Katari
At Peace
Genre black metal
Pays Pérou
Label From Deepest Records
Date de sortie 30/10/2025

Site Internet

Katari est un groupe de black metal péruvien formé en 2006. Il est actuellement composé de Christian (From Deepest Records) et de Dany Cuentas (Culmen).

En 2025, ils ont décidé de redonner un coup de jeune à At Peace, leur EP sorti en 2013. Pour ce faire, ils se sont rendus au The Empty Hall Studio (Cancer a fait appel à eux pour son dernier album), à Madrid.

La première chanson de l’EP s’intitule Raise the Unancha. Elle commence sur un riff assez cool, un peu black’n’roll, dans le style d’un Abbath, par exemple. La voix du chanteur est très puissante, dégageant une sacrée énergie. Le même pattern de batterie tourne comme un lion en cage, avant que la chanson n’explose en mille morceaux et que la folie s’empare du groupe. Le côté cool du début laisse place à une pure violence. Ce premier titre est là pour casser des gueules. Toute la rage que pouvaient contenir ces gars est libérée d’une manière fort artistique. Car, malgré son impact brutal, on trouve quand même dans la musique de Katari des passages mélodiques (et même un mini solo de basse !). Je dois dire que c’est une entrée en matière qui me séduit à fond !

La suite n’est pas moins sympathique. Eradicating the Calamity est un boulet de colère mélangé à un arsenal technique très développé. Tout ça donne un cocktail explosif avec un arrière-goût d’assaut sauvage. Les deux frères cassent tout sur leur passage avec des riffs violents et des patterns de batterie qui ne laissent aucun répit à l’auditeur. Le morceau file à toute allure. La fin est un peu plus calme, avec un passage plus mélodique qui accouche d’un solo de guitare pour conclure la chanson. C’est une fin un peu abrupte, qui colle parfaitement au style très direct du groupe.

La chanson suivante est Ineffable Fear, un petit intermède instrumental. Même si je sais que certains ont une fâcheuse tendance à vouloir zapper les intermèdes, je trouve cela très dommage. Si l’artiste l’a placé là, ce n’est pas pour rien. Ici, il dégage une impression de chaos et de désolation, comme une tempête en approche.

Et ladite tempête prend la forme de Lustful Slaughter in the October Procession. Il s’agit du dernier morceau de la première édition de l’EP. Il démarre assez lentement, avant de partir en couilles. Plus rien ne tient en place, ça part dans tous les sens, jusqu’à retrouver un riff très black’n’roll. Cette fois, le tempo est un peu plus lent (mais toujours soutenu), plus posé. La voix est toujours au top. Plus loin, un riff très agressif, au son assez old-school death metal, apporte une teinte différente à ce morceau. Déjà là, c’est du grand art mais, en plus de ces quatre pistes originelles, Katari a décidé de nous gâter en ressortant de vieilles chansons encore jamais produites.

La première est Revenge Ritual, chantée par Jim Mutilator, ex-Rotting Christ et actuel bassiste de Yoth Iria. Sa voix est légèrement plus aiguë que celle de Dany Cuentas, mais elle passe vachement bien. Le morceau est très agressif, conçu pour faire mal. C’est à se demander pourquoi ils ne l’avaient pas sorti plus tôt. On y trouve un joli riffing très black thrash, à la Hellripper. Le jeu de basse est très axé sur l’efficacité : peu de fioritures, mais une pêche monstrueuse qui porte l’ensemble du morceau.

L’EP se termine sur Divine Destruction, du pur black des temps très anciens. Ce morceau instrumental est, par rapport aux autres, très long (plus de huit minutes). Il progresse tranquillement, passant d’une mélodie de guitare assez douce à quelque chose de plus agressif. Cette progression est interrompue à plusieurs reprises par des passages plus gentils qui débouchent à chaque fois sur un truc différent. Ça a dû être un sacré casse-tête à écrire pour que tout tienne aussi bien la route. Je dois dire que ce final est plus que surprenant, tout en conservant une ligne directrice claire et cohérente avec le reste de l’EP.

Les frères Cuentas ont remasterisé cet EP pour en faire un truc choc et à la page au niveau son. C’est mission doublement accomplie, selon moi. La qualité du son est juste top, les compos étaient déjà bonnes à l’origine, mais leur son n’était pas d’une qualité incroyable. Aujourd’hui, il est méchant et agressif. Il vous prend par les tripes et ne vous lâche pas du début à la fin. Petit fun fact : la première version de cet EP est le premier disque jamais produit par From Deepest Records. Pour une première production, le résultat était honorable mais, maintenant qu’une version plus actuelle est sortie, je peux dire qu’elle surpasse de loin l’ancienne. Il s’agit, en somme, d’un super travail destiné aux fans de black metal bien énervé, ou à tous ceux qui se sentent prêts à franchir le pas vers quelque chose de bien underground.

Lien de Revenge Ritual avec Jim Mutilator :
https://www.youtube.com/watch?v=u9o5LxaPaHc&list=RDu9o5LxaPaHc&start_radio=1