Requiem, Dead Born Vision, Nedan
Manoir Pub, St-Maurice (CH)
Date 6 juin 2026
Chroniqueur Hugo Weyermann
Photographe Hugo Weyermann
https://manoirpub.ch

Ce samedi 06 juin 2026, dans l’atmosphère intimiste du Manoir Pub, une soirée on ne peut plus sympathique se profile. Il est 19 h, les gens commencent bien gentiment à se présenter dans la salle et, sur le coup de 19 h 30, Nedan se lance sur les planches. Il s’agit d’un relativement jeune groupe valaisan (Naters) qui commence son set avec quelque chose d’assez sombre. Leur musique s’apparente à du death metal teinté de passages chromatiques très noirs. Le rendu est très original, n’étant en rien comparable aux autres groupes présents à l’affiche. Sur scène, le groupe ne bouge pas spécialement, mais réussit tout de même à dégager quelque chose de fort, qui capture l’œil (et l’oreille) du public. Ils ont joué pas mal de titres, pour un groupe d’ouverture. Ce fut un super set, et au final, une très belle surprise. Globalement, les musiciens sont très talentueux, même s’il y avait, à mon avis, juste un petit souci au niveau de la sonorisation des deux guitares. Cela dit, je trouve que Nedan est un groupe bourré de talent, qui m’a donné très envie d’en voir un peu plus. Si je devais me prêter au jeu des comparaisons, je parlerais d’une musique à l’atmosphère un peu pesante et immersive comme peut en proposer Septicflesh et, peut-être, une touche de Sepulchral Curse.

Quelques instants plus tard, Dead Born Vision prend la relève sur scène. Une découverte totale pour moi et purée… je n’ai pas été déçu du voyage. Ces Bâlois jouent un thrash metal teinté d’éléments tirant sur le death, donnant un mélange explosif et plein de puissance. Ça riffe à fond, ils bougent un max (pas génial pour les photos), ce qui rend la prestation non seulement plus chaleureuse, un peu comme si on était dans leur local de répète et en plus, ça file la banane. Je connais pas du tout les titres des chansons, tout ce que je peux dire c’est que, pour des raisons indépendantes de leur volonté, ils ont été contraints d’écourter leur prestation, afin de laisser un peu de temps à la tête d’affiche de la soirée. Ça m’a vraiment peiné, cette équipe mérite vraiment d’être mise en avant. Sur scène, ils ont une super énergie très communicative. Il est clair qu’ils kiffent sincèrement ce qu’ils font et que le plus important pour eux c’est de prendre du plaisir, ce qui ruisselle automatiquement sur le public. Ce n’est pas un style forcément ultra technique, ce n’est pas non plus aussi recherché que Nedan au niveau des compos mais c’est brut, c’est sincère et putain ce que c’est bon ! J’espère vraiment avoir l’occasion de revoir Dead Born Vision et j’espère qu’ils auront plus de temps pour enjailler les gens.

Et quoi de mieux qu’un petit Requiem pour finir la soirée en beauté ? 21 h 20, les Schwytzois prennent possession des lieux et, comme s’ils jouaient devant 1000 âmes en manque de mosh pit, ont absolument tout défoncé avec leur death metal ultra puissant ! Ils ont enchaîné les titres aussi vite que possible afin d’en jouer un max, ne pouvant malgré tout pas rattraper le retard pris au cours de la soirée. Ce dont ils ont eu l’air aussi tristes que le public… et c’est peu dire. Ils ont livré ce que j’appellerais une prestation majuscule ! Ils ont un style tout à fait délicieux, mixant brutalité et précision. Cela donne naissance à une musique sans concession et sans demi-mesure. Tout va droit dans la tronche ! Une déferlante de claques qui ne s’arrête jamais. Arrivé 22 heures, tout prend fin, malheureusement. Cette prestation fut un peu brève, bien que terrible ! Comme beaucoup, j’aurais aimé en entendre plus. Un des points forts du Manoir Pub réside dans la proximité qu’il offre entre le public et les artistes. J’en ai profité pour faire signer un petit CD de Requiem, dont tous les membres furent absolument adorables et reconnaissants, non seulement du fait que j’aie un CD, mais aussi du fait que je dédie mon samedi soir au metal underground helvétique, quelque peu délaissé, en tout cas en Romandie. Il y a peu de soirées ne mettant à l’honneur que des groupes locaux, ou alors ces soirées n’attirent pas forcément les foules.

Pour avoir discuté avec quelques artistes ici et là, le proverbe « nul n’est prophète en son pays » semble plus vrai que jamais. Heureusement, il y a quelques exceptions qui peuvent donner espoir aux jeunes formations qui vont devoir batailler dur pour avoir une chance de se produire. La scène suisse regorge de talents, ce serait dommage de ne pas en profiter davantage, vous ne croyez pas ?