Primordial, Pestilential Shadows, Mannveira, Darkenhold, Hierophant, Hexekration Rites, Werwolf, Conquerors, OST, Auro, Ghörnt, Chotzä, Decline of the I, Solfatare, Trogne, South of Hell, Alkhemia
Chevenez (CH)
Date Du 10 au 11 juillet 2026
Chroniqueur Hugo Weyermann
Photographe Hugo Weyermann
https://www.facebook.com/events/cabane-forestière-de-chevenez/forest-fest-open-air-part-xiv/779378391556841/

–              Comment tu fais pour survivre à la canicule ?

–              Moi, je retrouve les copains pour un petit weekend en forêt, pas toi ?

–              C’est la saison des fests alors je passe presque autant de temps à mettre de la crème solaire qu’à voir les groupes. C’est chiant. Si seulement on pouvait inventer un fest en plein air et à l’ombre…

–              Faut penser au Forest Fest, c’est le paradis sur terre. C’est vraiment un chouette festival qui regorge d’avantages.

–              C’est marrant, j’en ai jamais entendu parler. Tu peux m’en dire plus ?

–              Avec grand plaisir. Le festival comporte une seule scène, ce qui fait qu’il n’y a aucune excuse pour ne pas tout voir. Il se déroule dans une magnifique clairière, sur une colline surplombant le petit village de Chevenez, dans le canton du Jura.

–              Un peu comme le Meh Suff ??

–              Oui et non, au Forest, il n’y a pas un champ entre la forêt et le fest, il y a carrément des arbres qui jouxtent la scène. C’est complètement fou d’avoir imaginé de mettre un fest de metal extrême là, au milieu, mais, en même temps, c’est tellement agréable de pouvoir rester à l’ombre des arbres, de pouvoir ne pas prendre la crème solaire, ni même de casquette. On peut jouir d’un peu d’air frais, bien que la température monte vite dès que la musique démarre.

–              C’est grand comme fest ? J’arrive pas à imaginer.

–              C’est ça le plus beau. C’est un tout petit fest qui doit avoir une capacité maximale d’environ 500 personnes (pour donner un ordre d’idée), que des passionnés qui viennent pour la musique. Un truc significatif, c’est qu’on y trouve qu’un seul coin bouffe avec des saucisses (locales et moins locales), des sandwiches et basta. Les gens y sont pour le moins très accueillants et, j’ai l’impression que ce sont globalement des fidèles qui reviennent année après année.

–              Comment ça se passe pour les groupes ? Ça doit être galère quand même, non ?

–              De ce que je sais, tous sont arrivés à destination et ont pu jouer leur set, plus ou moins dans les temps. Seul Drudensang, le groupe qui m’a donné le plus l’eau à la bouche en voyant l’affiche, a dû annuler sa prestation car leur véhicule a été impliqué dans un accident sur l’autoroute menant au festival. Ayant été averti à la dernière seconde, le fest n’a malheureusement pas pu remplacer le groupe.

–              Niveau son, ça donne quoi ?

–              Franchement, rien à redire. C’était juste excellent. D’après ce que j’ai vu, l’ingé son est au petit soin pour s’assurer que le groupe est satisfait des retours et s’attèle en permanence à maintenir un niveau d’exigence maximal. Sans vouloir leur jeter des fleurs, c’est juste méga bien comme festival.

–              Et la programmation dans tout ça, c’est bien beau de parler de metal extrême mais ça veut dire quoi ?

–              Sans entrer sur le terrain glissant de la définition du metal extrême, je dirais sobrement que c’est un festival qui regroupe du thrash, du death et du black avec une acceptation plus ou moins large de ces termes.

