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Sans la moindre introduction, Stabbing ouvre son album avec Rotting Eternal. Il s’agit d’un titre lourd relativement lent, mais très impactant au niveau des cervicales. Il dure quelques secondes à peine, pour lancer Inhuman Torture Chamber, un morceau plus rapide. Cette chanson est linéaire dans son agressivité, mais varie en tempo. C’est un pure régal annonciateur d’un très bon moment. Le son est tout simplement excellent et met bien en avant le nouveau bassiste Matt Day. Dans la même veine, Masticate the Subdued propose une musique lourde qui donne envie de tout casser autour de soi. La voix de Bridget Lynch est juste incroyable ! Elle est tellement grave et caverneuse, difficile de croire qu’un être humain puisse avoir une voix pareille. Elle se fond parfaitement dans la puissance et la violence du reste.
Eon of Obscenity, le titre éponyme, démarre légèrement moins vite que les précédentes, mais ne perd rien en puissance et en impact. Le morceau est très court, pas tellement mélodique mais qu’est-ce qu’il peut donner envie de secouer la tête ! Sans faire dans la dentelle, Reborn to Kill Once More propose un peu de mélodie (pas trop quand même, attention). Ce titre est plus lent, vraiment lourd et finit avec un joli fade-out qui ouvre la porte à Ruminations. Il s’agit d’un morceau instrumental faisant la passe à Nauseating Composition qui commence à mille à l’heure ! Musicalement, ce groupe est très fort pour faire des passages rapides très puissants et des passages lents à vous en faire tomber la mâchoire. Juste en passant, Ricky Myers de Suffocation a posé sa voix sur la chanson. Je dis ça, je dis rien…
La chanson suivante est Their Melted Remains qui, dans la continuité, met une sacrée branlée aux tympans de l’auditeur. Il y a tout ce dont un groupe de brutal death peut rêver : un batteur de folie et un jeu de gratte juste dingue. Marvin Ruiz est très fort, sachant introduire une légère touche mélodique sans jamais perdre en efficacité et en puissance. Ce morceau est le plus long de l’album, ce qui lui permet d’offrir plus de variations de tempo, et ça n’arrête pas.
Dans un rythme plus lent, Sonoluminescent Hemoglobinopathy met en place une lente (mais pas longue) pause dans l’agression, juste le temps de voir à quel point ils ont frappé fort jusque-là. Et, comme si ce n’était pas déjà suffisant, Symphony of Absurdity en rajoute une bonne couche. Aron Hetsko tape un peu moins vite sur ses fûts, mais chaque coup a un impact encore plus fort. Il sait bourriner bien comme il faut, mais sait également être plus dans la précision, une polyvalence exploitée à merveille !
Il parait que toutes les bonnes choses ont une fin. Malheureusement, c’est aussi le cas d’Eon of Obscenity qui se termine par Sinking into Catatonic Reality, un titre absolument sensationnel, il est juste parfait ! Mêlant puissance, violence et précision, cette dernière piste offre une sortie en grandes pompes pour un album qui fera, j’en suis sûr, plaisir à tous les amateurs de death metal un peu cinglés.
Sérieusement… c’est quoi cette folie ? Stabbing avait déjà fait fort avec Extirpated Mortal Process, mais là on est clairement un niveau au-dessus, le groupe montre une progression nette et impressionnante. On en oublierait presque que c’est un jeune groupe (formé en 2021, avec seulement leur deuxième album studio). Cette équipe est promise à un avenir radieux. S’ils continuent sur cette lancée, rien ne pourra les arrêter.

