Anthrax
Cursum Perficio
Genre thrash metal
Pays États-Unis
Label Nuclear Blast
Date de sortie 18/09/2026

Site Internet

Voilà maintenant quarante-cinq ans qu’Anthrax fait saigner nos oreilles à grands coups de riffs tranchants, de rythmiques survitaminées et de groove ravageur. Quatre décennies et demie à défendre un thrash metal métissé, aussi agressif que jubilatoire, qui conjugue la brutalité de la vieille école à un sens de la mélodie diablement efficace.

Au fil d’une carrière riche en évolutions, le groupe aux influences éclectiques, allant du punk au hardcore en passant par le hip-hop, a parfois levé le pied, s’aventurant çà et là sur des terres plus heavy metal que véritablement thrash, démontrant ainsi la volonté des musiciens de ne jamais se laisser enfermer dans un cadre trop réducteur.

Cursum Perficio s’inscrit parfaitement dans cette optique d’évolution et de remise en question constante, au travers de onze titres qui résument les différentes phases traversées par le combo new-yorkais au cours de ces quarante-cinq années d’existence.

L’auditeur averti y retrouve donc un thrash qui pulse, marque de fabrique du groupe, avec le déjà classique It’s for the Kids, le tonitruant Watch It Go, le puissant T.O.M.B. ou encore le final My Victory. Anthrax sait aussi varier les plaisirs, lorgnant vers un metal plus lourd avec The Long Goodbye et le remuant NYC 93, ou vers des compositions plus entêtantes, comme Infectious, qui porte bien son titre. Le groupe s’aventure même sur des terres plus modernes avec The Edge of Perfection, aux étonnants blasts de batterie et aux riffs comportant des accents black metal, ainsi qu’avec l’entraînant Everybody’s Got a Plan et sa mélodie immédiate.

Tour à tour, les titres nous embarquent dans un véritable voyage à travers la discographie du groupe, passant d’une époque et d’un album à l’autre avec une facilité déconcertante. Certains morceaux auraient ainsi parfaitement pu figurer sur State of Euphoria, à l’image de l’éponyme Cursum Perficio, tandis que d’autres évoquent la période Sound of White Noise, celle de Spreading the Disease ou encore de Among the Living, auquel Scott Ian compare d’ailleurs ce nouvel album. C’est là toute la force de celui-ci : chaque titre porte incontestablement la marque Anthrax, sans jamais tomber dans le passéisme ni donner l’impression de recycler une vieille recette.

Sur Cursum Perficio, les musiciens semblent avoir retrouvé la rage qui animait leurs débuts. On sent, à chaque seconde, un véritable travail de groupe, une cohérence et surtout un plaisir de jouer communicatif. Bien évidemment, l’exécution est au cordeau, avec une mention spéciale pour Joey Belladonna, qui livre ici sa meilleure performance vocale. La production, assurée conjointement par le groupe et Jay Ruston, rend quant à elle pleinement justice à la puissance et à la richesse des compositions.

Loin de sonner comme son nom pourrait le laisser penser, Cursum Perficio (« j’achève mon voyage » en latin, ndlr) ne ressemble en rien à un disque de fin de carrière. Il démontre au contraire qu’Anthrax sait encore se réinventer, sans pour autant renier les ingrédients qui ont fait son succès. Mieux encore, le groupe ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur : avec ce nouvel album, il continue d’avancer et se projette tête la première vers l’avenir.