Mayhem
Liturgy of Death
Genre black metal
Pays Norvège
Label Century Media Records
Date de sortie 06/02/2026

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​Le nouvel album de Mayhem, Liturgy of Death, commence par Ephemeral Eternity s’ouvrant sur un air mystérieux, ritualistique qui donne le ton de l’album. Ce premier morceau a une structure tout à fait originale, évoluant constamment. D’un blast de Hellhammer (batteur) qui lance les hostilités, on passe très vite à un moment beaucoup plus planant. On ne peut pas se tromper, Mayhem est reconnaissable entre mille. Ils ont cette faculté rare de faire de la musique puissante et malsaine. Sept ans après la sortie de Daemon, les norvégiens sont de retour et n’ont audiblement pas perdu la main.

Dans la continuité, Despair part au quart de tour avec une batterie allant à toute berzingue. En arrière, il y a une sorte de chœur qui fait une incantation bizarre. Attila Csihar met en avant tout son savoir-faire vocal, passant d’un chuchotement macabre à des hurlements plus typiques du black metal. Il utilise aussi son chant si particulier qui a accompagné Mayhem depuis De Mysteriis Dom Sathanas. Ce morceau est une pure bombe atomique : le tempo est ultra rapide jusqu’à un passage calme très bien amené, c’est une sorte de parenthèse qui permet de respirer avant que le chaos ne s’abatte de nouveau sur les oreilles de l’auditeur. Il s’agit de l’un des morceaux les plus agressifs de la discographie du quintet norvégien.

Sans transition, Weep for Nothing vient mettre un peu de poids sur l’âme de l’auditeur. Ce morceau est plus lent, plus macabre. Il laisse plus de place au jeu simple et efficace de Necrobutcher. Tout est plus lent, mais rien ne mériterait d’aller plus vite. Ce n’est pas une ballade au sens classique du terme, mais il s’agit en quelque sorte d’un moment de déprime et d’introspection. Une fois qu’on a touché le fond, des rires sinistres viennent mettre le dernier clou dans le cercueil.

Beaucoup plus énergique, Aeon’s End propose quelque chose de plus rapide, mettant en avant le jeu des guitaristes Ghul et Teloch. Ce titre est plus puissant que les autres avec des pistes vocales doublées pour un rendu sublime. A mon humble avis, pour définir ce qu’est le black metal norvégien, Mayhem apporte ici une bien belle démonstration. A l’opposé total, Funeral of Existence met en exergue la polyvalence des norvégiens. Ils savent tout faire, du rapide, du lent, du mid-tempo. Là où ils sont les plus forts, c’est au moment de faire vivre leur morceau qui varie incessamment. Il n’y a alors pas moyen de se lasser.

Après le calme vient la tempête. Pour cela, j’appelle Realm of Endless Misery. Ce morceau est tout simplement génial. On pense avoir déjà tout entendu dans cet album et Mayhem pousse toujours plus loin dans l’imprévisible. Ce titre prend un virage à 180° pour arriver à un passage de rite mystique avec une voix incantatrice d’Attila Csihar. Puis, d’un coup sec, ça repart dans l’autre sens avant de finir.

Propitious Death est un titre plus groovy que les autres avec un mid-tempo relativement stable. Il y a tout de même quelques blasts supersoniques (j’ai dit stable, pas monotone). C’est mon titre préféré de Liturgy of Death. Il y a tout, du bon riffing, des accélérations folles et des vocalises occultes : du Mayhem dans tout ce qu’il y a de beau !

Pour clore l’album, The Sentence of Absolution fait étalage de tout le talent des musiciens qui composent Mayhem. Ils sont tous réunis dans le cadre d’une expérimentation occulte qui débouche sur un véritable rituel dans lequel on entend une foule frapper sur des tambours. C’est mystérieux, mystique et macabre… du tout bon !

Dans cet album, Mayhem explose tout, et, malgré quatre décennies d’activité, il revient et continue d’innover sans jamais se renier. Tout ce qui fait l’ADN des Norvégiens est là, sans que ça sente le réchauffé. Alliant puissance et occultisme, Liturgy of Death ne laissera pas une âme indifférente. Personnellement, je suis déjà parti dans l’univers de Mayhem et ce voyage est sans retour…

Clip de Weep For Nothing ici !