Par exemple, cette année, Conquerors a ouvert les hostilités avec un black/thrash absolument dévastateur. Ils ont commencé avec Upon the Morbid Throne, enchaînant avec Overload. Le trio Rémois n’est pas venu pour faire dans la dentelle et a tout donné pour chauffer à blanc le public du Forest. Ils ont poursuivi avec Stormbringer (titre de leur dernier opus en date, 2021), Execration’s Path, Dawn of War, No Rest Until Annihilation. C’était du rapide, intense, parfait pour se mettre en jambe pour un week-end de folie. Ils ont des supers riffs bien evil. Ils ont conclu leur prestation avec une petite triplette World Eater, Altar of the Tempest et Nightfall. Une entrée en matière parfaitement exécutée, tout en énergie. Une équipe à voir ou à revoir si l’occasion se présente.

–              Combien de temps entre chaque groupe ? Avec une seule scène, un ingé son pointilleux ça doit prendre des plombes.

–              Alors là… pas du tout. Je ne sais pas comment ils s’organisent en coulisse mais ils mettent à peine une petite vingtaine de minutes à vider, reremplir la scène et faire le soundcheck. Ils sont rodés les mecs, ça se voit. Pile poil le temps d’aller se chercher une eau minérale ou une bonne binche bien fraîche, que c’est presque déjà reparti.

Dans le genre picole, Trogne a tout pété. Pour ouvrir le show, le chanteur est venu devant son micro et, sans le moindre mot, a ouvert une canette, laissant le bruit métallique résonner dans un silence de cathédrale. Je dois avouer que je ne connaissais pas du tout le groupe et que, à cause de l’absence de setlist, je serais bien incapable de dresser la liste des morceaux qu’ils ont performé. Cependant, ce que je peux dire c’est que musicalement, le groupe propose quelque chose de plutôt lourd et pesant, un peu comme un sacré mal de crâne après une méga cuite. De temps en temps, il y a de petites accélérations, comme si quelqu’un criait à l’oreille d’un bourré, ça ne fait que taper plus fort dans le front. A part ça, le chanteur a une voix assez unique, presque cérémonielle. Tout au long du concert, le chanteur n’a pas arrêté de boire du Ballantines et d’en donner à certains membres du public dont Szivilizs (chanteur de Chotzä, devant jouer le lendemain). Lui et un autre chanteur (non identifié) sont montés sur scène pour littéralement foutre le bordel pendant le dernier titre de Trogne, le premier cité était fin caisse (à 15h30 déjà) et ils ont chanté à trois voix. Le résultat était hyper cool mais certains ont, pour le dire sobrement, l’alcool généreux (ou exhibitionniste), c’est selon interprétation. Ça contrastait beaucoup avec le côté lourd de la musique mais le rendu était pour le moins fun. C’était dans l’ensemble un groupe fort intéressant qui mérite sans l’ombre d’un doute que j’approfondisse un peu mes connaissances.

–              Comment enchaîner après ça ? Ça devait pas être évident pour le groupe suivant, non ?

–              Au contraire, pour ne pas risquer de comparaison stupide, Auro a délivré un show absolument magistral et on ne peut plus professionnel. Ils se sont présentés sur les planches sous la forme d’un quatuor, sans bassiste et sans claviériste. Malheureusement, cela est à mettre en lien avec l’annulation de Drudensang, dont le claviériste de Auro fait également partie. Cela n’a pas empêché les Allemands de faire une prestation des plus réussies avec leur black metal mélodique si puissant. Ils ont commencé avec les titres Im Nebelland, Insignien den Macht, Brodelnde Wasser, Im Schatten der Bastion et Haus den Tausend Flügel. Ils se sont à peine arrêtés pour reprendre leur souffle et boire une goutte que c’était déjà reparti. Ils ont fini avec Von Flammentod und Wiederkehr, Okkultation – Der Allgegenwärtige et finalement Rammbock – Durchbruch zur Entmenschlichung. Le groupe a fait preuve d’une superbe énergie qui a su entrainer le Forest Fest dans son sillon. C’est un groupe que j’attendais impatiemment et je dois dire que j’ai été bluffé. Ceux qui auront la chance de les voir au Black Hole Fest au printemps prochain passeront à coup sûr un bon moment !

