Mayhem, Marduk, Immolation
OM, Seraing (BE)
Date 8 février 2026
Chroniqueur Oli de Wacken
Photographe Paul Collin
https://omconcerts.be

Belle affiche pour les amateurs de musiques extrêmes : la tournée Death Over Europe réunissait trois formations majeures du metal extrême, avec Mayhem en tête d’affiche accompagné de Marduk et Immolation. Un package solide qui promettait une soirée intense — promesse largement tenue devant une salle bien remplie.

La soirée démarre avec Immolation, qui se produit pourtant relativement tôt. Cela n’empêche pas le public de répondre présent en nombre. Ross Dolan, chanteur et bassiste du groupe, ne manque d’ailleurs pas de remercier l’audience : « We play early, thank you for showing up! ».

Les New-Yorkais déroulent un death metal puissant et massif, fidèle à leur son typiquement américain. Le set est solide, sans accroc ni baisse de régime ; qui plus est, le groupe bénéficie d’un luxe assez rare pour une première partie, à savoir une durée de set de près d’une heure.

Le public découvre également Adversary, single annonciateur de l’album Descent, attendu en avril. Ross Dolan prend le temps de remercier l’équipe technique et rappelle que le groupe a déjà tourné à plusieurs reprises avec Marduk et Mayhem. Le concert s’achève sur The Age of No Light, extrait de l’avant-dernier album Acts of God (2022). En tant que première partie, Immolation offre une entrée en matière efficace.

Lorsque Marduk monte sur scène, la salle continue de se remplir et l’atmosphère se densifie encore. Les Suédois attaquent immédiatement avec Frontschwein, titre éponyme de leur album de 2016, avant d’enchaîner avec Wolves, issu de Those of the Unlight (1993), au tempo plus modéré.

Si la discographie du groupe n’est pas réputée pour sa grande diversité stylistique, le groupe, de par la setlist, évite l’écueil du « tout à fond ». Marduk joue habilement sur les contrastes, alternant rafales ultra rapides et passages plus lourds en mid-tempo. Cette dynamique fonctionne parfaitement : après avoir écrasé le public sous une chape de puissance, le groupe relance la machine à pleine vitesse.

Avec quinze albums studio au compteur, il serait impossible de parcourir ladite discographie en une seule soirée. Le groupe réussit toutefois à balayer différentes époques de sa carrière, depuis Opus Nocturne jusqu’au plus récent Memento Mori.

Un petit problème technique survient lorsque la guitare de Morgan refuse de coopérer au début de Panzer Division Marduk. Rien de dramatique : une fois le souci résolu, le morceau est simplement repris depuis le début. Le concert se conclut comme il avait commencé, avec un retour à Frontschwein et le titre The Blond Beast.

Qui aurait imaginé, au début des années 90, que Mayhem — longtemps considéré comme le groupe le plus malsain et controversé du black metal — poursuivrait sa carrière plus de quarante ans après ses débuts et se produirait devant plus de 1500 personnes ? Probablement pas grand monde, ni les fans de l’époque ni même les musiciens eux-mêmes — du moins ceux qui sont encore là pour en parler. Aujourd’hui, l’expérience du groupe lui permet de proposer un spectacle visuellement travaillé, avec projections en fond de scène et plusieurs changements de costumes pour Attila Csihar.

Le concert débute avec Realm of Endless Misery, extrait du dernier album Liturgy of Death. Sans surprise, le mythique De Mysteriis Dom Sathanas occupe une place centrale dans la setlist.

À mi-parcours, Attila abandonne sa tenue de prêtre satanique pour enfiler un uniforme d’inspiration militaire, béret compris, afin d’interpréter deux titres issus de Grand Declaration of War (2000) : To Daimonion et View from Nihil. Longtemps controversé, cet album semble aujourd’hui réhabilité, et ses compositions sombres et dérangeantes trouvent parfaitement leur place dans le set.

Pour les rappels, Mayhem pioche largement dans Deathcrush, son premier EP de 1987. Le public a droit au morceau homonyme, puis à Chainsaw Gutsfuck, Carnage et Pure Fucking Armageddon. Une conclusion brutale et réjouissante pour les fans.

Fait surprenant toutefois : la foule semble légèrement moins dense que lors du passage de Marduk. Dans ce qui s’apparente à une affiche presque à double tête d’affiche — même si elle n’était pas vendue comme telle — il y a souvent un groupe qui tire son épingle du jeu. Cette fois, le public semblait particulièrement acquis aux Suédois. Ceci dit, la tendance a peut-être été différente sur d’autres dates de la tournée.

Au final, la salle affichait presque complet et les trois groupes ont livré des prestations solides. Immolation a ouvert la soirée avec efficacité, Marduk a déchaîné une fureur implacable, et Mayhem a clos le tout dans une atmosphère toujours aussi sombre et dérangeante.

En un mot comme en mille, ce fut une très belle soirée de black metal — avec une solide dose de death en prime.