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Ceiba est le nom d’un arbre sacré dans la culture maya. Celui-ci symbolise la connexion entre la vie terrestre (représentée par le tronc), la vie spirituelle (incarnée par les branches qui s’élèvent vers le ciel) et l’inframonde, ou monde souterrain (auquel renvoient ses racines qui s’enfoncent profondement dans la terre).
C’est également le titre choisi par le supergroupe Temic pour son nouvel album, un nom qui embrasse parfaitement les thèmes abordés ici : la perte, le deuil et la mortalité. Des sujets qui nous ramènent naturellement à cette vision maya de l’arbre sacré, symbole du lien entre les différents mondes et les différentes dimensions de l’existence.
Des thèmes qui donnent à Ceiba une atmosphère nettement plus sombre, sérieuse et mélancolique que celle de Terror Management Theory, leur précédent opus, mais qui permettent également au groupe de faire montre de sa capacité à composer des titres émotionnellement forts tout en restant techniquement impeccables. Ceiba dévoile ainsi une nouvelle facette de la personnalité de Temic, plus introspective et tourmentée, sans pour autant renier la virtuosité qui faisait déjà la force de leur précédent album.
Mais émotionnel ne veut pas dire mou du genou ou dépourvu de puissance. Si des titres comme Beyond The Voice, le troublant et délicat Night of Veils, Parting The Waves Inside ou Alone privilégient davantage la recherche d’atmosphères et l’expression des émotions, d’autres vont clairement puiser dans le versant le plus métallique et agressif du metal progressif. Ainsi, Ashes et le bourrin See Myself ne cachent ni leurs riffs acérés ni leur section rythmique lourde et puissante.
As Long As We Last, quant à lui, s’impose comme le meilleur des deux mondes, avec une première partie calme qui finit par exploser dans un véritable déluge de claviers et de riffs. Mais c’est probablement Ceased to Be qui résume à lui seul tout ce qu’est Ceiba.
Véritable pièce maîtresse de l’album, le morceau condense en neuf minutes toutes les facettes de Temic : une chanson profondément émouvante, une section instrumentale hallucinante digne d’un Dream Theater, un solo de guitare époustouflant et des claviers qui viennent habiller l’ensemble avec intelligence. Une démonstration de virtuosité qui ne sacrifie pourtant pas l’émotion, et qui constitue sans doute l’un des sommets de l’album.
Si l’ensemble des musiciens assure ses parties avec un talent dont on ne peut douter, il est important pour moi de souligner la performance tout en nuances de Fredrik Klemp. Sur chaque titre, il sculpte les émotions avec une voix dont la tessiture et la manière de doser ses interventions ne sont pas sans rappeler celle d’Einar Solberg de Leprous. Avouez qu’il y a franchement pire comme référence !
Avec Ceiba, Temic continue de tracer son chemin et démontre à quel point le groupe sait évoluer, explorer de nouvelles directions et enrichir son univers sans jamais perdre de vue ce qui fait sa particularité, le tout avec une efficacité et une facilité déconcertantes.
Une réussite totale !