Le groupe suivant fut une autre découverte pour moi. Hexekration Rites est venu, a vu et m’a convaincu. Ils ont un son d’une rare puissance qui a fait trembler les planches de la Cabane Forestière. Leur mélange de death et de black metal ne réinvente pas la roue, mais elle tourne à la perfection. Tout le mécanisme est bien huilé et sans le moindre accroc, le groupe a pu tout donner sur scène. Le style sans compromis du trio parisien a su faire vibrer les amateurs de blast beat et de riffs bien violents. Il faut ajouter à cela que le chanteur a une sacrément bonne voix pouvant chercher des sonorités très graves et d’autres bien plus aiguës. Il a une polyvalence remarquable qui colle à la perfection au style musical d’Hexekration Rites.

–              Ça ne fait pas un peu beaucoup de trucs qui tabassant à mort ?

–              Oui, en effet… c’est ça que c’est beau ! C’est pour cela que les gens viennent au Forest Fest.

Droit derrière, les Allemands de Werwolf sont venus avec leur musique glaciale, avec des riffs acérés qui vous brûlent les tympans, rappelant le froid mordant d’un matin d’hiver. Ils ont joué la setlist suivante : Satanic Terror, Imapled Goddess, Spiegelschein, Grave Desecration , Rotten, Temple of No Light, Schein der Erleuchtung, Satan in Me (reprise d’Abigor), Zerfall et Schmerz. En somme, une sélection qui recouvre globalement toute la discographie du groupe, allant de leur tout premier EP, jusqu’à leur premier album paru cette année (soit 21 ans après la formation du groupe). C’était un moment bien « mal saint », le Christ en a eu pour son compte, il a carrément perdu la tête sur l’un des crucifix posé (à l’envers) sur les amplis devant la scène. C’était fort sympathique, je me risquerais même à dire que c’était waouh !

–              Et que s’est-il passé durant le temps où Drudensang aurait dû occuper la scène ?

–              Absolument rien de particulier. Aucune annonce officielle n’a été faite, les gens ont simplement pris le temps de se restaurer, de boire un petit jus bien mousseux avant que ne vienne l’heure de Hierophant, un trio italien de grands dingos. Ils présentent un blackened death metal digne d’un rouleau compresseur. Ils dégagent une impression d’immensité qui vous écrase comme une mouche sous une brique de béton. Je n’ai aucune idée des titres dont j’ai été témoin mais l’énergie des gars sur scène était purement et simplement magnifique. Ils ont fait un concert magistral avec un public charmé du début à la fin.

S’en est suivi la tête d’affiche de la soirée, j’ai nommé Mannveira. Il s’agit d’un quintet venu tout droit des froideurs de l’Islande. Ils ont ouvert leur show avec une chanson plutôt contemplative Von er Eitur et ont donné le ton fut donné : c’est de l’atmosphérique avec cette touche si particulière qu’ont les groupes islandais. C’est froid, perçant. Ils ont enchaîné avec Þrot, Lùxemborg, Stormur, Aumingi, Ufsagrýla, Bölvun, un titre inconnu (inscrit Nýja sur la setlist) et Rottur qui ne figurent pour l’instant sur aucun album. Leur concert fut absolument fascinant. Ils ont su créer quelque chose de fort avec le public. Leur prestation a été acclamée par un joli petit pogo sur ce qui devait être le dernier titre. Cependant, cédant aux cris du public, le groupe est, après avoir enlevé toutes les guitares et être sortis de scène, revenu pour interpréter un dernier titre. Le chanteur, quelque peu interloqué a dit qu’ils avaient joué tout ce qu’ils avaient en réserve. C’est pas grave. Sous les « again » scandés par le public le groupe a rejoué le premier titre de leur concert. Une boucle bel et bien bouclée.

