Blood Mother
Blood Mother
Genre post-black metal atmosphérique
Pays Etats-Unis
Label Wolf Mountain
Date de sortie 19/06/2026

Site Internet

Le nom de Blood Mother ne vous dit rien ? Si je vous dis qu’il s’agit du successeur de The Lion’s Daughter, ça vous parle ? Parce que oui, Rick Giordano s’est associé à Erik Ramsier pour donner vie à un nouveau projet qui n’attend que d’être écouté. 

L’album commence par The Night Fires, s’ouvrant sur un joli petit air de clavier, bientôt brouillé par une gratte distordue, accompagnée d’une basse lointaine mais bien audible. La tension monte gentiment, lorsque Rick pose sa voix dans un style ritualistique. Et brusquement tout s’accélère et devient incontrôlable. Erik tabasse violemment sa batterie alors que le synthé envoie de temps à autre des sons bizarres. Progressivement, tout ralentit pour retrouver la mélodie du début qui vire sur une espèce de brouhaha indescriptible. Je sais pas pourquoi, mais ça m’évoque un truc spatial, cosmique.

La seconde piste de ce premier opus est Bonecanter, qui a un début plutôt énigmatique. Rien ne se passe et pourtant cela intrigue. Lorsque ça commence véritablement, la musique est très spéciale, sonnant d’une manière unique, cinématographique. Je verrais bien ce passage comme la bande-son d’un western, à un moment où tout semble perdu pour le méchant mais que, d’un coup, il se relève et se dresse, comme imbattable. Ce n’est pas très facile à décrire, il ne se passe pas grand-chose mais, en même temps, ça suffit pour être très intéressant.

Dans un ton plus metal, Trail of the Screaming Dead propose quelque chose qui me fait penser à Cult of Fire. C’est tout doux, inoffensif et pourtant ça prend les tripes. Il y a une mélodie de guitare qui tourne en boucle, surplombant un pattern de batterie se répétant pendant un long moment, avant qu’un passage à la seule guitare ne vienne prendre place. Il est suivi par l’entrée du chant et un peu de tremolo picking. Le rendu est très intéressant. Ce style est très progressif et lent dans son approche mais aucun passage n’est laissé au hasard. Tout se répond et interpelle. S’ensuit The Wound of Heaven, plus directe et incisive que tout ce qui précède. Elle est aussi plus rapide et apporte une note black metal moins moderne que d’habitude. Il y a le synthé qui donne une touche nostalgique à ce qui est la chanson la plus violente de l’album. Le duo envoie tout ce qu’il a et le rendu est très qualitatif.

Lost in Thunder donne l’impression de se perdre dans ses pensées avec une musique rudimentaire, qui irait bien dans un salon de massage. Il y a le chant « habituel » distordu et du chant clair qui ne dure pas mais ne sonne pas très bien. Je verrais bien une scène tragique se produire sur cette musique. Genre un moment où un astronaute dont le câble le reliant à la station a été rompu. Il n’est retenu que par la main de son coéquipier. Malheureusement, les mains se lâchent et l’astronaute est emporté dans l’infinité de l’espace, devant inexorablement attendre la délivrance de la mort.

Le dernier morceau de Blood Mother est Pulled Apart, un moment assez beau, apaisé. La musique est très calme, sereine. Il y a une petite accélération mais elle semble être la dernière lueur d’énergie d’un mourant résigné. Cette piste met fin à un album étrange. N’étant pas familier du style, je trouve cela rafraîchissant. Ça change de tout ce que j’ai pu avoir l’occasion de chroniquer et franchement, si l’occasion se représente, je fonce. Cet album est très agréable à écouter, le son est nickel chrome. Il s’agit d’un voyage introspectif qui peut faire se questionner sur ce que l’on attend vraiment. Pourquoi voudrait-on se battre pour ne pas lâcher la main de notre coéquipier? La question mérite d’être réfléchie, même si la réponse ne regarde que vous.

Clip de Pulled Apart ici !