Megadeth
Megadeth
Genre thrash metal
Pays États-Unis
Label BLKIIBLK
Date de sortie 23/01/2026

Site Internet

Fondé en 1983 par Dave Mustaine en réaction à son éviction de Metallica, Megadeth livre avec cet album éponyme son testament musical, ultime pierre ajoutée à l’édifice d’une discographie aussi longue que marquante.

Difficile, à l’écoute de ce disque, de ne pas ressentir un véritable pincement au cœur. Parce qu’il marque la fin. La fin d’un groupe fondateur du thrash metal, la fin d’une aventure qui nous accompagne depuis plus de quarante ans. Quarante années jalonnées d’albums majeurs, de classiques intemporels, de fulgurances géniales comme de passages plus tourmentés, mais toujours portées par une même flamme, une même foi inébranlable dans cette musique viscérale.

Avant de se taire définitivement, Megadeth nous offre donc un dernier baroud d’honneur. Un album fidèle à son ADN, débordant de riffs acérés, de solos assassins et d’une section rythmique qui frappe sans relâche, le tout porté par la voix immédiatement reconnaissable de Dave Mustaine, toujours habitée, toujours écorchée, comme pour graver une dernière fois ses mots dans le métal.

Annoncé par trois singles qui en résument à eux seuls le contenu, Megadeth se révèle tranchant et rapide (Tipping Point), groovy et rageur (I Don’t Care, Hey, God?!, Obey the Call, I Am War), mais aussi riche en énergie punk (Let There Be Shred, Made to Kill). Et si l’on y retrouve inévitablement la patte de Mustaine, il ne s’agit en rien d’un disque de confort : une dernière fois, il s’applique à rendre ses morceaux accrocheurs tout en en préservant l’essence du thrash originel.

Cerise sur le gâteau, Mustaine propose une reprise de Ride the Lightning, morceau qu’il a coécrit à l’époque de Metallica. Très fidèle à la version originale, cette relecture s’en distingue néanmoins par une interprétation vocale rageuse, immédiatement identifiable, profondément ancrée dans l’ADN de Megadeth.

Ce clin d’œil appuyé au passé lointain du guitariste et chanteur rouquin referme symboliquement la boucle, pour lui comme pour son groupe, sur une note certes nostalgique mais pas passéiste pour autant.

Porté par des musiciens au sommet de leur forme, l’ensemble s’abat comme une immense claque en pleine figure, faisant aisément oublier les périodes plus sombres et offrant à Megadeth un départ à la hauteur de la légende qu’il est devenu.

Si l’album ne rivalise pas avec les sommets absolus de la discographie du groupe, il n’en demeure pas moins une œuvre forte, sincère, solidement ancrée dans le haut du catalogue : un ultime témoignage du niveau d’exigence, de la passion et de la qualité musicale que Dave Mustaine aura défendus jusqu’au bout, sans compromis.

En refermant la boucle avec lucidité et fierté, Megadeth ne s’éteint pas dans le silence, mais dans le fracas. Celui d’une œuvre discographique immense, marquée par ses luttes, ses excès, ses victoires et ses cicatrices. Une œuvre qui continuera de résonner longtemps après que le rideau soit tombé.

Megadeth s’en va, mais laisse derrière lui une trace indélébile. Une légende gravée dans le métal, à jamais.

Merci Dave !