Comment allez-vous ? Chaudement, j’imagine, par cette canicule atroce. En tout cas, c’est vrai pour nous. Et pourtant, vos fidèles serviteurs de Metal Alliance sont allés se jeter à corps perdu dans des Docks bouillants, prêts à rugir à la première note d’Hatebreed.
Comme si la chaleur ne suffisait pas, les programmateurs ont eu la bonne idée d’inviter I Killed the Prom Queen pour ouvrir le bal. À première vue, j’avoue avoir été quelque peu sceptique, mais le live a dépassé toutes mes attentes. Ils sont venus pour célébrer leur 25e anniversaire. Ils ont commencé avec Your Shirt Would Look Better with a Columbian Neck-Tie. Il s’agit d’un morceau assez énergique, qui a fait bouger à fond les gars sur scène. Hormis un petit passage de chant clair qui m’a un peu fait peur, j’ai trouvé les musiciens plutôt excellents. C’est agressif tout en maintenant une bonne dose de mélodie. Ils ont continué avec €666, Sleepless Nights and City Lights et Bet It All on Black, un petit trio de chansons assez consistantes qui donnent envie de bouger et de foutre un peu le bordel dans le pit. Je ne m’y suis pas risqué, contrairement à Jona Weinhofen qui a pris sa guitare et est allé se poser en plein milieu d’un wall of death pour jouer un de ces titres. Ils ont poursuivi avec Dreams as Hearts Bleed, When Goodbye Means Forever…, Sharks in your Mouth et finalement Say Goodbye. Cela met fin à une prestation absolument géniale, qui a chauffé la salle à blanc. Ils ont ravi les fans de longue date et ont réussi à en conquérir de nouveaux. C’était une très belle première partie qui sait maîtriser à la perfection la balance entre méchanceté des riffs et douceur mélodique. Il y a quelques solos absolument super. Même si c’est du metalcore, ils n’abusent pas du chant clair qui m’horripile tant. Comme quoi, faut pas s’arrêter à ses préjugés et aller voir des groupes par curiosité peut finir par de bonnes surprises.
Une petite demi-heure plus tard, dans des Docks encore plus compacts, Ace of Spades a retenti avant qu’Hatebreed ne commence par I Will Be Heard, une entrée en matière des plus efficaces. C’est tranchant, ça donne envie de secouer la tête bien comme il faut. Ils ont enchaîné direct avec une nouvelle chanson Kill Count Increase à retrouver sur leur prochain opus. Elle est relativement simple, efficace. Pour un non-expert, elle ne détonne pas du tout avec le reste de la discographie du groupe. Ils ont poursuivi avec Everyone Bleeds Now, Live for This — que toute la salle a repris en chœur, c’était magnifique —, To the Threshold et une de mes préférées — pas très original mais tant pis — As Diehard as They Go. Un enchaînement tout en douceur et délicatesse…
Non, je déconne. Ça a tenté de lancer une belle bagarre générale dans le pit, mais il y avait tellement de monde que cela n’a pas vraiment pu se faire. La suite du set a proposé Betrayed by Life, Hollow Ground et Seven Enemies. En hommage à Sick of It All, inventeur du wall of death, Hatebreed a envoyé une Ball of Death, un ballon géant que les gens lancent par-dessus leur tête. C’est assez fun mais ça peut être dangereux. La preuve, le micro de Wayne Lozinak s’est fait renverser par ladite balle. Dans le pit, ça bougeait peu à cause d’un manque criant de place (vilain Hatebreed qui a trop de succès). Du coup, ce fut l’occasion de foutre un peu le Bronx devant les New-Yorkais. Le groupe n’a pas perdu de temps et a enquillé les titres à toute berzingue. Ils ont fait Driven by Suffering, Perseverance, Before Dishonor et Proven. Le passage du show qui a fait disjoncter les fans de la première heure. Du hardcore sans la moindre concession, de la violence et de la rage à l’état brut. Ce qui me fascine avec ce groupe, c’est que passé trente ans après sa création, il continue d’envoyer à mort et a toujours la même rage de vaincre.
Ils ont fini leur prestation en jouant This Is Now, Empty Promises, Smash Your Enemies, Looking Down the Barrel of Today et l’inégalable Destroy Everything. Ce fut une fin en apothéose qui m’a scotché. C’était absolument superbe, une prestation au top avec un groupe débordant d’énergie. Le seul point noir est le fait que le groupe ait dû raccourcir son set de quelques titres car Jamey Jasta était quelque peu barbouillé. Il n’empêche, le groupe a livré une superbe prestation. Pour avoir eu la chance de les voir en fest et en salle, je peux dire que le groupe a une énergie folle et communicative qui touche absolument tout le monde.
Même si le hardcore n’est de loin pas mon style de prédilection, voir Hatebreed en concert, c’est s’assurer de passer une superbe soirée. Jamey et les autres se sont donné une mission : donner une extinction de voix à tous les spectateurs et je dois dire qu’ils se donnent les moyens de leurs ambitions. Ça crée une atmosphère hyper cool et franchement, j’en redemande !



