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Le metal extrême (black, death et leurs dérivés) n’est pas spécialement ma tasse de thé, mais lorsqu’il se pare d’atours progressifs, le genre parvient parfois à me surprendre et, dans certains cas même, à me séduire complètement. Ce fut le cas avec les albums As Ink in Water d’Asira et The Sleeping City d’An Abstract Illusion, deux groupes mêlant avec brio l’univers sombre et tendu du black metal à celui, plus coloré, du metal progressif. Je peux aujourd’hui, sans hésitation, y ajouter Mindwork qui, avec son album Adrift, fait dialoguer avec bonheur death metal et metal progressif.
Avec celui-ci, les Tchèques explorent les effets dévastateurs de la maladie d’Alzheimer : perte de la mémoire, dissolution de l’identité et fragmentation psychologique, à travers neuf titres qui traduisent parfaitement la dualité entre la personne que l’on a été et celle que l’on devient lorsque la maladie s’installe, jusqu’à transformer littéralement un individu en un autre.
Le choix de mêler la légèreté relative du metal progressif à la fureur du death metal prend alors tout son sens : le premier semble incarner les souvenirs d’une vie qui s’efface peu à peu, tandis que le second accompagne la descente aux enfers provoquée par la perte progressive de soi et le sentiment de détresse qui l’accompagne.
Les titres, aux structures aussi complexes que la maladie elle-même, s’appuient sur une technique irréprochable des musiciens, dans laquelle viennent, de plus, s’intégrer des éléments de jazz, quelques interventions d’un saxophone expressif et des nappes de claviers qui donnent à l’ensemble une atmosphère cinématique.
Si les influences de groupes comme Opeth, Cynic ou encore Death, sont ici assez évidentes, elles ne viennent jamais polluer la musique de Mindwork, qui les intègre plutôt habilement à son propre univers.
Un univers froid et oppressant, mais aussi étonnamment mélodique et finalement assez accessible, pour peu que l’on soit sensible au genre musical proposé ici.
Un album qui mérite assurément que l’on s’y attarde.
