Black Label Society
Engines of Demolition
Genre heavy metal
Pays États-Unis
Label Spinefarm
Date de sortie 27/03/2026

Site Internet

Premier album studio de Black Label Society depuis 2021, Engines of Demolition s’inscrit dans la continuité du son Wylde : gros riffs bluesy, mid-tempos écrasants, refrains de baroudeurs et ballades à cœur ouvert. Le disque compile des chansons écrites entre 2022 et 2025, au fil des années de tournée (dont la Pantera Celebration), et revendique un parcours émotionnel fait de hauts et de bas. Sans bouleverser la formule, il l’optimise avec une production massive et plusieurs titres taillés pour la scène.

Black Label Society naît à la fin des années 90 autour de Zakk Wylde, alors guitariste emblématique d’Ozzy Osbourne. Dès Sonic Brew (1998), le groupe impose une identité : hard rock/metal au groove lourd, teinte southern/blues, solos expressifs et refrains ‘crew’. Au fil des années 2000–2010, BLS alterne albums plus abrasifs (périodes thrashy) et disques davantage orientés songwriting/ballades, tout en conservant un marqueur constant : le riff comme moteur. Les années 2020 renforcent cette logique d’album montagnes russes (heaviness + émotion), Engines of Demolition s’inscrivant directement dans cette lignée.

Zakk Wylde commence à écrire Engines of Demolition en 2022 et poursuit jusqu’en 2025. Plusieurs titres avaient déjà été dévoilés en amont (The Gallows, Lord Humungus, Broken and Blind, Name in Blood). L’album comprend treize titres, dont la ballade Ozzy’s Song, hommage personnel au musicien qui a lancé la carrière de Wylde.

Dans l’ensemble, les textes restent fidèles à la tradition BLS : motifs de combat, loyauté, survie, métaphores mécaniques et crew spirit, alternant avec des morceaux plus introspectifs. L’écriture n’est pas particulièrement cryptique : elle vise plutôt l’efficacité et l’identification. Le point le plus personnel annoncé est Ozzy’s Song, dont le texte est présenté comme l’un des plus sincères de Wylde.

Au chant, Wylde conserve sa signature : voix rugueuse et reconnaissable, souvent doublée et appuyée par des chœurs, avec une articulation conçue pour les refrains de salle. Instrumentalement, tout « commence et finit avec le riff » : guitares accordées bas, vibrato expressif, harmoniques criardes, et soli guitar-hero très présents. La section rythmique (basse/batterie) soutient une approche groove : mid-tempos lourds, marches stoner, accélérations rares mais efficaces. La production est généralement très propre et massive, avec un rendu pensé pour la puissance plutôt que pour la rugosité garage.

Ouverture directe avec Name in Blood avec riff chuggy, harmoniques hurlantes, refrain fait pour être scandé. Le morceau incarne la version moderne de BLS : gros son, efficacité immédiate, peu de détours.

Gatherer of Soul est un titre lourd et stomp. Riff à la Black Sabbath tardif, tempo mid, batterie carrée. Typiquement le genre de morceau conçu pour le live, où le groove fait le travail plus que la vitesse.

Avec Better Days & Wiser Times, changement de registre : guitares plus acoustiques, couleur sudiste, écriture plus « chanson ». C’est l’un des titres qui illustre le mieux le versant émotionnel du groupe sans quitter un cadre hard rock robuste.

Retour au fun belliqueux avec Lord Humungus : riffs épais, esprit « maraudeur », refrain accrocheur. Un titre qui joue la carte du personnage et du slogan, plus efficace qu’original, mais cohérent dans l’univers BLS.

Ozzy’s Song est la ballade annoncée comme la plus personnelle : piano/arpèges, voix plus posée, montée finale plus électrique avec solo expressif. Le morceau se distingue par sa fonction d’hommage et sa charge émotionnelle, plus que par une rupture stylistique radicale.

Engines of Demolition apparaît comme un album très professionnel : arrangements propres, production puissante, et une cohérence d’ensemble malgré la variété interne (titres lourds, morceaux plus rock, ballades). Cet opus met en avant la solidité du songwriting et la constance de l’identité sonore. En contrepartie, l’album reste majoritairement dans la zone de confort de BLS : l’originalité vient surtout de la qualité d’exécution et de la place donnée à l’émotion sur certains titres, plutôt que d’une prise de risque stylistique majeure.

L’album n’a pas vocation à réinventer Black Label Society. Il capitalise sur ses forces : riffs mémorisables, groove lourd, solo-guitare omniprésent, et alternance entre puissance et vulnérabilité. L’élément le plus distinctif annoncé est le poids émotionnel d’Ozzy’s Song et l’idée est celle d’un album conçu comme une traversée des quatre dernières années.