Monument of Misanthropy
Washington State Charm
Genre brutal death metal
Pays Autriche
Label Listenable
Date de sortie 26/06/2026

Site Internet

Depuis plusieurs années, les Autrichiens de Monument Of Misanthropy semblent avoir trouvé un fil conducteur aussi fascinant que dérangeant. En 2021, le groupe consacrait Unterweger à Jack Unterweger, tueur en série autrichien qui avait réussi à convaincre les autorités de sa réhabilitation avant de replonger dans le meurtre. Une affaire qui avait profondément marqué l’Autriche dans les années 1990. Trois ans plus tard, Vile Postmortem Irrumatio s’intéressait à Edmund Kemper, plus connu sous le nom de « Co-Ed Killer ». Actif principalement en Californie au début des années 1970, ce géant de plus de deux mètres était connu autant pour son intelligence que pour la brutalité de ses crimes, faisant de lui l’un des tueurs en série les plus étudiés de l’histoire américaine.

Comme on dit, jamais deux sans trois : avec Washington State Charm, Monument Of Misanthropy poursuivent cette macabre collection et s’attaquent cette fois à Ted Bundy. Actif dans plusieurs États américains durant les années 1970, Bundy reste probablement l’un des tueurs en série les plus connus du grand public. Derrière une apparence soignée et un charisme trompeur se cachait pourtant un prédateur responsable de nombreux meurtres qui ont profondément marqué l’histoire criminelle des États-Unis.

Fondé en 2010 par Georg Wilfinger, Monument Of Misanthropy reviennent donc avec un nouvel album concept retraçant le parcours de Bundy, de son enfance jusqu’à son exécution sur la chaise électrique.

Musicalement, le groupe reste fidèle à son identité en proposant un brutal death metal particulièrement agressif, enrichi de touches deathcore et porté par plusieurs invités de marque. On retrouve notamment Mendel Bij de Leij, ancien guitariste d’Aborted, Gabe Mangold d’Enterprise Earth ou encore Hal Microutsicos d’Engulf.

Après une introduction qui installe progressivement l’ambiance et pose les bases du récit, Monument Of Misanthropy entrent réellement dans le vif du sujet avec Nine Omega Blood Rage. Le morceau frappe immédiatement par son efficacité. Deux voix s’y répondent constamment : l’une extrêmement grave et caverneuse, l’autre beaucoup plus aiguë et agressive. Cette alternance apporte énormément de dynamisme au morceau et participe grandement à son efficacité.

Le troisième titre agit davantage comme une transition. Pendant près d’une minute et demie, batterie martiale et guitares viennent installer une tension grandissante sans qu’aucune voix n’intervienne réellement. Une introduction qui sert parfaitement de tremplin à Colorado Murder, où l’on retrouve Gabe Mangold. Ici encore, Monument Of Misanthropy démontrent tout leur savoir-faire : riffs travaillés, breakdowns efficaces et doubles pédales omniprésentes composent un cocktail particulièrement destructeur.

Après une courte respiration, Washington State Charm remet immédiatement un coup d’accélérateur. Les guitares gagnent en ampleur, la basse se fait particulièrement présente et les performances vocales impressionnent une nouvelle fois. Les growls abyssaux côtoient des screams glacials qui renforcent encore davantage l’atmosphère malsaine du disque.

Au fil des morceaux, l’album ne montre pratiquement aucun signe de faiblesse. Le neuvième titre figure parmi les moments les plus marquants du disque tandis que le dixième pousse encore davantage le curseur de la brutalité. Monument Of Misanthropy restent fidèle à leur formule : une violence permanente, mais toujours maîtrisée et portée par des compositions suffisamment travaillées pour éviter toute lassitude.

Le onzième morceau débute sur une introduction qui rappelle certains éléments entendus plus tôt dans l’album, créant ainsi un sentiment de cohérence particulièrement appréciable. Plus loin, la participation d’Hal Microutsicos apporte une nouvelle couleur aux compositions et s’intègre parfaitement à l’ensemble.

La conclusion arrive finalement avec Strapped To The Throne (Burn, Bundy, Burn). Rapide, brutal et ponctué de breakdowns particulièrement efficaces, le morceau constitue une conclusion idéale pour ce voyage dans l’esprit de Ted Bundy.

Musicalement, Washington State Charm s’inscrit parfaitement dans la continuité des précédents albums du groupe. Monument Of Misanthropy continuent d’explorer l’univers des tueurs en série à travers un brutal death metal moderne, extrêmement propre dans sa production et particulièrement abouti dans son exécution.

Au final, les Autrichiens signent une nouvelle réussite qui devrait ravir les amateurs de brutal death metal moderne. Une chose est sûre : sur scène, plusieurs de ces morceaux risquent de faire de sérieux dégâts dans les premiers rangs.

Clip de Washington State Charm ici !