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Le groupe Voidrium propose ici son premier album. La formation vient de Tampa, en Floride mais ne joue pas du death old school. Comme quoi, l’air de la Floride peut inspirer autre chose que du blast de gros bourrin.
L’album commence par Porta Avernus, une jolie entrée en matière avec le tintement d’une cloche lointaine. Ensuite la musique démarre. La première chose qui m’a frappé, c’est le son, qui est drôlement compact pour un album de black, c’est un peu étrange. Le rendu est très qualitatif, très pro mais pas habituel. Ils sortent des sentiers battus et ça, ça me parle. Musicalement, le groupe envoie bien, c’est pas très rapide mais relativement constant. Je ne trouve les textes nulle part mais il me semble entendre du latin ici et là. Pour les amateurs de langues mortes, c’est plutôt sympa comme idée. La seconde piste de l’album est Acheron, nom d’un des fleuves menant aux Enfers dans la mythologie grecque. Elle est plus lente avec un passage très méditatif. Dans cette chanson, le chanteur Vince Lepore met en avant toutes ses capacités vocales, oscillant entre voix hautes et voix basses. La force de ce titre est de savoir maintenir une tension permanente pendant plus de cinq minutes, sans jamais la relâcher.
Beaucoup plus rapide, Ignis Et Sanguis propose quelque chose de plus classique. C’est du pur black metal bien malsain qui vient chatouiller les tympans. La chanson propose des passages très puissants avec tous les instruments qui blastent et riffent à fond, provoquant une énorme démangeaison au niveau des cervicales. Le refrain, bien plus calme, offre un moment de repos qui se poursuit dans l’ouverture de Libitina. Quand ça finit par démarrer, plus rien ne l’arrête. C’est un joli titre, bien mélodique tout en restant puissant. Il s’agit de mon coup de coeur de l’album. Si je devais conseiller un seul titre, ce serait celui-là. Heureusement, je peux aussi dire qu’il faut écouter tout l’album et dans l’ordre. Dans la continuité, Febris Divae est légèrement moins agressive mais apporte quelque chose de nouveau : un solo. Dans l’ensemble, ce morceau est plus gentil que les autres. Le reste de l’album est méchant, agressif, bien qu’il soit également mélodique. Ce titre détonne par sa bonne humeur. Je trouve un peu surprenant de mettre un titre pareil ici. Après, il est plutôt cool, avec un bon riff.
Dans un ton plus militaire, Ritus Belli donne le rythme pour marcher au pas, le tout en entendant les ordres donnés par un gars qui doit avoir bien mal à la gorge (en même temps, en braillant pareillement, c’est pas étonnant !). Avec son air martial, cette piste est très carrée, ne proposant rien d’extravagant mais l’ensemble est bien structuré. Il y a juste un petit solo de gratte qui sublime l’ensemble. Il est plutôt bien fait, pas trop long, diablement efficace. Dans la même veine, Ritus Mortis sonne plus grave. Le ton est légèrement plus bas. Il s’agit de nouveau d’un tempo moyen, voire lent, mais qui ne s’arrête pas. Le morceau est assez intense, parlant vraisemblablement de rites funéraires. C’est fait avec une certaine retenue et élégance. Il n’y a pas de gros blasts de sauvage ou d’effusions de violence. Chose qui s’interrompt avec Umbrae Praeteritorum. Elle s’ouvre avec un magnifique riff bien black. Ensuite la batterie s’en mêle et donne un tempo plus soutenu. Le bon riff du début revient de temps en temps pour mon plus grand plaisir. Je suis sûr que ce titre en live doit donner un truc assez énorme. Il est plus puissant que tout ce qu’il y a d’autre dans l’album. C’est une sacrée claque.
L’avant-dernière piste de l’album est Ultimum Supplicium. Elle propose une montée progressive qui redevient très faible, puis remonte petit à petit. Cela arrive à plusieurs reprises dans le morceau. Ça donne un côté « Un jour sans fin » que j’aime bien. Ça rend très compliqué le fait de se situer dans le morceau. C’est un peu déroutant mais j’aime bien. Pour finir cet opus, le groupe propose Consumptus A Mari, un morceau où tout se déchaîne une dernière fois. Il est tantôt méchant, tantôt plus doux. C’est une espèce de tempête constante qui déferle sur l’auditeur et saccage la chaîne hi-fi. La toute fin du morceau est plus tranquille et met fin paisiblement à un album haut en couleur.
Sachant que c’est leur premier album, je dois dire que je suis scotché. Ils ont un bel équilibre entre innovation et tradition. C’est tout bonnement excellent ! Cet album plaira sans doute aux fans de black old school mais pourrait aussi séduire les amateurs de trucs qui sortent de l’ordinaire. Voidrium est un groupe très prometteur et qui, s’il continue sur sa lancée, pourrait aller loin !