–              Et après tout ça, ça donne quoi le camping ?

–              Je n’y ai pas dormi mais, de ce qu’on m’a dit, c’est un peu comme partout, les gens sont heureux, font la fête et c’est chouette. Le seul point négatif est l’absence de douches. C’est vrai que ça pourrait ne pas faire de mal, surtout quand il fait aussi chaud.

La journée du samedi commence dès 12h et le fait de fort belle manière avec les français d’OST. Ils ont donné d’entrée un élan d’optimisme avec leur titre encore non publié Œuvres mortes et Chasse gueux, après lequel le chanteur m’a gentiment tendu une bière qui tombait à point nommé, il faisait une de ces soifs. Ils ont poursuivi avec Le premier de la légion, Désespoir et Naufrage (mon coup de cœur du concert) avant de clore avec La révolte des canuts part. 1. Ils ont une musique puissante mais pas guerrière, ou alors d’un guerrier mort. C’est assez étrange comme description, j’en conviens tout à fait, mais c’est le mieux que je puisse faire. Les compos sont très bonnes, mais ont un tel air de catastrophe et de malheur. Un doux mélange qui m’a mis dans de bonnes dispositions pour la suite de la journée.

Juste le temps de croquer un morceau avec les copains avant que Solfatare ne viennent tout péter sur Chevenez. Ils sont venus défendre leur premier opus Asservis par l’Espoir, en performant les titres suivants Des monarques anhédoniques, D’hommes & d’Isoptères, Ozymandias, Du deuil affairé et enfin Sous des cieux absents. Ils ont un son black old school avec des passages calmes et d’autres où déferlent des torrents de notes. Le chanteur a une bonne voix accompagnée et supplée par la bassiste aux backing vocals : Son micro ne fonctionnait pas super bien alors elle est allée prendre la place du chanteur quelques instants. Et putain… elle a un sacré coffre la dame.  C’était un concert très intense qui m’a vraiment plu. J’avais écouté de loin un titre pour juste me faire une petite idée mais je dois avouer que la réalité du live ne trompe pas. Je m’attendais à un truc un peu cool… je me suis retrouvé devant un groupe démentiel !

Peu après, ce sont les membres de South of Hell (SOH pour les intimes) qui ont changé du tout au tout l’atmosphère du Forest Fest. Ils ont réchauffé tout ça à vitesse grand V, à l’aide de leur gros death metal bien énervé. Les gars, rythmés par un très jeune et très bon batteur ont fait dans l’ordre Whitout, Hate Come of God, Darkness of Soul, Discdere, Voice of War, I’ll be Back Soon, Mecanix of Unconsciousness, Holly Death et Hellfernum. Leur musique est très vivante, respire la colère et pourrait donner envie de tout casser s’il faisait moins chaud. Malgré les arbres et l’absence de rayons UV, il fait quand même super lourd. Un concert très cool, qui donne de l’énergie et du courage pour attaquer la suite de cette journée.

En un clin d’oeil c’est Alkhemia qui arrive. Leur second album Häxen est sorti en mars dernier. Leur style est pour le moins unique. Ils ont une belle agressivité tout en conservant bien la mélodie. Le chanteur James Spar semble habité par sa musique, sans pour autant dire que les autres membres du groupe sont moins à fond. Leurs compositions ont comme une espèce de relent crade qui peut soit être hyper attirant, soit totalement repoussant. Pour moi, la première option est la bonne. Ils ont délivré un show tout en puissance, qui a malheureusement dû être interrompu par un léger problème technique (aucune idée de sa nature). Leur set a été le seul à vraiment être impacté par le soleil. La quasi-totalité des gens s’étaient réfugiés à l’ombre des arbres (moi inclus).

–              C’est un peu dommage pour le groupe, non ?

