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Cinq ans après Hermitage, Moonspell revient avec Far from God, un album qui ressemble moins à un retour qu’à une renaissance. Le temps a passé, les doutes aussi, mais le groupe portugais n’a jamais vraiment quitté son territoire de prédilection : ces terres sombres où le metal devient une exploration de l’âme humaine, entre beauté, passion et mélancolie.
Far from God porte profondément cette dualité entre l’amour et la douleur. Moonspell a toujours compris que la beauté et la souffrance sont deux visages d’une même expérience. L’amour, dans leur univers, n’est jamais totalement lumineux : il est passion, obsession, perte et souvenir. Une forme de romantisme noir qui rappelle les grands poètes.
Le titre de cet album résume parfaitement cette tension. La musique avance comme une prière sans réponse, avec cette atmosphère gothique et théâtrale qui fait la signature du groupe. La voix de Fernando Ribeiro semble chercher quelque chose au-delà du visible. Ce n’est pas une musique de renoncement, mais celle d’un homme qui continue de chercher malgré l’absence.
Avec The Great Wolf in the Sky, le 4e morceau de l’album, Moonspell ouvre une autre porte symbolique. Le loup, figure ancienne et universelle, devient ici le reflet de nos instincts les plus profonds : la liberté, la solitude, la fidélité et la part sauvage que l’on garde en soi. La présence d’Alicia Nuhro et de ses arrangements de violon apporte une dimension encore plus puissante au morceau, comme une voix qui traverse ce paysage nocturne.
Un voyage sombre, romantique et profondément humain qui nous montre que, parfois, pour trouver la lumière, on doit la chercher soi-même dans la nuit.



