Site Internet
Moins d’une année après la sortie de Blackbraid III, Sgah’gahsowáh sort un EP de trois chansons intitulé Nocturnal Womb. À première vue, ce n’est pas énorme, mais cela aboutit tout même à une durée de plus de vingt minutes.
L’EP s’ouvre avec le morceau éponyme. À peine la musique lancée, on se trouve agressé par un riff dévastateur, un tempo très élevé et une rage débordante ! Une sacrée accroche, soyez-en certains. Puis, d’un coup, surgit un cri d’outre-tombe. Cette voix à glacer le sang, ressemblant plus au hurlement d’un loup affamé qu’à la voix d’un homme, vient donner confirmation qu’il s’agit bien de Blackbraid. Ce morceau est découpé en de nombreux segments différents, comme si la musique en elle-même racontait une histoire. Les changements de tempo sont d’une fluidité telle que tout parait très naturel. En terme de tonalité, ce morceau est plus grave que ce à quoi le groupe a habitué ses fans. Sgah’gahsowáh explique que les deux titres de l’EP ont été composés en même temps que l’album mais que, dans un souci de cohérence artistique, il n’a pas souhaité les inclure dans la trilogie Blackbraid. Tout au long de la chanson, un riff de guitare tourne en boucle, ce qui donne une certaine uniformité à un ensemble qui change passablement de forme. Aucun doute, le style du groupe est plus que respecté, sans que cela semble répétitif, bien au contraire.
La seconde piste, qui se nomme Celestial Bloodlust, commence de manière plus progressive, passant d’un tempo assez moyen à quelque chose de très rapide. Chaque ligne de chant est entrecoupée par un roulement de toms ou un blast beat. Cela donne l’impression d’une chanson galopante, qui ne s’arrête pas… jusqu’à un ralentissement maîtrisé qui débouche sur un air presque martial qui reste au pas, attendant sagement de pouvoir repartir à l’assaut des tympans de l’auditeur. Cette chanson est beaucoup plus efficace que la première, plus rentre-dedans, étant moins centrée sur la création d’ambiance. Ces deux styles différents, l’un comme l’autre, collent à merveille à la direction artistique de ce projet solo.
Pour clôturer l’EP, le groupe propose une version acoustique de Barefoot Ghost Dance on Blood Soaked Soil, extrait du premier album Blackbraid I. Au départ, l’idée me laissait un peu sceptique mais, après écoute, je la trouve très intéressante. En effet, l’acoustique confère une toute autre dimension à la chanson. Elle paraît douce et calme, au point d’en devenir presque paisible. Ceci, vu l’agression que les deux premiers titres nous ont fait subir, c’est sûr que de la guitare sèche, c’est plus doux ! Un mélange de mélancolie et d’impuissance que je ne saurais trop décrire se dégage de cette chanson, ce qui est assez déroutant.
Une fois cette petite merveille terminée, il faut trouver du courage pour mettre autre chose dans le lecteur CD. C’est un travail véritablement prenant que délivre Sgah’gahsowáh à travers Nocturnal Womb. Je dois dire que je trouve très cool l’idée de garder ces morceaux dans un EP séparé ; de cette façon, ils gagnent à être mis à l’honneur de la sorte. Ces chansons sont bien plus sombres, plus pesantes que les autres. C’est un magnifique pas de côté par rapport à la trilogie, sans pour autant perdre la touche si unique à la musique de Blackbraid.




