il est à la fois très folk et assez sombre par moments. D’où viennent ces aspects ?
Dawn with no Return, je dirais que c’est le genre de morceau, par rapport aux autres, qui se rapproche plus de Serenity, entre autres dans le riffing. Mais c’est vrai qu’il sonne très folk, surtout au niveau des orchestrations et des arrangements. Pour moi, ça se rapproche du Rhapsody old school.
Au niveau des paroles, certains morceaux ont des textes plus sombres en comparaison avec le premier album — même si on retrouve des thèmes plus optimistes çà et là —, donc c’est à ce niveau qu’on retrouve cet aspect.
« En l’espace de quatre ans, il s’est passé pas mal de choses dans nos vies, et c’est ce qu’on a voulu transcrire.«
Ça tombe bien que tu évoques les textes, parce que j’avais justement une question à leur sujet. The Gathering of Dreams est décrit comme un album « plus personnel » que le premier, mais Terranova l’était déjà en bonne partie puisque des sujets très terre-à-terre y étaient abordés, comme l’addiction, les luttes ou ce qui brise les cœurs, mais aussi d’autres plus positifs comme la résilience ou l’accomplissement de soi. Je voulais donc demander quels sont les thèmes abordés dans The Gathering of Dreams et quelles émotions vous avez souhaité exprimer au travers des morceaux ?
Je crois que dans cet album, encore plus que dans le premier, nous avons mis beaucoup de nos expériences personnelles. Par exemple, le premier single, Nothing Can Keep Us Apart, c’est une chanson d’amour avec une base power metal. Ça s’entend dans le refrain, quand on dit « I was so scared in the dark, I’m not anymore », parce que tu as sûrement l’amour de ta vie à tes côtés. Je dirais que ça peut paraître un peu étrange d’avoir ce genre de texte sur un titre power metal, mais il y en d’autres dans la même lignée sur d’autres morceaux, façon « mentalité positive ». Par exemple, à coup sûr, ça se retrouve dans le morceau éponyme, mais aussi dans Shadows of Love, quand on dit « We fall seven, but we rise eight ». Cette phrase, c’est une de mes préférées dans l’album, je la trouve très forte.
Mais oui, c’est sûr qu’en l’espace de quatre ans, il s’est passé pas mal de choses dans nos vies, et c’est ce qu’on a voulu transcrire.
J’ai aussi remarqué qu’il y avait quelques références religieuses dans Amen, qui ressemble presque à un hymne religieux. Il y en avait aussi dans Terranova, sur Broken Dreams, si je ne me trompe pas. Je me demandais donc quel rôle jouent la foi et la religion dans le processus d’écriture de Fallen Sanctuary ?
Je ne peux parler que pour moi, mais je ne suis pas du tout quelqu’un de religieux. Ceci dit, j’espère vraiment que certaines choses sont réelles. Par exemple, comme j’en parlais il y a quelques jours dans une autre interview, ce que j’aimerais vraiment, quand je ne serai plus de ce monde, ce serait de pouvoir retrouver les gens que j’ai perdus sur mon chemin de vie.
Ceci dit, la plupart du temps, par exemple dans une chanson comme Amen, la religion est là comme une sorte de métaphore. C’est une chanson qui parle d’un sujet très sérieux, parce que quand on dit dans le refrain « I’m walking through my haven, I fed my loneliness », c’est sûr que ce ne sont pas les paroles les plus joyeuses du monde ! Mais ça fait partie du jeu, parce qu’autant, parfois, on met en avant le bon côté des choses, autant on souhaite aussi évoquer les épreuves que n’importe qui peut traverser dans sa vie, histoire de montrer que c’est normal. Beaucoup de gens ne veulent voir que les aspects positifs d’une histoire, alors que ça arrive à tout le monde de vivre des moments difficiles et ce n’est pas quelque chose de mal.
De manière générale, quelle que soit la chanson, Fallen Sanctuary possède un certain sens du refrain catchy, facile à écouter et à retenir pour être repris en chœur. Quel est votre secret ?
C’est une très bonne question ! Je ne sais pas trop y répondre, mais ce que je peux dire, c’est que j’estime que Georg et moi avons un genre de signature qui nous est propre dans notre manière d’écrire des morceaux. Un truc très cool qui est arrivé, c’est quand l’une des premières personnes à avoir écouté l’album a deviné au bout de quelques secondes que ça venait de Fallen Sanctuary. Même s’il y avait quelques différences par rapport à Terranova, cette personne a dit « Wow, c’est totalement un morceau de Fallen Sanctuary ! ». C’est vraiment cool !
Il n’existe pas vraiment de règle à suivre pour écrire un morceau comme on le fait, mais ce qu’il y a de plus important pour nous, c’est avant tout la mélodie. C’est elle qui permet d’aboutir au refrain prêt à être chanté en chœur par les gens. Du coup, on ne peut pas dire qu’il existe un ingrédient secret, mais on essaie à chaque fois de créer le morceau le meilleur possible — du moins la meilleure mélodie.