–              Disons plutôt que la coupure pub est tombée à point nommé, comme ça, le soleil a eu le temps de tourner et les gens ont pu retrouver leur place, droit devant la scène. C’est, je crois le groupe qui a eu le plus d’interactions avec le public, demandant régulièrement des clapages de mains, ce genre de choses. C’était une découverte de plus pour moi et j’en sors ravi.

Dans le prolongement de ce bon moment, Ghörnt est venu en rajouter une couche. Avec un set plus que maîtrisé, les Suisses allemands ont absolument tout défoncé. Ils ont fait un beau mélange de leurs trois albums studio avec : Nedchrescht, Zeremonie, Häxesabbath, Tote Land, Folter, Vlad, Im Senn sis Tunschi, Alpdämon et Für Emmer. Dans l’idée, leur black metal sonne comme un bon vieux groupe des années nonantes, le son pourri en moins. Ils sont très forts en live, délivrant toujours des prestations au top. Dans le genre, le batteur Joshu est une machine de guerre bien connue en Suisse (il est membre de plus d’une dizaine de groupes). La formation  est emmenée par Fabio Thulus (aussi au chant dans Asgard) a fait exactement ce qu’elle sait faire… botter des culs et faire tomber des mâchoires. C’était juste mortel, une très belle vitrine pour le black metal suisse, s’il en fallait une.

Dans le genre bons groupes suisses, le Forest avait encore un as en poche. Chotzä vo Bärn étaient les suivants à prendre possession de la scène et de quelle manière ! Ils sont venus, ont joué leur dernière galette Negu Nieta Schtachudraht (sorti en février 2026) en entier et s’en sont allés. Entre temps, s’est alors produit un spectacle mémorable. Chotzä est le genre de groupe qui pue le black’n’roll à plein nez et qui a une attitude pour le moins unique. Le bassiste a la dégaine parfaite du bernois avec de magnifiques claquettes-chaussettes et un ensemble Adidas, tout en arborant un joli corpse paint. Le chanteur (vu la veille avec Trogne) semblait en meilleure forme et a délivré un concert absolument fantastique ! Avoir Ghörnt et Chotzä l’un juste après l’autre offre une belle vision de la scène black metal suisse-allemande avec Joshu (à la gratte cette fois-ci) et l’autre guitariste (désolé, je ne connais pas son nom) qui se retrouvent tous deux dans les deux groupes. Il reste encore une guitariste, Suzi, pour compléter le quatuor à cordes. Derrière les fûts, le batteur a tout donné pour une prestation au top. Musicalement, c’est un groupe que j’aime beaucoup, je les ai vu plusieurs fois et ils ne déçoivent jamais. A tous les amateurs de black un peu déjanté, Chotzä est un incontournable hyper rafraichissant. Ils ont un truc tout à fait unique qui rend l’ensemble génial. Ça fait plaisir de voir à quel point la musique traverse la Röstigrabi et peut ravir toute une nation réunie au milieu d’une forêt.

La suite avait une allure française avec Decline of the I, une formation de post-black metal parisienne.  Ils avaient un bon son et tout mais j’ai dû me mettre à l’écart un petit moment le temps de manger une dernière saucisse d’Ajoie pour être en forme pour la fin de soirée épique qui m’attendait. Je peux juste dire que les gars savent y faire, ils ont des compos intéressantes et les amateurs d’Harakiri for the Sky ou de Blut Aus Nord devraient probablement y trouver leur compte. C’est une musique plus calme, plus reposée sur la douce froideur des riffs plutôt que sur une avalanche de notes acérées. Ils contrastaient vraiment avec Chotzä et c’est bien, c’est ça qu’on aime en festival, voir des trucs variés mais toujours nichés dans l’underground.

