Neolith
Inbir
Genre death/black metal
Pays Pologne
Label Deformeathing Production
Date de sortie 12/09/2026

Site Internet

Fondé en 1991 en Pologne, Neolith fait partie de ces formations qui ont traversé plusieurs décennies de metal extrême sans nécessairement bénéficier de la visibilité internationale des plus grands noms de leur pays. Inbir constitue pourtant déjà leur sixième album studio et arrive près de sept ans après I Am the Way. Le groupe revient avec un disque particulièrement ambitieux, tout en restant solidement enraciné dans une esthétique death metal oldschool, enrichie d’éléments death/doom et de black.

Le titre Inbir, qui signifie « guerre » en ancien sumérien, résume parfaitement l’atmosphère générale. Pouvoir, mystère, spiritualité, destinée humaine : tout l’univers du disque possède quelque chose d’ancien et de guerrier. La pochette va exactement dans cette direction. Avec ses références aux civilisations antiques et son imagerie monumentale, elle annonce immédiatement un album qui cherche davantage à construire une atmosphère qu’à simplement empiler les morceaux brutaux.

Une entrée en matière qui plante immédiatement le décor

Le titre éponyme Inbir ouvre les hostilités avec des sonorités évoquant des instruments traditionnels, sur lesquelles viennent se poser les premières interventions criées. L’atmosphère s’installe avant que la puissance du groupe ne prenne véritablement possession des lieux. Dès cette ouverture, certaines sensations peuvent rappeler Behemoth, notamment dans cette manière de mêler brutalité, noirceur et dimension presque cérémonielle. Neolith se montre toutefois plus directement ancré dans un death metal oldschool particulièrement massif.

Ashur Has Given Me a Brother enfonce le clou avec de grosses guitares, une basse et une batterie qui forment un véritable mur, bientôt rejointes par un chant profond et caverneux. Les riffs respirent le death à l’ancienne et il n’y a pas besoin d’en faire des tonnes : ça fonctionne. The Dawn Is Waking poursuit dans cette même continuité et permet de comprendre assez rapidement la philosophie de Inbir. Plutôt que de chercher à donner une personnalité totalement différente à chaque morceau, Neolith construit un disque extrêmement homogène, traversé par un même fil conducteur.

Quelques respirations au milieu de la guerre

Cette homogénéité n’empêche heureusement pas quelques variations. Modlitwa na Marny Czas débute ainsi de manière beaucoup plus calme, notamment avec une voix parlée qui tranche avec les vocaux caverneux entendus jusque-là. Le morceau prend progressivement de l’ampleur avant de retrouver, dans sa conclusion, l’atmosphère plus posée de son introduction. Une respiration particulièrement bienvenue et l’un des beaux moments du disque.

Avec Of All the Gods, en revanche, on n’est clairement pas là pour enfiler des perles. Le morceau attaque brutalement et ne perd pas de temps en présentations. Le chant réserve également quelques passages intéressants : les growls laissent ponctuellement leur place à une voix davantage criée et déclamée, donnant presque une dimension victorieuse, conquérante, à certaines parties. Ce sont justement ces petites variations qui empêchent l’extrême homogénéité du disque de devenir réellement monotone.

Un death metal old-school comme colonne vertébrale

Ouroboros démarre notamment sur une superbe double pédale avant de remettre au premier plan ces gros riffs death qui constituent la véritable colonne vertébrale de l’album. À partir de là, vouloir décrire systématiquement chaque titre n’apporterait finalement pas grand-chose : Neolith a trouvé une formule, une atmosphère et surtout une direction, et ne les abandonne plus.

Les huit morceaux possèdent une couleur commune très prononcée. On retrouve les mêmes guitares massives, cette batterie puissante, les vocaux profonds et cette ambiance sombre qui enveloppe l’ensemble. Inbir est clairement pensé comme un album à écouter dans sa globalité plutôt que comme une collection de singles. Et avec seulement 39 minutes au compteur, le groupe évite heureusement d’étirer inutilement son propos.

Il est également difficile de ne pas sentir les racines polonaises de Neolith. Sans jamais tomber dans la copie, certaines constructions, certaines ambiances et cette façon de donner une dimension presque cérémonielle à la brutalité peuvent faire penser à Behemoth, avec ici un côté parfois plus directement death et oldschool.

Conclusion

Inbir ne va probablement pas révolutionner le death metal, et ce n’est manifestement pas son objectif. Neolith préfère s’appuyer sur plus de trois décennies d’expérience pour proposer un album cohérent, massif et maîtrisé, qui sent bon le death metal oldschool tout en conservant suffisamment d’éléments de black et de death/doom pour enrichir son atmosphère.

Il n’y a pas forcément un morceau qui écrase tous les autres, mais il n’y en a pas non plus qui donne réellement envie de passer au suivant. C’est justement la force de Inbir : sa constance. On lance le disque, on entre dans son univers guerrier et sombre et les 39 minutes passent naturellement.

Sept ans après I Am the Way, Neolith revient donc avec un album qui ne cherche pas à en mettre plein la vue par des artifices inutiles. C’est sombre, brutal, oldschool et efficace. Un bon album de death metal, tout simplement.