In Flames, Employed to Serve
OM, Seraing (BE)
Date 13 août 2026
Chroniqueur Oli de Wacken
Photographe Paul Collin
https://omconcerts.be/

Quelle bonne idée de la part de l’OM, en cette belle journée estivale du 13 août, de proposer un barbecue avant le concert d’In Flames ! La date a affiché complet en un temps record et c’est donc devant une salle déjà bien remplie qu’Employed to Serve entre en scène. Fort de cinq albums studio, le groupe nous livre un set énergique dont Fallen Star, son dernier opus en date sorti en 2025, constitue la colonne vertébrale. Pas moins de quatre titres en sont extraits : Atonement, Treachery, Now Thy Kingdom Come et Whose Side Are You On?.

La musique des Britanniques, emmenés par la vocaliste Justine Jones, lorgne principalement du côté du metalcore. Au vu des réactions des nombreux spectateurs déjà présents, il se trouvait manifestement dans l’assistance suffisamment d’adeptes du genre et de fans du groupe pour donner de la voix et réserver aux musiciens un accueil chaleureux. Cette prestation ne nous a toutefois pas franchement convaincus. En cause, une musique qui manque, à notre sens, de relief et d’accroche, ainsi qu’un growl qui nous a semblé manquer de puissance.

Le succès considérable d’In Flames ne se dément pas. Force est d’ailleurs de constater que le groupe, dont le premier album, Lunar Strain, remonte à 1994, a su renouveler son public au fil des années. Il suffisait pour s’en convaincre d’observer la moyenne d’âge des spectateurs, parmi lesquels bon nombre de jeunes semblaient à peine avoir dépassé la vingtaine.

Si les Suédois entament leur set avec Colony, morceau donnant son titre à leur album de 1999 et classique s’il en est, ils puisent intelligemment dans une discographie riche de quatorze albums studio. Le groupe en fait le tour de manière relativement équilibrée, voyageant d’une époque à l’autre sans qu’aucune impression de cassure stylistique ne vienne perturber le déroulement du concert. Il est vrai que certaines compositions plus anciennes ont été quelque peu adaptées afin que le grand écart entre le death metal mélodique des débuts et le metal alternatif moderne adopté par la suite s’opère sans heurts.

Comme pour proposer un maximum de musique et éviter les temps morts superflus, le public doit attendre près d’une demi-heure avant qu’Anders Fridén ne s’adresse enfin à lui. Malgré tout, c’est un peu long. Le chanteur utilise également à plusieurs reprises ce gimmick éculé qui consiste à pointer du doigt un spectateur, réel ou imaginaire, avant d’entamer avec lui un dialogue ponctué de plaisanteries, comme s’il pouvait réellement entendre ses réponses et discuter avec lui.

Ainsi, si la prestation se révèle techniquement irréprochable, que les musiciens font preuve d’un beau dynamisme et que le light show est particulièrement soigné — notamment grâce à des guirlandes lumineuses parcourues de lumière blanche circulant de haut en bas, évoquant des éclairs —, nous avons cette impression gênante d’un concert donné de façon mécanique et d’un Anders Fridén qui tente de donner le change en affichant une bonhomie factice. Même les remerciements appuyés, du genre « sans vous, nous ne serions rien », sonnent faux.

Un grand succès de foule et beaucoup d’applaudissements, mais, à titre personnel, une certaine déception s’est progressivement installée au fil du concert, pour les raisons évoquées ci-dessus. À revoir, en espérant une prestation plus passionnée.