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Entre riffs tranchants, blasts furieux, ambiance occulte et superbe pochette signée Johny Prayogi, les Américains d’Hexorcist délivrent un album qui sent le soufre et les cryptes humides.
Donc, direction Miami en Floride, pour retrouver Hexorcist. Formé en 2019, le quatuor américain revient avec son deuxième album, Crucificial Imprecations, attendu le 31 juillet 2026 chez Invictus Productions. Le label profite de cette occasion pour rééditer le premier album du groupe, Evil Reaping Death paru en 2021, enrichi de plusieurs titres bonus.
Hexorcist ne perd pas son temps à chercher une formule magique et préfère sortir les vieilles armes et les aiguiser, pour rappeler pourquoi le death metal floridien est devenu une référence. Et franchement, quand la recette est aussi bien exécutée, on ne va pas se plaindre.
Ce gros death metal bien tranchant venu de Floride ne rafraîchit pas l’atmosphère, particulièrement chaude en Suisse en ce moment, mais il risque en revanche de sérieusement secouer les cervicales. Elles sont prévenues : elles vont avoir du travail.
Influencé par des monstres sacrés comme Morbid Angel, Deicide, Angelcorpse ou encore Vital Remains, Hexorcist développe un death metal brutal, nerveux et résolument old school. On y retrouve ces riffs rapides, ces accélérations permanentes et cette violence très caractéristique de la scène floridienne, tout en conservant une identité propre.
Le chant de Gene Palubicki, arrivé en 2022, apporte énormément de personnalité à l’ensemble. Sa voix caverneuse et agressive se marie parfaitement avec des compositions qui vont droit au but. Ici, pas de détour inutile : chaque riff semble pensé pour frapper efficacement.
Impossible également de passer à côté de la superbe pochette réalisée par Johny Prayogi. L’illustrateur indonésien s’impose progressivement comme une valeur sûre de la scène metal extrême. Son style sombre, détaillé et immédiatement reconnaissable, retranscrit parfaitement l’univers occulte et infernal de Hexorcist. En parcourant sa galerie, on retrouve également son travail sur Vargrav avec The Nighthold, Chogori avec Nexus Occulta, Journey Into Darkness avec Infinite Universe Infinite Death, Rotten Coffin avec The Agony in Slumber, Eden Adversary avec Kingdom ov Heresy, Imperforata avec Awaken Sanity, Vision of Choice avec Second Sight, Evil Madness avec The Irrelevance of Existence, Alligator avec The Myth of Justice, ainsi que sur les précédentes sorties de Hexorcist, notamment Evil Reaping Death et le split Veneration of Irreverence / Post Mortem Abominations. C’est toujours un plaisir de voir des artistes capables de créer des univers aussi immersifs, et Johny Prayogi fait clairement partie de ces noms que l’on retient.
Concernant Evil Reaping Death, inutile de s’attarder trop longuement puisqu’il s’agit ici d’une réédition. Mais pour ceux qui découvriraient Hexorcist avec ce nouvel album, cette ressortie permet de constater que les bases étaient déjà bien solides : un death metal brutal, direct et profondément enraciné dans la tradition floridienne. Crucificial Imprecations s’inscrit clairement dans la continuité de ce premier chapitre, avec encore un peu plus d’assurance dans l’écriture.
L’introduction de Crucificial Imprecations débute presque comme la bande originale d’un film. Quelques cuivres s’installent tranquillement, laissant croire à une montée en puissance progressive. Puis, sans prévenir, Hexorcist ouvre les hostilités. Les gros riffs débarquent, le blast beat explose, la caisse claire est martelée et Gene Palubicki lâche les chevaux. Le groupe annonce immédiatement ses intentions : ici, on ne fait pas de prisonniers.
Avec Defacing Death, les Floridiens prennent pourtant le temps de surprendre. Une introduction portée par un orgue et une mélodie particulièrement réussie laisse planer un court instant de répit avant que la machine ne reparte de plus belle. Au milieu du morceau surgit un solo de guitare qui évoque immédiatement les grandes heures du death metal américain. Le genre de passage qui rappelle pourquoi cette scène est devenue une référence.
Le morceau suivant poursuit dans la même veine avec des riffs toujours aussi tranchants. Au milieu, le chanteur pousse un cri particulièrement dérangeant, comme celui d’un homme en train d’agoniser. Sur le moment, l’effet surprend presque, tant il tranche avec le reste de sa prestation. Et pourtant, plus le morceau avance, plus ce choix paraît pertinent et participe à son ambiance malsaine. Un peu plus tard, un solo de guitare déboule, et l’intensité des notes grimpe presque aussi vite que le mercure en Suisse en ce moment.
Adverse Sacrament démarre dans une ambiance plus pesante avant de replonger instantanément dans cette violence permanente qui caractérise l’album : la nuque ne reste pas en place très longtemps ! Une fois encore, Hexorcist alterne brutalité frontale, riffs acérés et accélérations qui sentent bon le death metal à l’ancienne.
Le morceau Hexorcist porte parfaitement son nom. À certains passages, on a presque l’impression que notre âme quitte notre corps et que l’on finit possédé à notre tour. Si exorcisme il devait y avoir, il arriverait probablement beaucoup trop tard. Le groupe joue avec son identité sans tomber dans la caricature, et le résultat fonctionne très bien.
L’avant-dernier titre attaque directement avec des guitares particulièrement affûtées, comme si le groupe voulait encore gratter quelques couches de peau avant la conclusion. Puis arrive le dernier morceau, porté par une distorsion massive et une volonté évidente d’asséner le coup final. On sent que Hexorcist veut nous achever proprement, mais avec assez de panache pour qu’on en redemande immédiatement.
Au final, Crucificial Imprecations confirme tout le bien que l’on pouvait penser du groupe après Evil Reaping Death. Hexorcist reste fidèle à sa ligne directrice : un death metal floridien brutal, occulte, rapide et efficace, taillé pour les amateurs de Morbid Angel, Deicide, Angelcorpse, Vital Remains, Possessed ou encore des premiers Monstrosity.
Un album qui ne cherche pas à faire joli, mais qui frappe fort, sent le soufre et rappelle que la Floride reste une terre sacrée pour le death metal. Les cervicales ont été prévenues, mais elles n’étaient clairement pas prêtes.

