Site Internet
Créé en 1993 en Australie sous le nom de Cryptal Darkness, le groupe devient The Eternal en 2003. Ce changement de nom intervient après de nombreuses tensions internes et des désaccords avec leur maison de disques de l’époque. Les membres souhaitent alors faire évoluer leur musique et explorer de nouveaux horizons, sans pour autant abandonner l’atmosphère sombre qui caractérisait leurs débuts. De nouvelles influences et sonorités viennent enrichir leur musique, notamment avec l’arrivée de nouveaux musiciens.
C’est chose faite avec The Sombre Light of Isolation, sorti en 2004, qui fait le pont entre le doom metal écrasant et les vocaux caverneux des débuts et une approche plus aérienne, davantage axée sur les atmosphères que sur la seule recherche de lourdeur. Le groupe conserve cette mélancolie qui faisait sa marque, tout en ouvrant progressivement sa musique à des sonorités plus nuancées et contemplatives.
Après plusieurs albums au cours desquels les musiciens vont continuer à affiner leur formule, ils en livrent finalement une forme particulièrement aboutie avec le remarqué Skinwalker, sorti en 2024.
Après deux années de silence, le groupe est enfin de retour avec Celestial, un EP de six titres qui retrouve cette veine sombre et mélancolique qui lui est propre. On y découvre un metal gothique à la beauté vénéneuse, teinté de progressif, aussi fascinant qu’envoûtant, qui n’est pas sans rappeler Katatonia ou le Paradise Lost de la période One Second, Host et Believe in Nothing.
Les morceaux, lents pour la plupart, réminiscents du passé doom du combo, prennent leur temps pour installer leur ambiance. Une ambiance élégiaque, parfois presque désespérée, qui donne le sentiment que tout espoir est définitivement perdu.
Les guitares de Mark Kelson et Richie Poate, pesantes et funèbres sont au centre des compositions, soutenues par Niclas Etelävuori et Jan Rechberger, la section basse/batterie assurée par ces deux ex-membres d’Amorphis. Plutôt discrète, celle-ci se révèle pourtant redoutablement efficace. Les claviers viennent parfois épaissir encore le propos avec leurs nappes pesantes, mais ce sont surtout les mélodies qui permettent aux morceaux de respirer.
Fragiles et poignantes, elles sont portées par la voix de Mark, dont les tonalités rappellent parfois celles d’Andy Kuntz de Vanden Plas. C’est particulièrement évident sur Casting Down Shadows, un titre dont les accents mélodiques pourraient presque sortir du répertoire du groupe allemand.
Et c’est sans doute là que réside l’une des forces de Celestial : derrière cette lourdeur et cette noirceur omniprésentes, le groupe laisse toujours filtrer quelques éclats de lumière. Ils sont parfois très brefs, mais suffisent à donner du relief aux compositions et à éviter que l’ensemble ne se perde dans une mélancolie trop uniforme. L’ensemble, bien que très sombre, dégage ainsi une majesté et une ampleur impressionnantes.
The Eternal maîtrise parfaitement ce mélange de lourdeur, de mélancolie et de fragilité qui fait toute la personnalité de sa musique.
Avec Celestial, le groupe livre un EP sombre et élégant, marqué par son passé, mais qui, au vu de ses qualités et de son pouvoir émotionnel, laisse entrevoir pour The Eternal un avenir lumineux.
