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Pour son premier album sous le nom de Serpent Lord, Jake Superchi propose The Once Forgotten Ways of Old, qui sort le 29 mai chez Eisenwald. L’album démarre avec Aries Ram, qui commence par des coups de tambour avec un côté un peu incantatoire. Le tout part très vite sur du black très prenant qui sonne un peu comme du Uada (en même temps avec Jake Superchi qui compose pour les deux, ça peut se comprendre). Dans Serpent Lord, il fait absolument tout tout seul. Ce dernier détient une voix qui se fait relativement rare mais quand il chante, il envoie à fond. Musicalement parlant, c’est très intéressant car, sans jamais faire de changement brutal, il y a une évolution très logique, effectuée avec beaucoup de goût. Vers la fin du morceau, on retrouve les tambours du début (ainsi que le chant) qui viennent sublimer un passage plus agressif débouchant sur une fin très douce, voire paisible. Le morceau suivant est Constrictor qui, dès les premières notes, lance un titre bien plus agressif et punchy, tirant un peu sur du black thrash à la Aura Noir. Il y a certains passages où la voix a été doublée (une version grave et une version aiguë), ce qui donne une combinaison absolument fantastique et dévastatrice. Il y a un court passage plus planant avec une voix de prêtre orthodoxe qui pourrait faire penser (vite fait) à ce que propose Patriarkh.
Le troisième morceau est éponyme à l’album. On retrouve directement les tambours qui sont accompagnés eux-mêmes de tambourins qui font sonner leurs grelots tout au long du titre. Celui-ci arbore un chant plus ritualistique, rappelant un peu les grandes heures de De Mysteriis Dom Sathanas. Le tout n’est pas bien rapide, ni même mélodique, mais cette surdose de rythmique prend aux tripes, un peu comme s’il y avait une invocation tribale allant de pair avec les tambourins. Il y a un court passage de batterie et de guitare « classique » qui est interrompu par le même genre de chant cérémoniel que tout à l’heure. Le tout reprend accompagné de quelques chœurs de chant clair qui rythment l’ensemble. Le chant de Jake en impose grave, ce dernier a une voix puissante et autoritaire qui donne à la mélodie et à la douceur de la musique un certain contraste qui se marie à la perfection. La chanson termine avec les tambourins du début qui se mêlent au jeu de la guitare et de la batterie.
Le titre suivant est Enter Serpentagram, plus court et plus direct, bien plus violent que le précédent. Cet enchaînement d’un titre atmosphérique et d’un plus trash est plutôt étonnant mais pas désagréable, bien au contraire. Au milieu de toute la violence, on retrouve un passage plus calme qui fait croire que le morceau touche à sa fin et, d’un coup sec, tout repart et s’emballe. La prochaine piste est A Pagan’s Spell, qui casse la logique précédemment mentionnée. Celle-ci est bien puissante, mettant en avant toute la versatilité de Jake qui propose des choses très stylées à la gratte, mais pas seulement. Il y a un très bon jeu de batterie et un tel chant… wow. Et comme si ça ne suffisait pas, il compose vachement bien, il doit avoir un petit grain le mec. Cet avant-dernier morceau est très étrange, commençant à toute vitesse et poursuivant avec un moment beaucoup plus lent et perché, tout ça pour finir sur un passage très similaire à celui entendu au début. La dernière chanson s’intitule Forever on the Grounds of Battle. Celle-ci démarre en trombe puis ralentit énormément, créant un paysage sonore très beau. Ce passage est très long, très planant et plaisant à écouter, c’est un bon moyen de mettre un terme à cet album. Bien que plus lent, le tout reste très mélodique et rythmé, une guitare sèche accompagnant ce riff jusqu’à la fin. Une voix grave très calme et posée vient réciter des paroles. Je trouve que ça donne un côté un peu mystérieux, voire mystique qui colle vachement bien à cette musique.
Cet album est juste génial ! Pour moi, c’est une leçon de tout ce qui peut être fait dans le monde du black metal. Il y a de la mélodie, de la puissance, et des passages atmosphériques. Le tout est amené dans une progression terriblement logique et précise. C’est vraiment un album qui va tourner un moment dans ma playlist. En plus, – le détail qui tue – sortir ça l’année du serpent… c’est la classe absolue !

