Horn
Apokalyps 1618
Genre folk black metal
Pays Allemagne
Label Northern Silence Productions
Date de sortie 05/06/2026

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Onze albums. Voilà désormais plus de vingt ans que Horn poursuit son chemin à travers les terres du pagan et du black metal allemand sans jamais réellement se soucier des modes ou des tendances. Avec Apokalyps 1618, le projet nous plonge au cœur d’une période sombre de l’histoire européenne, entre la Défenestration de Prague, les prémices de la Guerre de Trente Ans et les récits issus du folklore germanique. Une thématique ambitieuse qui trouve un écrin parfait dans cette pochette foisonnante inspirée de l’univers de Hieronymus Bosch, où chaque détail semble raconter sa propre histoire.

Les amateurs d’Antrisch, Nornír, Sworn, Firtan ou encore Mork devraient rapidement trouver leurs marques. Horn navigue dans un black metal mélodique et païen qui sait se montrer épique, contemplatif ou agressif selon les besoins, tout en conservant une identité forte forgée au fil des années.

Dès Die Ahren gleich als mit dem Huf, le ton est donné. Le morceau impose immédiatement une atmosphère dense et immersive. On sent que Horn ne cherche pas à séduire dès les premières secondes avec des artifices faciles. Le groupe développe son univers avec patience, laissant les mélodies et les ambiances prendre progressivement possession de l’auditeur.

Le morceau-titre Apokalyps 1618 constitue l’un des grands moments du disque. Son introduction au violon apporte une touche presque cinématographique avant que les guitares ne prennent le relais. La voix froide et caractéristique du projet guide l’ensemble avec autorité, tandis qu’un refrain particulièrement entraînant vient rapidement s’ancrer dans la mémoire. La fin du morceau accélère encore l’intensité avec une double pédale omniprésente qui propulse le titre vers un final particulièrement réussi.

Naud poursuit le voyage sans jamais casser la dynamique installée par les deux premiers morceaux. L’album continue alors de déployer ses atmosphères médiévales et ses paysages sonores chargés d’histoire, renforçant cette impression d’assister à la bande-son d’une Europe en pleine tourmente.

Avec Barhout, Horn surprend davantage. Le morceau se distingue par ses chants clairs mélancoliques qui apportent une couleur particulière à l’ensemble. Mais ce sont surtout certaines lignes vocales plus aiguës qui ont retenu mon attention, me rappelant par moments le grand King Diamond. Une comparaison qui peut sembler inattendue dans ce contexte, mais qui illustre parfaitement la personnalité de ce titre atypique et particulièrement réussi.

Parmi les morceaux qui m’ont le plus marqué, Hiofan mahnt occupe une place de choix. Le titre dégage une atmosphère beaucoup plus old school que le reste de l’album. Plus rugueux, plus sauvage, il semble regarder directement vers certaines racines du black metal des années 90. Les vocaux y sont particulièrement convaincants et renforcent encore cette impression de noirceur primitive. Un véritable coup de cœur.

Am Abgrund steht der Junker offre ensuite une respiration bienvenue. Les passages plus calmes permettent à l’auditeur de reprendre son souffle tout en restant totalement immergé dans l’univers du disque. Les chants plus clairs apportent une dimension presque contemplative à l’ensemble et donnent parfois l’impression de flotter au-dessus des paysages décrits par les compositions.

Plus traditionnel dans son approche, Ergot n’en demeure pas moins redoutablement efficace. Sans chercher à révolutionner la formule, le morceau rappelle pourquoi Horn maîtrise aussi bien les fondamentaux du genre. Son efficacité immédiate lui permet de rejoindre lui aussi la liste de mes favoris.

Enfin, At our bleakest vient conclure l’album de manière magistrale. Le titre débute sur une introduction au clavier particulièrement étrange qui intrigue immédiatement. Puis la composition prend son temps, monte progressivement en puissance et dévoile peu à peu toutes ses nuances. Pendant plus de sept minutes, Horn construit un final aussi majestueux que mélancolique. Une véritable masterclass qui vient refermer l’album sur une note particulièrement forte.

Ce qui frappe tout au long de l’écoute, c’est la profondeur des compositions. Horn ne cherche jamais la démonstration gratuite ni la surenchère permanente. Les morceaux respirent, évoluent et construisent leurs ambiances avec intelligence. Les roulements de caisse claire presque martiaux entendus à plusieurs reprises renforcent encore cette sensation de froideur historique qui colle parfaitement au concept développé ici.

Avec Apokalyps 1618, Horn démontre une nouvelle fois pourquoi il reste une référence incontournable du pagan black metal allemand. Ambitieux sans être prétentieux, mélodique sans perdre sa noirceur et riche sans devenir indigeste, ce onzième album confirme toute la maîtrise d’un projet qui continue d’évoluer sans renier son identité.

Pour les fans de : Antrisch, Nornír, Sworn, Firtan, Mork, Ferndal et Empyrium.