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Dans le monde du heavy metal, les supergroupes sont (Lex) légion. La plupart se contentent de capitaliser sur le prestige de leurs membres le temps d’un album qui ne fait souvent que reprendre une formule éprouvée, mais rarement passionnante. Lex Legion semble, au contraire, animé par une véritable ambition : proposer un disque à la hauteur de la réputation de ses musiciens.
Et quels musiciens ! Au chant, Nils K. Rue ; aux guitares, Pete Blakk et Andy LaRocque ; à la basse, Hal Patino ; et derrière les fûts, Mikkey Dee. Soit quatre anciens membres du légendaire groupe King Diamond, auxquels vient s’ajouter l’un des meilleurs chanteurs de la scène metal, connu pour son travail au sein du groupe de metal progressif Pagan’s Mind.
Vous l’aurez sans doute déjà compris, ce premier album éponyme constitue un hommage de très haute volée au heavy metal traditionnel. Si l’ensemble évoque parfois King Diamond, aussi bien par l’atmosphère sombre de certains morceaux que par ses mélodies, ses duels de guitares, ses harmonies vocales ou encore le travail des guitares de son tandem de six-cordistes, il s’en distingue néanmoins par une approche bien plus directe, parfois proche du power metal. Dépourvu du caractère théâtral si cher au Danois maléfique, l’album s’autorise néanmoins quelques accents progressifs qui viennent, ça et là, enrichir le propos.
Et alors que l’on pourrait s’attendre à voir chacun des musiciens chercher à tirer la couverture à lui, il n’en est rien : les egos semblent être restés au vestiaire. Si les compositions sont, comme souvent dans le genre, naturellement centrées sur les guitares, celles-ci ne cherchent jamais à éclipser la batterie du Suédois, qui s’autorise ici un jeu bien plus percutant que celui qu’il déploie chez Scorpions, ni à reléguer la basse au second plan ou à brider le chant, parfois haut perché.
Ce dernier évoque autant Rob Halford pour la puissance de son registre que Travis Wills pour son aisance à évoluer sur des lignes vocales exigeantes. À l’instar de Crimson Glory, avec lequel Lex Legion partage plusieurs points communs et une certaine esthétique artistique, le groupe parvient à composer une musique profondément ancrée dans les codes du passé tout en lui insufflant une énergie et une fraîcheur résolument actuelles.
En seulement trente-quatre minutes, les musiciens démontrent toute l’étendue de leur talent sur un album qui est loin d’être linéaire. Celui-ci se révèle en effet suffisamment varié, alternant des titres de pur heavy metal comme Sleep Eternally, des morceaux plus mélodiques à l’image de Gypsy Tears, des compositions plus lentes telles que Saviours ou Lost Inside, avant de culminer avec l’ambitieuse construction de (I Am) The Resurrected, puis de s’achever sur la puissante ballade acoustique Far Away. Une diversité qui entretient l’intérêt de bout en bout.
L’album bénéficie en outre d’une production, assurée par Andy LaRocque, suffisamment limpide pour permettre à chaque instrument de trouver naturellement sa place, tout en conservant le relief et l’impact nécessaires pour conférer au disque toute sa puissance. Une production à la hauteur des ambitions du groupe.
Avec un premier album qui frôle la perfection, Lex Legion frappe un grand coup. Il ne reste plus qu’à espérer que cette aventure ne s’arrête pas là, tant les promesses entrevues sur ce disque sont immenses.