Et ceux de l’album sont vraiment chouettes !
Merci beaucoup !
« On n’a pas de tournée de prévue pour le moment, mais on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve… »
L’album sort le 18 septembre, mais au-delà, quels sont les plans pour la suite ? Peut-on espérer une tournée ou quelque chose comme ça ?
Dans les prochains jours (la semaine du 14 au 20 septembre, ndlr), nous allons donner trois concerts en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas ; des concerts acoustiques, plus précisément. Un autre concert est prévu pour décembre en Autriche, et jusque-là, quelques autres sont confirmés pour la fin mai en Allemagne et en Suisse — dont un qui a déjà été annoncé officiellement.
Pour le moment, il n’y a pas vraiment de plan pour une tournée, mais on ne sait jamais ce que la vie nous réserve… Si les retours sont exceptionnels, qui sait, peut-être que les choses bougeront, mais pour le moment, ce n’est pas prévu. La raison, vois-tu, c’est que je repars en tournée avec Temperance cette année et l’année prochaine, et avec Serenity (que Marco Pastorino a rejoint en 2023, ndlr), on tourne en février et mars. Du coup, on n’a pas de « vraie » tournée de prévue pour Fallen Sanctuary… mais on ne sait jamais. Advienne que pourra ! (rires)
Quels extraits de The Gathering of Dreams as-tu le plus hâte de jouer en live ?
Et bien, la semaine dernière, j’ai déjà joué Nothing Can Keep Us Apart lors d’un concert acoustique en solo en Italie, et ça a été super. Ceci dit, j’ai vraiment très, très hâte de jouer le morceau éponyme. C’est le prochain single, qui sort deux jours avant l’album, et je n’attends que de pouvoir le jouer sur scène !
C’est un très bon morceau !
Vous êtes tous les quatre impliqués dans plusieurs projets musicaux — surtout toi, qui joues dans de nombreux groupes. Du coup, peut-on s’attendre à voir certains de ces groupes collaborer ensemble — sur une tournée ou pour un featuring sur un album ?
Ça se pourrait. Peut-être que dans quelque temps, quand on sortira un troisième album avec Fallen Sanctuary, on tentera de mettre une collaboration en place. Rien n’est jamais garanti, mais oui, ça pourrait se faire. On n’y a jamais trop réfléchi, mais qui sait, l’avenir nous réserve peut-être des surprises !
Dans la même lignée, Fallen Sanctuary se base principalement sur le duo vocal que vous formez, Georg et toi. Vous êtes tous les deux des chanteurs d’exception, c’est une évidence, mais pourriez-vous envisager un featuring avec un chanteur ou une chanteuse d’un autre groupe et, si tel est le cas, avec qui ?
Bien sûr, ça pourrait se faire à l’avenir, en vrai ! Avec Temperance et Serenity, on invite parfois des chanteurs et chanteuses pour des featurings, donc pourquoi pas avec Fallen Sanctuary ? Ça pourrait donner un truc cool !
Il y a plein de chanteurs que j’adore dans le monde, du coup, si je devais citer un nom là, maintenant, ce serait celui de Tommy Karevik de Kamelot — et anciennement de Seventh Wonder. Si je devais citer des noms de chanteuses, je pense à Charlotte Wessels, dont je suis un grand fan, l’ancienne chanteuse de Delain. Autrement, une de mes chanteuses préférées, c’est Noora Louhimo, l’ex-chanteuse de Battle Beast.
Plus qu’à attendre ce que l’avenir nous réserve ! Mais c’est une option à envisager.
Et bien, j’espère que cela pourra se faire un jour !
On arrive à la fin de cette interview, donc je te remercie d’avoir répondu à mes questions. As-tu quelques mots pour conclure ?
Tout d’abord, merci à toi pour ton temps et cette interview !
Notre deuxième album The Gathering of Dreams sort le 18 septembre, et j’espère très fort que les gens l’aimeront autant que nous l’aimons, parce qu’on a investi beaucoup d’énergie et de nous-mêmes dedans. En plus, maintenant que nous sommes un groupe à 100 % indépendant, je ne peux que vous encourager à vous procurer un exemplaire physique. C’est sûr qu’aujourd’hui, c’est très facile d’écouter un album sur Spotify — moi-même, j’écoute beaucoup de musique sur cette plateforme. Mais la meilleure manière de soutenir les artistes, ça reste d’acheter une version physique ; ça fait une grosse différence pour le groupe et ça nous assure de pouvoir continuer de créer de la musique dans le futur.
Et bien, merci beaucoup à toi, et j’espère te voir bientôt en France avec Temperance, Serenity ou Fallen Sanctuary. À bientôt !
Merci beaucoup, ciao ciao !
