Kinetic
Liminal
Genre progressive metal
Pays Danemark
Label Eclipse
Date de sortie 16/10/2026

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Pour son premier album, le groupe danois Kinetic s’est lancé dans une entreprise monumentale, mettre en musique la théorie de l’échelle de Kardashev, qui classe les civilisations intelligentes en fonction de leur capacité à produire et à consommer de l’énergie. Liminal retrace ainsi l’ascension, la chute technologique et la renaissance cyclique de la civilisation humaine à travers le cosmos.

Toute la difficulté de ce chantier était de proposer une musique aussi dynamique que le sujet abordé. Le groupe allait-il être capable de produire et de consommer suffisamment de sa propre énergie pour alimenter les une heure et quarante-sept minutes que dure l’album ?

L’histoire s’ouvre sur une longue plage parlée qui pose les bases du concept. Porté par une basse lancinante, le morceau installe une tension qui monte progressivement jusqu’à exploser dans un déluge de riffs massifs. Tandis que les claviers dessinent une atmosphère spatiale aux accents cosmiques, la voix rauque de René Hougaard vient ajouter une dose supplémentaire d’énergie et de tension à ce premier titre à l’ambiance lourde et inquiétante.

Le groupe enchaîne avec Evolution, qui joue à nouveau sur les ambiances et l’alternance entre moments calmes et passages heavy, une construction classique du metal progressif que les Danois maîtrisent parfaitement. Mais les musiciens ne semblent pas se contenter d’enchaîner ces différentes phases avec application. Ils insufflent à leur musique des éléments empruntés au thrash metal et au heavy metal classique, qui donnent au morceau une belle dynamique et le distinguent des productions de leurs confrères du metal progressif.

Ils s’amusent également à intégrer des motifs électroniques qui apportent de la texture à New Frontiers, Journey to the Stars ou Digital Mind, avant de faire tonner les riffs et de laisser la rythmique éléphantesque nous assommer. Ces morceaux finissent toutefois par s’apaiser pour nous offrir une caresse aérienne. Une fois encore, le groupe joue sur les atmosphères pour donner du relief à sa musique, dont la construction complexe reste accessible grâce à de belles échappées mélodiques.

Cette alternance se poursuit sur les morceaux suivants. Le groupe démontre une réelle capacité à créer des plages atmosphériques qui nous emmènent dans un voyage serein, comme avec Type 0.75, Fermi ou Dyson, mais aussi des explosions solaires, à l’image de Progress to One ou de certaines portions du gigantesque Omega, un titre de plus de vingt minutes qui clôt l’album.

Les prouesses techniques sont omniprésentes et les amateurs d’Opeth, The Ocean, Fates Warning, de Dream Theater, mais aussi de Pink Floyd, s’y retrouveront assurément. Le groupe multiplie les passages dignes des plus grands noms du genre, entre superbes solos de guitare, signatures rythmiques changeantes et ambiances spatiales qui renforcent la dimension cosmique de l’album.

La production est elle aussi à la hauteur de cette entreprise qui, sur le papier, paraît insurmontable, mais que Kinetic parvient à mener à bien avec succès et brio.

Avec Liminal, Kinetic frappe fort pour un premier album. Les Danois proposent un metal progressif riche et ambitieux, où les riffs massifs côtoient les envolées mélodiques et les ambiances cosmiques. Malgré ses 107 minutes, qui pourront en décourager certains, l’album parvient à maintenir l’intérêt grâce à une variété impressionnante d’atmosphères et à une maîtrise instrumentale évidente. Kinetic signe donc ici des débuts prometteurs, et il sera intéressant de voir jusqu’où le groupe pourra pousser ses ambitions sur la suite de sa carrière.