Exhumed
Red Asphalt
Genre death metal/grindcore
Pays USA
Label Relapse Records
Date de sortie 20/02/2026

Site Internet

Quatre petites années après To the Dead, Exhumed est de retour avec un nouvel opus intitulé Red Asphalt, centré sur des histoires sordides arrivées sur les routes américaines (comme le montre la superbe pochette de l’album). Tout commence avec Unsafe at any Speed, un titre plein d’énergie, qui envoie du lourd dès le départ. Il y a des accélérations et des ralentissements, un trafic vocal quelque peu saturé. Les feux de signalisations semblent en panne et les radars flashent tous azimuts. Bref, c’est un joyeux bazar, et c’est ça que c’est beau !

Après avoir vérifié ses angles morts pour passer la seconde, Red Asphalt fait ronronner le moteur avec un jeu de gratte très agréable. C’est comme un démarrage en côte, ça peut être un peu douloureux à l’idée de se lancer, mais une fois le contact enclenché, plus aucune raison de s’arrêter de monter. A force de monter, on arrive au sommet et, si on ne lâche pas l’accélérateur, on ne fait qu’accélérer (c’est pas ma faute monsieur l’agent, j’ai pas vu que ça montait plus !). En tout cas, le bulldozer Exhumed ne risque pas d’excès de vitesse. Pour eux, rien ne va trop vite. La route continue avec Shock Trauma, un passage plus sinueux, qui force à maîtriser la vitesse, avec des bouts droits suivis de virages à l’équerre. Il y a même un solo de gyrophares qui vient sublimer cette plongée dans l’inconnu. Celle-ci termine par une montée d’adrénaline qui pousse à un dépassement dangereux, mais visiblement bien senti.

Sur le bord de la route, un panneau annonce Shovelhead, Dieu que c’est bon de trouver un havre de paix pour faire le plein. Ça permet de recharger le fuel et de se reposer un peu avant de continuer. C’est le moment calme du voyage, même les pilotes les plus expérimentés ont besoin de reprendre leurs esprits. Ce n’est pour autant pas une balade de santé, ça carbure à fond dans la tête, pour planifier le reste du chemin à parcourir. En reprenant le bolide, on passe à côté de l’Iron Graveyard, un charmant endroit où les âmes torturées semblent hanter les conducteurs. Tous roulent n’importe comment, allant dans tous les sens avec une logique quelque peu absente. C’est le chaos total, il y en a même qui se mettent à faire des monstres drifts (après tout c’est rigolo). C’est pas le moment d’avoir peur des transports, ça secoue un max ! Et ça ne manque pas, l’accident frappe fort. Vient alors le moment de Crawling from the Wreckage. Une maison en bois s’est effondrée à cause d’un crétin qui a voulu aller plus vite que la musique, et maintenant faut essayer de sortir de là. Ce n’est pas chose aisée, les décombres sont lourds, il ne faudrait pas aller trop vite avant d’être libre. Une fois les quatre passagers extirpés, tous courent le plus vite possible pour trouver un nouveau véhicule. Pour convaincre le chauffeur de les prendre, Phillips et Harvey sortent les violons et font leur possible pour amadouer quiconque s’arrête près d’eux.

Miracle, leur chemin continue. Ils aperçoivent le Signal 30, signe que la destination finale n’est plus très loin. Ce n’est pas pour autant une raison de ralentir, au contraire même. Bien que la route demande de ralentir, le chauffeur préfère mettre un bon coup sur le champignon, histoire d’arriver le plus vite possible. Malheureusement, la Death on Four Wheels attend au tournant. Elle est taquine la mort. Elle ne se montre jamais à visage découvert, laisse échapper ses victimes. Exhumed se voit obligé d’accélérer pour la mettre à distance. Au bout d’un moment, il est possible d’imaginer les protagonistes en sécurité et, effectivement, ils parviennent à lui filer entre les doigts mais, en contrepartie, il y a un impact très fort sur les suspensions du bulldozer et l’enjoliver finit par sauter. Manque de bol, il atterrit en plein dans la tronche d’un piéton (une fin évitable, c’est dommage).

Requinqué à bloc après cette expérience, le quatuor se sent pousser des ailes et avance à mille à l’heure vers leur destination. Tous les membres font étalage de leur compétence en tant que pilote, se partageant les tâches comme une écurie de F1 bien huilée. La route se termine par The Fumes. On sent une arrivée musclée, mais maîtrisée par une bande de cinglés qui, envers et contre tout, mettent le pied au plancher pour un rendu tout à fait génial !

Quel trajet ! Je sais pas à quoi ça ressemble dans le tour bus d’Exhumed. Je suis sûr d’une chose, pour y aller, il faut signer une décharge en cas de conduite dite sportive voire carrément dangereuse. A part ça, tout ce Red Asphalt avalé en un temps plus que record permet aux Américains de mettre à l’honneur tout leur talent ainsi que de profiter d’un équipage stable depuis 2018. Que retenir de tout ça ? Que pour quelqu’un qui n’a ni peur d’un trafic saturé, ni de se retrouver sur une autoroute déserte, ou encore quelqu’un d’un peu effrayé par la route, cet opus devrait faire mouche.

Clip de The Iron Graveyard ici !