Dans un style tout autre, Darkenhold a proposé une aventure épique avec son black metal du temps jadis. Ils ont des tenues faisant écho aux chevaliers chasseurs de dragons et le chanteur a une manière d’introduire les chansons (en français) qui fait très ancienne, avec de beaux mots que les jeunes gens ne connaissent guère. Ils ont de jolis solos de guitare donnant une touche néoclassique qui rend leur set unique et remarquable. Ils ont ouvert avec Oriflamme, Majestic Dusk over the Sentinels, L’ascension du mage noir et Incantations. Scéniquement, les gars ne bougent pas des masses mais sont très immersifs, plongeant l’audience dans leurs histoires fantastiques. La suite fut composée de Le cortège royal, Sous la voûte de chênes (chanson la plus à propos du festival, ayant lieu dans la forêt), Mystique de la vouivre, Citadel of Obsidian Slumber, Pour le royaume et finalement Héraldique. Ce fut un voyage à travers le temps des plus mélodiques et agréables. Un groupe très chouette, que ce soit sur album ou sur les planches.

Il est maintenant venu l’heure de parler de ma tête d’affiche du weekend, Pestilential Shadows, groupe originaire de Sydney en Australie. Leur représentation a été absolument grandiose ! Ils ne se sont pas arrêtés et ont tout déchiré sur leur passage, laissant des spectateurs en miettes et en admiration devant la scène. Ils ont commencé par Wretch (premier titre de leur dernier album), puis ont enquillé Hunter and Reaper, Impaled by the Moon, Death – Knell, Armour Satanised, Erebus Divination, Putrid Earth avant de conclure avec Devil’s Hammer. C’était un concert tout en puissance et de violence à l’état pur. Ils n’ont pas arrêté d’envoyer blast sur blast, sans pour autant ne pas donner de riffs ultra agressifs. C’était vraiment trop bien, à tel point que le public clamait d’une seule et même voix son envie d’entendre un dernier petit morceau. Malheureusement le temps pour changer la scène étant très resserré, ils n’ont pas pu donner du rab.

–              Et comment ça s’est fini ? Je crois savoir que Primordial c’est pas trop ta came, juste ?

–              Tout juste Auguste !  Et pourtant… en live, c’est quand même quelque chose. Ils créent une atmosphère cérémonielle très impressionnante, poignante. Ils n’ont pas fait les choses à moitié, ils ont délivré un set complet de quasiment une heure et demie. Ils ont puisé dans pratiquement tous les albums de la discographie du groupe, c’était plutôt bien sympa de voir un peu tout le panel de Primordial. Ils ont fait dans l’ordre As Rome Burns, No Grave Deep Enough, To Hell or the Hangman, Gods to the Godless, Lain with the Wolf, Sons of the Morrigan, Wield Lightning to Split the Sun, Victory has a 1000 Fathers, Defeat is an Orphan, The Coffin Ship, Heathen Tribes et Empire Falls. C’était intense comme prestation, le chanteur Nemtheanga est complètement habité par cette musique et a une voix de dingue. Elle est envoutante, elle touche les gens. J’avoue avoir un peu râlé quand j’ai vu que Primordial allait être la tête d’affiche mais je m’en repens. C’était vachement bien cool, différent de tout ce que j’avais vu jusque-là au Forest Fest.

Dans l’ensemble, c’était un festival absolument fantastique avec une affiche incroyable, j’ai vraiment adoré couvrir ce fest, retrouver plein de potes venus d’un peu partout en Suisse et d’ailleurs. Une fois qu’on a goûté au Forest, on n’a qu’une envie… c’est d’y retourner. Les gens y sont tellement cool, c’est un fest tout petit, ce qui fait qu’on n’attend pour absolument rien du tout (sauf pour connaître la prochaine affiche), l’atmosphère y est tellement chouette au milieu de cette forêt dont les spectateurs et le staff prennent grand soin, distribuant des petits cendriers de poche pour éviter que les fumeurs ne mettent des mégots partout… bref un fest de connaisseurs qui ont envie de faire perdurer aussi longtemps que possible. Bravo à l’organisation et merci pour tout ça !

–              Alors, je t’ai convaincu de prendre ton billet pour l’an prochain ?