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Cinq longues années sont passées depuis la sortie de Vile Genesis et Inferi nous présente enfin son digne successeur. Heaven Wept commence avec The Rapture of Dead Light, morceau que le groupe a joué lors de sa dernière tournée européenne. Dès cet instant, j’ai ressenti un besoin viscéral d’en faire une chronique et c’est chose faite. Ce titre est juste excellent, alternant des passages très agressifs et mélodiques et un autre plus lent qui donne de la profondeur à ce moment très technique. La voix de Stevie Boiser est terrible, avec ses aigus incisifs qui ne manquent pas de ravir les tympans. Avec ce premier morceau, aucun doute sur le fait que le groupe n’a pas perdu en efficacité, ni en puissance.
Ensuite, vient Feed Me Your Fear, un midtempo qui permet aux guitaristes Malcolm Pugh et Sanjay Kumar de s’amuser un peu avant qu’une avalanche de notes ne se déchaîne et vienne tout casser. La base du morceau a beau ne pas être très rapide, il y a quand même un sentiment de pression constante, le titre ne s’arrête tout simplement jamais, il y a toujours un petit truc qui se passe, rendant le tout imprévisible et hyper bon ! Il se termine sur une sorte de petit breakdown pas très puissant mais diablement efficace. Dans cette veine, Master of Nothing propose quelque chose que les fans de tech death devraient apprécier. Ce morceau est technique, ingénieux et saccadé. Le rendu est très propre, avec un peu moins d’agressivité et plus de subtilité qu’à l’accoutumée.
Dans le genre plus efficace que subtil, Eternally Lie envoie tout le monde au tapis. En live ça va tabasser, je le parie ! La chanson a un bon tempo, bien soutenu et un milieu très calme avec du chant en retrait, superposé à de jolies orchestrations, la claque ! Une fois fini, ce passage laisse place à une véritable tempête qui met le jeu de Spencer Moore à l’honneur. Franchement, jusqu’ici, cet album est incroyable… et ce n’est pas fini ! Heaven Wept (qu’ils ont aussi joué en ouverture de Cryptopsy) propose un démarrage progressif qui, accompagné de belles orchestrations, donne un rendu plus que grandiose ! Le morceau est assez volatile, avec une base très solide qui maintient la tension à son paroxysme pendant qu’Inferi s’amuse à nous faire languir en attendant un monstrueux speed qui, une fois arrivé, défonce absolument tout ! C’est délirant ! Le morceau se termine de manière typiquement « inferiesque » avec une fin tranquille, entrecoupée de petits breaks, qui ne se traine pas en longueur.
Sans la moindre transition, Atonement Denied remet le pied à l’étrier. Le tempo augmente drastiquement avec une attention toute particulière accordée au jeu des gratteux. Il y a dans ce titre un aspect mélancolique. Le tout est encadré par des blasts juste dévastateurs de celui qui est devenu le nouveau batteur d’Archspire. Plus combatif, Of Rotted Wombs possède une ambiance très particulière, plus sombre que le reste de Heaven Wept. Ça change beaucoup, mais ce n’est pas pour me déplaire. Il est d’ores et déjà l’heure de vous raconter Godless Sky, dernier titre de ce nouvel opus. Celui-ci est très contrasté, oscillant entre accélérations de dingo et passages beaucoup plus calmes. Sorti de presque nulle part, un magnifique solo de guitare vient chatouiller des tympans usés par ces quelques 37 minutes d’intense folie !
De manière générale, disons que cet album est juste exceptionnel ! Les compos sont magnifiques et exécutées avec une précision chirurgicale. Il s’agit, selon moi, de ce que pouvait faire de mieux Inferi pour succéder à Vile Genesis. Cet opus est puissant, mélodique et vecteur d’émotions, je vois mal ce qu’on pourrait leur demander de plus. Pour terminer, je dirais simplement que, une fois l’album terminé, vous risquez fort de le remettre, histoire de comprendre ce qui vient de se passer.


